Success story : l’un des derniers bijoutiers indépendants mulhousiens résiste et vient d’ouvrir une boutique à Bâle

Camille Muller a créé Bollwerk joailliers en 1963 à Mulhouse. Son fils Patrick a pris le relais, dans la même logique d’excellence en haute joaillerie. Camille, le petit-fils, ingénieur dans la haute horlogerie, s’occupe désormais de la boutique bâloise.

C’est l’histoire d’une belle success story. À Mulhouse, l’une des dernières bijouteries indépendantes est en pleine effervescence. Malgré un secteur d’activité en souffrance et un nombre important de boutiques qui ont dû fermer ces derniers mois, la bijouterie du Bollwerk, elle, prend son envol. Patrick Muller, joaillier bien connu sur la place, 43 ans de métier dont 12 place Vendôme à Paris, est passé à la vitesse supérieure.

Depuis le 1er décembre, il a ouvert une boutique à Bâle, et elle a pignon sur rue : sur la Freie strasse, 200 mètres carrés qui se remarquent de loin. Son fils Camille, ingénieur dans la haute horlogerie, a pris les rênes de cet établissement.

Pièces uniques sur mesure

Si la famille Muller y croit, c’est parce que la joaillerie du Bollwerk est l’une des rares à proposer des bijoux uniques qui ne sont pas issus de séries. "Mon but a toujours été de créer des pièces uniques sur mesure au prix de la série. Alors que tous mes confrères achètent chez les fabricants et vendent en série, moi je fabrique tout au poids. C’est unique et je suis convaincu de ce marché de niche", explique Patrick Muller.

Au-dessus de sa boutique mulhousienne, se trouve l’atelier avec une dizaine de collaborateurs. "Il y a des spécialités pour chaque métier. J’ai des joailliers, des bijoutiers, des sertisseurs, des horlogers. L’un ne remplace pas l’autre. Chacun reste dans sa branche". Patrick Muller forme aussi des apprentis venus du lycée professionnel d’Eschau. Dans l’idée de les garder longtemps car il faut bien 7 ou 8 années pour être bien formé précise-t-il. Et il sait de quoi il parle.

La haute joaillerie, c’est son créneau. Patrick Muller a remporté 4 Diamands award dans sa vie, un prix mondial de joaillerie. Il a même réalisé une palme d’or au festival de Cannes. Pour autant, pas question de ne s’intéresser qu’aux clients fortunés. "J’accepte tout le monde, quelque que soit le budget. Du bracelet pour bébé sur mesure, des réparations… Mon but n’est pas de sélectionner, au contraire, on veut faire plaisir à tous les clients mais je ne baisserai pas en qualité. C’est pourquoi je ne travaille que l’or 18 carats ou le platine, pas l’argent."

J’accepte tout le monde, quelque que soit le budget

Patrick Muller, joaillier

Il y a 30 ans, Patrick Muller a ouvert une bijouterie à Belfort, avec un atelier d’horlogerie. Et ça fonctionne. Quand son fils Camille a manifesté son souhait de rejoindre le groupe familial, son père a très vite pensé à Bâle. "Camille  avait une carrière toute tracée, il a travaillé pour de grandes maisons, il est diplômé d’une grande école d’horlogerie de Genève. Il a même reçu le Prix de créativité de la ville de Genève en Haute horlogerie à ses 20 ans."

Cette spécificité de bijoux uniques au prix de la série, cela n’existe pas à Bâle et c’est ce que Patrick et Camille Muller veulent mettre en avant auprès d’une clientèle suisse.

 

100% de nos bijoux démarrent par un dessin

"À partir du moment où je fais une réalisation personnalisée, je dois comprendre le style et l’envie de chaque client. C’est une discussion. Je réalise toujours un croquis  pour être sûr qu’on parle de la même chose. Ensuite je vais plus loin avec dessin 3D. D’autres me connaissent bien et me font confiance."

Ses dessins, Patrick Muller continuera de les réaliser pour les clients suisses en les contactant via une application de visioconférence. Et tous les bijoux seront réalisés dans l’atelier de Mulhouse. Il peut se targuer d’une belle clientèle qui lui reste fidèle. Près de 10 000 catalogues sont envoyés chaque année à ses clients dans l'hexagone.

Oser ouvrir une boutique en plein cœur de Bâle, c’est un peu l’histoire du petit Poucet qui se confronte au grand Goliath suisse. C’est fort symboliquement. Et encore plus fort quand on sait que Camille père a démarré comme apprenti à Bâle à 14 ans. Une boucle est bouclée. À Camille, le petit-fils d’écrire la suite de cette dynastie familiale. On en connaît déjà les prémices.

 "L’avenir qu’on veut développer, c’est une collection Bollwerk au niveau national et international. On en a déjà préparé une pour fin 2024", nous souffle Patrick Muller. Une affaire en or, à suivre.

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