Assassinat de Samuel Paty : trois nouveaux suspects présentés à la justice dont un en Haute-Marne

Deux jeune hommes et une jeune femme doivent être présentés ce vendredi 6 novembre à la justice, en vue d'une mise en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty. Un des suspects a été interpellé en Haute-Marne. 

Les hommages à Samuel Paty ont été rendus dans les établissements scolaires lundi 2 novembre.
Les hommages à Samuel Paty ont été rendus dans les établissements scolaires lundi 2 novembre. © François-Xavier GUTTON, Max PPP
Deux jeune hommes et une jeune femme doivent être présentés vendredi 6 novembre à la justice en vue d'une mise en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty, le professeur tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet, a-t-on appris vendredi de sources proche du dossier et judiciaire. Les deux hommes, âgés de 18 ans, et la femme, âgée de 17 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue mardi matin à la demande des juges d'instruction, qui envisagent de les mettre en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", selon ces sources, précisant une information du Parisien. Au moins l'un d'eux est soupçonné d'avoir échangé des messages avec le terroriste.

Un des suspects a été interpellé en Haute-Saône et un autre en Haute-Marne, selon une source proche du dossier. Samuel Paty, enseignant de 47 ans avait été décapité à la sortie de son collège de Conflans par Abdoullakh Anzorov, un réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans, pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors de deux cours début octobre sur la liberté d'expression. Anzorov, radicalisé depuis plusieurs mois selon sa famille mais inconnu des services de renseignement, avait été abattu par les policiers qu'il attaquait après son crime.

Selon nos confrères du Parisien, ces nouveaux suspects, deux jeunes hommes âgés de 18 ans et une jeune femme de 17 ans, ont été interpellés mardi matin en Haute-Marne et en Haute-Saône par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sur commission rogatoire des quatre juges antiterroristes. Ils sont soupçonnés d'avoir échangé sur Snapchat et d'avoir évoqué la thématique terroriste avec Anzorov, qui avait été abattu par la police après avoir décapité un enseignant d'histoire près de son collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) le 16 octobre.
 

"Complicité"

Sept personnes ont déjà mises en examen dans cette enquête, le 21 octobre, dont six pour "complicité d'assassinat terroriste". Parmi eux, deux collégiens de 14 et 15 ans, accusés d'avoir désigné contre rémunération l'enseignant à l'assaillant. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Brahim Chnina, le parent d'élève à l'origine d'une campagne de dénigrement de Samuel Paty, et le militant islamiste qui l'avait soutenu, Abdelhakim Sefrioui, sont également poursuivis pour "complicité". Placés en détention provisoire, ils sont accusés d'avoir "nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux le professeur d'histoire-géographie "au moyen d'une manoeuvre et d'une réinterprétation des faits", selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

Le jeune terroriste avait contacté M. Chnina, qui assure n'avoir eu aucune idée de son projet, à la suite des vidéos publiées par ce père de famille qui accusait le professeur de "discrimination" envers les collégiens musulmans, dont sa fille. Deux amis de l'assaillant, Naïm B. et Azim E., ont également été placés en détention provisoire, soupçonnés de complicité pour avoir accompagné Anzorov acheter un couteau, puis pour le second de l'avoir convoyé de sa ville d'Evreux vers l'Ile-de-France. Une troisième relation du terroriste, Yussuf C., est poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et également incarcéré. L'enquête explore également la piste de liens entre le tueur et au moins un jihadiste russophone en Syrie. Anzorov avait envoyé le 16 octobre sur les réseaux sociaux, un message audio en russe hésitant après avoir posté la photo du professeur d'histoire décapité.
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