Covid-19, grippe et bronchiolite : campagne automnale de vaccination, pour qui et contre quels virus ?

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Écrit par Sophie Mercier et Aurélie Renard

Alors qu’une épidémie de bronchiolite fait pression sur le système de santé en France, d’autres virus hivernaux pourraient compliquer la situation. Alors question : faut-il continuer à se faire vacciner et contre quels virus ? Tour d’horizon de la campagne automnale.

"Une épidémie sévère et précoce" , c’est ainsi que les spécialistes ont qualifié l’épidémie de bronchiolite qui a touché de nombreux enfants cet hiver 2022 dès la fin du mois d’octobre. Une épidémie particulièrement virulente cette année, avec six semaines d’avance, et qui a nécessité l’hospitalisation d’une dizaine d’enfants en Lorraine.

De quoi mettre encore un peu plus de pression sur le système de santé déjà sous tension depuis deux ans. Dans ce contexte l’épidémiologiste à Santé publique France, Michel Verney, rappelle l’importance d’effectuer ses rappels de vaccination, quel que soit le virus concerné, bronchiolite, grippe ou Covid 19. "On constate une perte d’efficacité du vaccin au fil du temps. Une efficacité qui diminue d’autant plus si les personnes sont âgées ou immunodéprimées. Il est donc important d’avoir une couverture vaccinale complète, pour affronter au mieux cet hiver."

Une campagne de vaccination automnale pour éviter l’encombrement des hôpitaux

Comme chaque année, il est vivement conseillé aux personnes fragiles et âgées de se faire vacciner contre la grippe. Une vaccination que le praticien peut réaliser en même temps que l’injection contre le Covid 19. "Il n’y a pas de contre-indication, il est même vivement conseillé de faire les deux injections en même temps " affirme Michel Verney.

Ce que l’on craint particulièrement cet hiver, c’est la circulation simultanée de plusieurs agents infectieux qui provoquerait une pression très forte sur le système de santé

Michel Verney, épidémiologiste à Santé publique France

1,7 million de personnes sont éligibles au vaccin en France, mais seuls 126.000 ont effectués leurs doses de rappel. Et seuls 11% des plus de 80 ans ont reçu leur dose de rappel. Un chiffre qui inquiète Michel Verney.

"Nous ne sommes pas très sereins. Ce que l’on craint particulièrement cet hiver, c’est la circulation simultanée de plusieurs agents infectieux qui provoquerait une pression très forte sur le système de santé."

Car la vaccination contre le Covid-19 elle aussi s’essouffle. Et pourtant, les vagues épidémiques se succèdent. En octobre dernier, le taux d’incidence avait atteint les 1.000 cas pour 100.000 habitants. La Haute Autorité de santé a donc lancé la campagne automnale de vaccination le lundi 3 octobre dernier.

Qui est concerné ?

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé dans son avis rendu le 19 septembre dernier, les personnes éligibles à la dernière dose de rappel sont : les personnes âgées de 60 ans et plus, les résidents d’EHPAD et d’USLD, les personnes à risque de forme grave de la maladie (immunodéprimés, femmes enceintes, personnes de moins de 60 ans identifiées comme étant à risque), les personnes vivant dans l’entourage ou en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables, ainsi que les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social.

Ce rappel vaccinal est effectué préférentiellement avec des vaccins à ARNm bivalents, ciblant notamment les variants du virus actuellement en circulation sur le territoire national (dérivés d’Omicron).

Dans quels délais ?

L’administration de cette dose de rappel doit également respecter un délai minimal depuis la dernière injection de vaccin contre le Covid-19. Ce délai est de 3 mois pour les personnes de 80 ans et plus, pour les résidents en EHPAD (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ) ou en USLD (Unité de soins de longue durée), pour les personnes immunodéprimées.

Le délai passe à six mois pour toutes les autres personnes. A noter qu’une infection récente au Covid-19 est considéré comme équivalente à une injection de vaccin. Dans ce dernier cas, la dose de rappel est recommandée trois mois après l’infection.

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