Lorraine : le Secours Catholique confirme l'aggravation de la pauvreté

Dans son rapport annuel sur l'état de la pauvreté en France, publié le 12 novembre, le Secours Catholique de Lorraine confirme que les familles avec enfants restaient en 2019 les premières concernées par les situations de précarité.

Accueil dans les locaux du Secours Catholique à  Metz.
Accueil dans les locaux du Secours Catholique à Metz. © France 3 Lorraine
Ce jeudi 12 novembre 2020, le Secours Catholique a rendu public son rapport annuel sur l'état de la pauvreté en France. Composée de 1.900 bénévoles, la délégation de Lorraine a rencontré plus de 31.674 personnes dans les lieux d’accueil et d’activité des équipes locales.

En 2019, avec des ressources moyennes de 820 euros, 88% des personnes rencontrées vivaient en dessous du seuil de pauvreté : 1.063€ par mois pour une personne seule et 55% en dessous du seuil de grande pauvreté : 708€ par mois pour une personne seule.

Les ménages sont forcés de procéder à des arbitrages impossibles dans leur budget.

Alexis Garnier, Secours Catholique de Meuse et Moselle

Trois catégories de personnes sont concernées par les situations de pauvreté :
Un chocolat chaud dans les locaux de Secours Catholique de Metz.
Un chocolat chaud dans les locaux de Secours Catholique de Metz. © France 3 Lorraine

 Résultat sans appel

Pour la moitié des ménages rencontrés par le Secours Catholique, le restant à vivre est de 9€ par personne et par jour pour se nourrir, s’habiller, se meubler et se cultiver. Pour un quart de ces ménages, ce restant à vivre chute à 4€, ne leur permettant définitivement plus la possibilité de répondre à leurs besoins essentiels. "Dans ces conditions, les ménages sont forcés de procéder à des arbitrages impossibles dans leur budget et parviennent malgré tout à survivre", déclare Alexis Garnier du Secours Catholique de Meuse et Moselle. "Nous sommes bien loin de l’idée que les personnes en situation de pauvreté ne savent pas gérer leur budget !"

Revenu Minimum Garanti

Face à une augmentation moyenne de 25% des demandes d’aide, le Secours Catholique continue de plaider pour la mise en place d’un Revenu Minimum Garanti. Celui-ci devrait permettre d’assurer à chaque personne les ressources nécessaires pour vivre dignement et sortir de la pauvreté en lui permettant de concentrer son énergie sur son insertion ou sa réinsertion sociale et professionnelle.

Devant les locaux du Secours Catholique à Metz.
Devant les locaux du Secours Catholique à Metz. © France 3 Lorraine

Concertation des acteurs de solidarité

Depuis mars 2020, date du premier confinement, encouragée par le Secours Catholique de la Moselle, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale du département a pris l'initiative de réunir en audioconférence les acteurs de solidarité pour l'aide alimentaire en Moselle : d'abord toutes les semaines, puis tous les quinze jours.
"Cette coordination permet d'améliorer considérablement notre réponse collective dans le département pour faire face à de nouveaux publics : étudiants en précarité, personnes isolées…", ajoute M. Garnier. "Elle nous permet également de répondre à des questions particulières sur certains territoires, moins bien pourvus en nombre d'acteurs de solidarité en capacité d'agir."

Cette concertation est un bel effet de la crise depuis le mois de mars.
 

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