Comment sauver les Coop

Publié le Mis à jour le
Écrit par Monique SEEMANN

Ribeauvillé:mobilisation des élus de la circonscription pour sauver les points Coop

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Démission du PDG de Coop Alsace

Bruno Vincent-Genod, 54 ans avait été nommé en mars 2011 directeur général du groupe Coop Alsace avant d'en devenir le PDG en juin. Il quitte son mandat dans une période délicate et contestée de restructuration avec la cession des magasins Mutant et la fermeture de Coop de proximité.

Une réunion a eu lieu ce matin à l'Hôtel de Ville de Ribeauvillé.Autour du député Jean -Louis Christ des élus de la circonscription sont bien décidés à mettre sur pied un plan d'action, ils ont rencontré aujourd'hui des représentants de l'enseigne.

Les Alsaciens inquiets pour l'avenir de leurs Coop, supérette et lien social

  "Si nos magasins ferment, c'est la mort des villages": les 3.400 salariés du groupe de distribution Coop Alsace, plombé par de mauvais résultats financiers, sont inquiets pour leurs emplois mais aussi pour l'avenir d'un réseau de proximité qu'ils voient comme un "service social".

 Implantées en Alsace depuis 1902, les "Coop",petites épiceries généralistes installées au coeur des villages et des quartiers,sont désormais partie intégrante de l'identité régionale. Ce sont parfois de tout petits commerces - certains ne dépassent pas 45 m2 - et les Alsaciens s'y montrent souvent très attachés. Pourtant, comme d'autres réseaux comparables ailleurs en France, les petites "Coop" de proximité sont confrontées à une fréquentation en berne, qui plombe leur chiffre d'affaires. L'inquiétude est telle que quelque 400 salariés du groupe ont défilé lundi dans les rues de Strasbourg, contre les fermetures de magasin et pour défendre une "proximité de qualité". "Sans la Coop, l'Alsace sera défigurée", ont scandé les manifestants. Le problème, c'est que "pour beaucoup, le magasin de proximité, c'est celui où on va acheter la plaquette de beurre oubliée en faisant les grosses courses à l'hypermarché",déplore Corinne Fuhrmann, déléguée CFDT et gérante d'une supérette à Goetzenbruck,à 60 km au nord de Strasbourg. "J'ai une clientèle d'habitués, qui viennent presque tous les jours, mais ce sont surtout des personnes âgées pour qui la fermeture serait une catastrophe", ajoute la gérante, qui craint pour la survie de son magasin qu'elle sait déficitaire. Pourtant, "si tout le monde au village venait faire 20 euros de courses par semaine,le magasin serait sauvé. Chacun devrait y mettre du sien", estime Mme Fuhrmann. A la direction du groupe à Strasbourg, le secrétaire général Serge Lorentz tient un discours similaire. "Quand on annonce la fermeture d'un magasin, on a davantage de gens qui signent une pétition pour protester que de clients qui y faisaient leurs courses auparavant", s'énerve-t-il. Structurée en coopérative, l'entreprise affirme cultiver des "notions de solidarité et de partage", ainsi que d'"humanisme et de justice sociale". Pour autant, explique M. Lorentz, on ne peut indéfiniment demander aux gros magasins bénéficiaires de combler les déficits des supérettes. "La mutualisation a des limites",résume-t-il. Conséquence de ces difficultés: depuis la mi-2010, une vingtaine de magasins ont fermé leurs portes - pour certains, malgré la mobilisation des élus locaux. Les effectifs, de leur côté, sont passés depuis cinq ans de 4.200 à 3.400 salariés,et un nouveau plan de départ volontaire, concernant 350 postes, est en cours. En 2010, Coop Alsace a perdu 17,8 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 665 millions d'euros . Au sein de l'entreprise, l'ambiance est électrique, d'autant que le groupe est confronté à une instabilité de ses instances dirigeantes: il a changé quatre fois de président en à peine plus d'un an. L'actuel président, Christian Duvillet, a été élu samedi. En outre, la direction s'apprête à annoncer, d'ici début décembre, un "plan de réorganisation de l'entreprise", qui pourrait passer par de nouvelles fermetures de magasins, et peut-être de nouvelles suppressions d'emplois. Les syndicats évoquent le chiffre de 30 à 50 points de vente menacés, sur les 157 magasins de proximité,un chiffre que la direction ne commente pas.  "C'est vrai qu'aujourd'hui, la majorité des 157 magasins sont déficitaires. Mais il est trop tôt pour dire quelles décisions seront prises", affirme M. Lorentz.

 AFP Eco  le 09/11/2011 09:21:24

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