Haute-Marne : poussée par le confinement, une naturopathe se lance dans l’agriculture biologique

C’est le confinement de fin 2020 qui a décidé Alexandra Henrissat à se lancer dans l’agriculture biologique. La naturopathe haut-marnaise rêvait de produire ses propres plantes pour fabriquer ses élixirs. Aujourd’hui, elle possède ses premières pousses certifiées bio.
 

Alexandra Henrissat a décidé de cultiver deux types de terre afin d'avoir un maximum de sortes de fruits et de plantes différentes dans ces cultures.
Alexandra Henrissat a décidé de cultiver deux types de terre afin d'avoir un maximum de sortes de fruits et de plantes différentes dans ces cultures. © Alexandra Henrissat

Produire ses propres plantes était une suite logique pour Alexandra Henrissat. La naturopathe haut-marnaise de 47 ans est ainsi sûre de la qualité de ses ingrédients et "ne dépouille pas la nature sauvage" avec ses cueillettes.

"Pour moi, il est important de préserver les ressources naturelles autour de moi. Je continue la cueillette, mais telle que je l’ai toujours faite, avec beaucoup de précautions et de respect pour elle. Mais je ne trouvais pas nécessairement les matières premières au niveau local, car certaines plantes sauvages ne poussent pas naturellement en Haute-Marne. Je me suis donc décidée à lancer ma production. Ce qui faisait partie de mes envies, dès ma reconversion professionnelle en 2015", explique Alexandra Henrissat.
 

"Sans pesticides, OGM ou autre"

Et le label AB pour agriculture biologique s’imposait pour elle. "Il était important pour moi, de cultiver dans les meilleures conditions possibles et sans pesticides, OGM ou autre. Je cultive une prairie derrière chez moi à Montheries, ainsi que sur le terrain de ma mère que je vais racheter. Les deux sont exposés différemment et ont des terres propices à différentes cultures. Ce qui me permet d’envisager la production de différentes plantes et petits fruits. À l’automne, je vais planter des haies et des arbres fruitiers différents des cultures que j’ai déjà lancées et qui prennent bien," précise-t-elle.

Ces plantes, cultivées en début d'année, sont déjà mises à sécher pour les futures préparations.
Ces plantes, cultivées en début d'année, sont déjà mises à sécher pour les futures préparations. © Alexandra Henrissat


Élevée dans le milieu agricole, elle ressentait un "besoin de travailler la terre et la matière" à son tour. "Ma production s’étend sur une surface de 30 ares et sera consacrée uniquement à la production et transformation de plantes aromatiques et médicinales et petits fruits. Les cultures seront conduites en agroforesterie, tout en intégrant des techniques en permaculture et des rotations de cultures sous couvert d'engrais verts", précise-t-elle.

Mais ce projet ne s’est pas fait en quelques jours. "J’ai dû investir énormément de temps et d’argent dans ce projet. J’ai ouvert une cagnotte en ligne et j’ai eu la chance d’être soutenus par pas mal de clients de mes ateliers, mais pas seulement," s’enthousiasme Alexandra Henrissat.
 



Avant d’ajouter : "C’est hyper encourageant parce qu’avec la Covid, je ne m’attendais pas à autant de soutien de la part des gens. Des doutes se sont forcément installés. Est-ce le moment de se lancer? Est-ce que le projet va intéresser mes clients? Et finalement oui! En quelques semaines, j’ai reçu plus de 3.000 € de dons sur Mimosa. Et surtout beaucoup de mots de soutien! C’est incroyable!"

Prochaine étape, la plantation de haies champêtres et d’arbres fruitiers à l'automne 2021. "Afin de diversifier les productions, d'optimiser les ressources du milieu, de restaurer la fertilité des sols, de garantir la qualité et la quantité d'eau et d'améliorer la biodiversité."
 

Alexandra Henrissat a mis en place des systèmes pour faire sécher les plantes qu'elle cultive elle-même avant de les transformer en produits.
Alexandra Henrissat a mis en place des systèmes pour faire sécher les plantes qu'elle cultive elle-même avant de les transformer en produits. © Alexandra Henrissat


Des fleurs de Bach seront également installées sur les terrains pour la fabrication des élixirs floraux. Et ces productions seront complétées par une cueillette de plantes sauvages locales: "Dans le respect, des sites et des écosystèmes."

Il reste encore une semaine à Alexandra pour recueillir des dons sur le site de Mimosa. En tout, elle espère récolter 6.000 € pour rentrer dans ses frais.

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