Football - Marwane Asad, livreur chez Amazon et joueur à Saint-Louis : "ce n'est pas évident"

Le club de foot de Saint-Louis (N3) dispute samedi 6 mars un 16e de finale de Coupe de France historique face au CS Sedan Ardennes (N2) au stade de la Frontière. Le mileu de terrain, Marwane Asad, savoure ce moment, lui qui doit jongler entre son emploi du temps chez Amazon et sur les terrains.

Marwane Asad (à droite) face à l'IUF mâconnais en 32es de finale de la Coupe de France de football.
Marwane Asad (à droite) face à l'IUF mâconnais en 32es de finale de la Coupe de France de football. © Philippe Bergdolt - Ligue de foot du Grand Est

"Attendez, je me gare et je suis à vous !" Marwane Asad nous accorde un petit moment au téléphone pour évoquer le match de Coupe de France samedi (14h15) au stade de la Frontière. Saint-Louis (N3) affronte Sedan (N2) lors d'un 16e de finale historique pour le club de foot alsacien.

Je ne me sens pas exploité.

Marwane Asad

Le milieu de terrain de 25 ans, natif de Mulhouse, prend sa pause. Il enchaine les "stops" avec sa camionnette. Chauffeur-livreur chez Amazon depuis quatre mois, il ne chôme pas. "C’est vrai qu’il y a beaucoup de commandes. J’ai fait 100 livraisons aujourd’hui. Mais je ne me sens pas exploité. C'est juste une question d’organisation et puis, je suis un peu solitaire. Avec ce job, je peux bosser à ma manière" dit-il. Ses talents, balle à pied, ne sont pas passé inaperçus. "Mon employeur va regarder le match à télé. C’est bien d’avoir un patron qui aime le foot."

Il y en a pour qui leur journée rime avec "métro-boulot-dodo". Pour Marwane Asad, c'est plutôt "travail-foot" avec des premières livraisons programmées à 9h30 jusqu'à 17h30, puis rendez-vous au stade pour l'entrainement. Un rituel trois fois par semaine. "J’accumule de la fatigue, ce n'est pas évident. J’essaie d’avoir une bonne hygiène de vie." Et pas question de se plaindre. Son entraîneur Cédric Decker avoue que c'est " un peu pénalisant pour l'équipe. Mais il est dans une bonne démarche. Il privilégie son boulot au foot et tous les jeunes ne font pas ça", explique-t-il. 
 

Un passage au Racing Club de Strasbourg

Le foot, revenons-y. Il a toujours joué dans la région. A Kingersheim chez les tous petits, puis à Mulhouse, avant de monter à l'âge de 13 ans à Strasbourg. Il intègre la section sport-études au lycée Jean Monnet et joue au Racing. Tout se passe alors pour le mieux. Le milieu défensif se fait une place au centre de formation aux côtés de "son pote" Anthony Caci qui fait actuellement les beaux jours des Bleus en Ligue 1.

Son aventure au Racing s'arrête avec les U19 Nationaux. "C’est très sélectif au Racing. J’étais un bon joueur mais les blessures ne m’ont pas aidé." Pour autant, on ne sent pas d'amertume dans ses propos. "Je ne garde que que des bons souvenirs. Ça te rend plus mature le centre de formation et j’ai des bonnes bases de foot." Cédric Decker loue sa "justesse technique, sa qualité de passe, et il perd peu de ballons. Il est capable de faire beaucpoup d'efforts sur le terrain."
 

Une panenka mémorable

Il entame sa 6e saison à Saint-Louis, "sa maison". Et quelle saison... "Je ne me rends pas compte qu'on est en 16e de finale. Je ne m’y attendais pas." Même s'il aurait préféré affronter Monaco ou Sochaux pluôt que Sedan. "C'est jouable", dit-il d'un ton assuré. Il a qualifié son équipe au dernier tour à Mâcon grâce à un dernier tir au but ponctué d'une "glissade panenka". Il a trompé de manière totalement inattendue le gardien adverse. ''Je veux bien en mettre tous les week-end s'il le faut, du moment que cela nous permette de poursuivre l'aventure." Réponse sur les coups de 16h ce samedi.

 

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