Mulhouse accueille les grands noms du Polar

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Le Festival sans nom s'est ouvert hier vendredi à Mulhouse. Cette 5e édition est consacrée aux faits divers avec comme parrain Olivier Norek, flic-écrivain. Accrochez vos ceintures.

Par Cécile Poure avec AFP

A 42 ans, Olivier Norek est ce que l'on peut appeler un écrivain "de terrain". Lui qui trouve son inspiration dans son quotidien. Dans les faits, les faits divers. Ca tombe bien, c'est le thème cette année du Festival sans nom.

Car Olivier Norek a la double casquette, ou le double képi comme vous préférez. Quand il n'écrit pas il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93).
Là ça vous en bouche un coin.


Une vocation



Olivier Norek travaille d'abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois ans où il participe à la réhabilitation d'un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l'approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l'ex-Yougoslavie (1994-1995).
C'est là bas qu'il trouve sa vocation.  Ou comme il le dit lui-même "son utilité".
C'est décidé, il sera flic.

A son retour, il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier, puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions.
Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).
C'est du  lourd.


Une vocation ...  une autre



Pendant 15 ans, dans les commissariats du 93, viols, deal et braquages ont été son lot quotidien et une source d'inspiration inouie.

Tant et si bien qu'en 2011, lui qui n'avait jamais rien écrit d'autre que des lettres et décroché un 5/20 au bac de Français, s'inscrit à un concours de nouvelles. Résultat, un troisième prix. Prometteur.
"J'ai pris ça comme une opportunité de passer tranquillement la crise de la quarantaine : au lieu de m'acheter une voiture rouge, je me suis mis à écrire alors que je travaillais toujours au SDPJ (Service départemental de police judiciaire) de Seine-Saint-Denis".

Pas de voiture rouge mais une cadence tout de même très soutenue. Quatre romans en quatre ans. C'est pas mal.


93, v'la le flic



En 1993 sort son premier roman Code 93, un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis quand les auotorités tentent de trafiquer les chiffres de la délinquance pour  la faire entrer dans le Grand-Paris. Très réaliste en effet.
C'est aussi cette année que naît son héros :  le capitaine Coste qui le suivra dès lors comme une ombre littéraire. Une ombre consistante, "un alter ego hypersensible en plus grand et plus costaud", s'amuse-t-il.



Son second roman Territoires raconte les connivences entre une bande de voyous et une mairie fictive du 93 - "tout est vrai", dit-il.
Surtensions, paraît en 2016. Il obtient le prix du polar européen du magazine Le Point.

A travers eux, Olivier Norek entend surtout réhabiliter le travail de flic souvent mis à mal.  
Il défend "des hommes qui depuis deux ans ont enchaîné attentats-Calais-attentats-Nuit debout-loi Travail" et "reçoivent des bouteilles d'acide chlorhydrique, des pales d'hélice et des cocktails molotov". "Ils ont un sang-froid incroyable, dans bien d'autres pays ça aurait tourné à la boucherie".


La loi de la jungle


Olivier Norek est sur tous les fronts. Il participe en 2016 à l'écriture de la saison 6 de la série policière "Engrenages" et co-signe le scénario d'un téléfilm sur la traque de Guy Georges.
Sans compter que les droits de ses trois premiers romans ont été acquis pour une adaptation télé sous forme de série.
Olvier Norek va vous en mettre plein la vue.


Avec son dernier roman Entre deux mondes, exit le capitaine Coste. Olivier Norek change de décor et nous plonge dans la jungle de Calais.

Vous aussi soyez réalistes.
Foncer au Festival sans nom.
 

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