TEMOIGNAGE. Mort après un passage aux urgences : la compagne de Benjamin Battistel attend des réponses

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Mélissa Bertrand, compagne de Benjamin Battistel, mort après être passé aux Urgences de Chaumont, témoigne. Elle espère que justice sera rendue. Elle souhaite pouvoir comprendre pourquoi son compagnon de 29 ans est reparti des urgences et est décédé quelques heures plus tard. ©France Télévisions

Le 11 novembre 2022, Benjamin Battistel, un Chaumontais de 29 ans, était emmené aux urgences de l’hôpital de Chaumont (Haute-Marne) par le Samu. Il souffrait de difficultés respiratoires et de douleurs dans les épaules. De retour chez lui avec les mêmes symptômes, il décédait quelques heures plus tard. Sa famille demande à ce que justice soit rendue.

Dans la maison où il vivait en famille il y a quelques mois encore, Mélissa Bertrand nous accueille. La compagne de Benjamin Battistel accepte de nous recevoir pour évoquer les éléments judiciaires liés à la mort de son compagnon. Mais aussi combien ce dernier laisse un vide abyssal dans leur vie. Aujourd’hui, elle se raccroche à des photos des jours heureux posées sur une des étagères du salon, mais surtout à ce que la justice va pouvoir leur apporter comme explications.

"On attend que justice soit rendue et de pouvoir avoir accès aux pièces de procédure pour savoir ce qui a été dit et ce qui a été fait", explique Mélissa.

Qu’est-ce qui lui est arrivé. Pourquoi est-il sorti des urgences, pourquoi il est décédé ? Pourquoi aux urgences ils ne l’ont pas gardé ? Pourquoi ?

Mélissa Bertrand, compagne de Benjamin Battistel

Le 11 novembre 2022, Benjamin Battistel se réveille vers 5 heures du matin avec de fortes douleurs dans les bras et des difficultés à respirer. Domicilié à Chaumont, le Samu l’emmène aux urgences de l'hôpital d’où il sortira environ une heure plus tard. De retour chez lui, il décédera sur le canapé du salon. Depuis l’autopsie pratiquée a révélé qu’un infarctus était la cause de la mort du jeune homme.

Une plainte contre l’hôpital de Chaumont a été déposée et le procureur de la République de Haute-Marne a demandé l’ouverture d’une enquête pour recherche des causes de la mort.

"J’ai confiance en la justice"

"Nous savons qu’un collège d’experts va être mis en place, reprend Mélissa, et qu’un juge d’instruction a été saisi. Des analyses ont été faites. On sait juste qu’ils vont poursuivre les investigations pour avoir des éléments supplémentaires. On attend de voir qui sera auditionné, ré-auditionné et qui sera mis en cause s’il y a quelqu'un. Et on espère qu’il y aura un mis en cause de désigné".

Il en va de la poursuite de leurs vies, la sienne, celle de sa petite fille mais aussi de toute la famille et des amis de Benjamin. Tenter de réparer cette mort tellement injuste pour qu’ils puissent tous poursuivre la leur.

On ne vit pas. On survit. C’est terrible. Je n’aurais jamais pensé vivre un truc pareil à 28 ans. On a tous besoin de réponses pour tenter de faire un deuil

Mélissa Bertrand, compagne de Benjamin Battistel

"Pourquoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui lui est arrivé. Pourquoi est-il sorti des urgences, pourquoi il est décédé ? Pourquoi aux urgences ils ne l’ont pas gardé ? Pourquoi ? Un jeune homme de 29 ans, papa, conjoint, fils, frère, ami est sorti des urgences avec des symptômes qui étaient encore là. Pourquoi ils ne l’ont pas gardé pour faire des analyses complémentaires ? Je ne comprends pas comment on peut le laisser sortir à ce moment-là, je ne comprends pas. J’ai confiance en la justice. Je sais qu’elle sera rendue. Et de toute façon, on est prêts à tout. Cela prendra le temps que cela prendra, on ira jusqu’au bout et on ne laissera pas passer. On ne laissera rien passer. On espère que le coupable sera puni. La loi dit que c’est punissable, il faut donc que cela soit puni. On espère que le ou les coupables seront punis et on ira jusqu’au bout pour cela".

Quand elle parle de Benjamin, Mélissa esquisse un sourire et en même temps un sanglot s‘étouffe dans sa voix. Jeune maman de 28 ans, elle regarde les photos et entend en même temps les babillements insouciants de leur petite fille. "On s’est toujours dit, avec Benjamin, que les parents seuls, ce sont des héros. Que l’on ne pourrait pas. Alors, quand ça nous tombe dessus sans préavis, on ne vit pas. C’était un homme merveilleux. Un papa extraordinaire, un ami formidable. Il s’occupait de sa fille merveilleusement bien. Il s’occupait de moi merveilleusement bien. Il a toujours aidé les autres, toujours mis les autres avant lui. Il a toujours tout donné, tout donné. Il nous manque beaucoup.

On ne vit pas. On survit. C’est terrible. Je n’aurais jamais pensé vivre un truc pareil à 28 ans. On n’a tous besoin de réponse pour tenter de faire un deuil."

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