Lorraine : comment la crise sanitaire impacte notre sommeil

La 21ème édition de la journée du sommeil a lieu le 19 mars 2021. Cette année, l’accent est mis sur les conséquences de l’épidémie de Covid, des confinements et du couvre-feu sur la qualité de notre sommeil. Explications.

21ème journée du sommeil: "bien dormir pour mieux faire face".
21ème journée du sommeil: "bien dormir pour mieux faire face". © INSV

Premier constat de l’enquête menée par l'Institut national du sommeil et de la vigilance avec la MGEN, les français ont moins bien dormi en 2020. 45% Français ont rapporté un trouble du sommeil durant le 2ème confinement, contre 41 % en période normale. La qualité de sommeil, quant à elle, s’est avérée moins bonne pour 26% des Français (en particulier pour les jeunes de 18-24 ans pour lesquels la proportion monte à 39%).

De chiffres moins importants que pendant la première période de confinement mais qui s’aggravent pour les personnes en télétravail. 27 % des Français ayant été exclusivement en télétravail ou n’ayant pas travaillé ont ressenti une moins bonne qualité de leur sommeil pendant le 2ème confinement contre 20 % de ceux ayant continué leur activité professionnelle sur leur lieu de travail habituel.

Pour le professeur Hervé Vespignani, neurologue et directeur des centres français Bioserenity, spécialisés dans les pathologies liées au sommeil, la proportion des personnes qui se plaignent de mal dormir a "considérablement augmenté" depuis le début de la crise sanitaire. "En France et dans la plupart des pays du monde, environ 15 à 20% de la population globale se plaint de la mauvaise qualité de son sommeil et de ses conséquences. Ce que nous observons en ce moment c'est que c'est désormais 45% des gens".

Les femmes et les jeunes plus touchés

Car les problèmes de sommeil, hors maladie, sont souvent liés au taux de stress. Et c’est chez les jeunes adultes que ce poids psychologique est le plus important. 41 % des 18-24 ans ont rapporté des troubles anxieux, 40 % des troubles dépressifs. Suppression des stages et des petits boulots, inquiétudes sur leur avenir et absence de contacts sociaux, cours en distanciel et journées passées enfermés devant des écrans sont autant de facteurs aggravants pour la santé psychologique.

les jeunes et le sommeil pendant la crise sanitaire.
les jeunes et le sommeil pendant la crise sanitaire. © INSV

De l’anxiété que confessent plus fréquemment également les femmes. 40 % des femmes ont décrit des troubles anxieux durant le 2ème confinement et 37 % ont rapporté des troubles dépressifs. Poids de la gestion du foyer cumulé au télétravail sur le même lieu et souvent à l’école à la maison pendant la période de confinement sont des charges supplémentaires.

J'ose dire que ce que la population et les citoyens vivent en ce moment c'est du stress post-traumatique.

Hervé Vespignani, spécialiste du sommeil

Hervé Vespignani n'hésite plus désormais à parler de stress post-traumatique. "On a traversé une guerre sanitaire. Tout cela est générateur de la première cause des troubles du sommeil quelle que soit la population: le stress. J'ose même parler de stress post-traumatique. C'est ce que les citoyens ont vécu avec la surdose d'informations, souvent contradictoires."

La Covid impacte aussi le sommeil

La maladie a impacté directement le sommeil et la qualité de vie des personnes infectées. Près des deux tiers des malades interrogés pressentaient encore des séquelles ou symptômes, lors de l’enquête, alors que seulement un tiers avaient été infectés au cours des 3 mois précédents. Un tiers aussi prenaient un traitement pour dormir, un quart des médicaments contre la douleur, et plus d’un sixième des antidépresseurs.

Les données récentes suggèrent que les effets cérébraux du SARS-CoV-2 peuvent entrainer des modifications du sommeil.
Hervé Vespignani explique: "Comme pour toute maladie virale, il y a un état de fatigue qui dure quelques jours. Mais pour le coronavirus, il y a aussi des symptômes neurologiques. Il est responsable d'une véritable maladie inflammatoire qui touche le cerveau. Parmi les formes graves, il y a des persistances de troubles du sommeil comme de troubles de l'olfaction par exemple qui peuvent durer longtemps après".

Les chercheurs s’interrogent aussi sur le fait qu’une dette de sommeil antérieure (avec des troubles style apnée du sommeil ou syndrome des jambes sans repos déjà présents) pourrait fragiliser l’organisme et favoriser l’infection au coronavirus.

S’imposer un "couvre-feu numérique"

De nombreuses pistes sont proposées pour tenter de limiter les effets de cette période sur son sommeil. Améliorer son alimentation, éviter l'alcool le soir et le grignotage et tenter de faire du sport en journée, surtout si l’on a un mode de vie plus sédentaire qu’avant les confinements.
Tentez de vous imposer des horaires réguliers en séparant les plages de télétravail et de vie personnelle et surtout obligez-vous à couper les écrans en fin de journée au moins une heure avant de tenter de vous endormir.

Pour consulter les recommandations de l'Institut national du sommeil et de la vigilance face à l’épidémie de covid-19, cliquez ici

 

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