Kolbsheim : le festival 10 jours VERT le futur pour garder l'esprit militant et imaginer le "monde de maintenant"

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Écrit par Noémie Gaschy

Deux ans jour pour jour après le début du chantier définitif du GCO et les scènes de tension qui en ont découlé à Kolbsheim, le village veut s'appuyer sur l'énergie née pendant le combat contre l'autoroute pour penser le "monde de maintenant", au cours du festival 10 jours VERT le futur.

Alors que le ballet des engins s'active plus que jamais pour faire avancer le chantier du Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO), le combat se poursuit à Kolbsheim (Bas-Rhin). Non plus contre cette autoroute qui devrait être achevée fin 2021, mais plus largement pour l'environnement. L'opposition s'est transformée en construction : le festival 10 jours VERT le futur s'ouvre ce jeudi 10 septembre 2020 pour rassembler les forces militantes et réfléchir au "monde de maintenant"
 
Et les dates de l'événement n'ont pas été choisies par hasard. Elles sont un hommage affirmé aux traumatismes récents vécus à Kolbsheim. Le 10 septembre 2018, 500 gendarmes mobiles intervenaient au petit matin, à l'aide de gaz lacrymogènes, pour évacuer les opposants au GCO de la ZAD de Kolbsheim (Bas-Rhin) et permettre le démarrage du chantier. Quelque temps plus tard, le 20 septembre 2018, ces mêmes opposants bloquaient les engins et obtenaient la suspension des travaux.
 

"Nous sommes toujours là, avec l'esprit militant"

"Le 10 et le 20 septembre, ce sont les piliers de notre combat, martèle Caroline Ingrand-Hoffet, pasteure de Kolbsheim et membre du collectif organisateur de l'événement. Bien sûr, nous sommes très sensibles à ces dates anniversaires. Mais ce qui nous importe surtout, c'est de ne pas perdre l'énergie incroyable véhiculée pendant la lutte contre le GCO."

"Nous sommes toujours là, avec l'esprit militant, poursuit-elle, la voix déterminée. S'il faut revenir sur notre déception, nous le ferons, s'il faut pleurer un coup, nous le ferons aussi car c'est toujours très difficile. Mais cela ne doit pas nous faire abandonner. Car de ce qui pourrait apparaître comme une défaite, est en réalité sortie une magnifique énergie. On a l'impression d'avoir gagné quelque chose et nous voulons que ça dure. Les échanges avec les zadistes sont par exemple toujours réguliers."
 
"Là où s’est concentrée une partie de la lutte contre la construction d’une autoroute, il s’agit, aujourd’hui, de construire des déviations imaginaires qui deviendront la réalité du futur", assure le collectif.
 

"Réfléchir avec les élus"

Militants, artistes, sociologues, psychologues, ornithologues, personnalités politiques, grand public vont ainsi se retrouver pendant dix jours pour débattre et échanger autour des questions environnementales et sociales. Kolbsheim, "devenue un peu trop calme depuis quelque temps" selon la pasteure, "mais c'est inévitable" va ainsi s'animer à nouveau.

Des artistes bénévoles proposeront des chansons, des lectures, de la peinture ou du théâtre pour questionner les spectateurs sur leur rapport avec la nature. Un psychiatre donnera une conférence avec pour thème "Comment parler de nos espoirs et de nos craintes à nos enfants" alors que les élus et agents des communes de l’Eurométropole de Strasbourg et du Kochersberg seront invités à un atelier de partage sur les manières de mener une transition écologique pérenne.

"Les changements politiques sont intéressants. On est contents d'accueillir une présidente de l'Eurométropole (Pia Imbs) qui nous soutient. On va désormais non plus réfléchir contre mais avec, tout en continuant à interpeller les élus lorsqu'il le faudra", affirme la pasteure Caroline Ingrand-Hoffet, qui a désormais pour cibles l'implantation d'Amazon en Alsace et la liaison GCO-Entzheim.

Avec leurs armes, "l’imagination, la culture, l’art, la réflexion", les militants veulent ainsi diffuser leurs espoirs et leurs idées pour transformer le monde.