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TER Metz Luxembourg : trains bondés, “les frontaliers n’ont plus de choix viables”

Les usagers du TER entre la Lorraine et le Luxembourg se plaignent du manque de trains au quotidien. / © Matthieu Mercier
Les usagers du TER entre la Lorraine et le Luxembourg se plaignent du manque de trains au quotidien. / © Matthieu Mercier

Chaque jour, les usagers du TER entre la Lorraine et le Luxembourg constatent une insuffisance de trains pour se rendre au travail ou des pannes à répétition. Selon les associations d'usagers, il y a urgence à agir, car certains clients ne peuvent même plus accéder au train. 

Par Fabien Garreau

Se rendre au Luxembourg en train depuis Nancy ou Metz ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. Jusqu'ici rien de nouveau mais la situation se tend en ce début 2019. Manque de trains, pannes à répétion, les usagers constatent une "situation catastrophique". Et ces derniers jours ne vont pas dans le bon sens.

Ce jeudi 17 janvier 2019 au matin, de nombreux passagers ont dû attendre à quai pendant plus d'une heure. Les TER de 5H33 et de 8H16 ont été supprimés. Le TER qui devait partir de Thionville à 7h36 a circulé en composition réduite. En cause, la fragilité du matériel existant, des pannes à répétition et son remplacement qui tarde.
 

 

Il faudrait 5 à 6 rames supplémentaires pour assurer le service normal, estiment les associations d'usagers.

 

"Le matin, il n’y a qu’un train par heure alors qu’il en faudrait quatre pour fluidifier le trafic". En ce moment sur deux jours 7 ou 8 trains supprimés selon le porte-parole des usagers du TER Metz-Luxembourg, Henry Delescaut, joint par téléphone. 
A cela s’ajoute la problématique des petites gares (Maizières-lès-Metz,  Woippy, Metz Nord,  Hettange Grande) où  tous les trains ne s’arrêtent pas. « Avec un matériel réduit sur cette ligne, dès qu’il y en a un qui tombe en panne, les problèmes s’enchainent » ajoute, David Vaisse, usager de la ligne Metz-Luxembourg.
 

Les frontaliers n'ont pas de choix viables


Les usagers font part de leur colère sur les réseaux sociaux, en interpellant les autorités régionales. "Le mur est en train de s’écrouler, déclare un usager sur Twitter, Rickey 57050, et on regarde une brique en expliquant pourquoi celle-ci est fissurée. Au delà de ce cas particulier

c’est toute la politique d’investissement dans les transports qu’il faut revoir, les frontaliers n’ont plus de choix viables.


Les capacités réduites poussent les gens dans les voitures qui viennent grossir les bouchons d’une autoroute saturée. Le télétravail est limité, la discussion entre le Luxembourg et la France n’avance pas. Merci pour votre réponse.". 
 


Le président de la Région Grand Est, compétente sur le transport régional, Jean Rottner, a répondu aux usagers dans un tweet ce jeudi matin. Pour justifier les retards et manques de trains.

"Ce que je sais, explique-t-il ce jeudi 17 janvier : le train de 5h33 a été supprimé en dernière minute (défaut matériel roulant). Le train de report (5h46 départ Metz, 6h17 Thionville) était en US (unité simple), car 3 rames immobilisées (choc avec animal + réparations longues). 
 
Toutes les compositions réduites avaient été annoncées hier à 22h (appli, sms) ; par contre la suppression du 5h33 n'a pas été correctement traitée en info voyageurs (car décision quasiment opérationnelle)". 

 
 

Une réglementation européenne qui retarde un renouvellement rapide


La SNCF et la Région Grand Est se sont engagées à renouveler les rames en conformité avec la nouvelle législation européenne. Problème, les deux rames prototypes sont encore en phase de test au technicentre de St Pierre des Corps (Indre-et-Loire).
 
La clause qui lie la SNCF à la Région Grand Est prévoit qu’en cas de perturbation du trafic, l’amende est fixée à 500€ par train supprimé. La convention annuelle pour la Région Grand Est fixe un montant maximum de ces pénalités à 100 000 euros par ans, ce qui équivaut à 200 trains supprimés par an.

Un chiffre qui, pour les associations d’usagers, ne correspond pas à la réalité des faits. Selon Henri Delescaut, 2/3 des suppressions ne seraient pas pénalisées. Une amende qui n’encourage pas la SNCF à une meilleure maintenance de ses équipements.

L’Association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg (AVTERML) compte peser sur l’amélioration de la ligne Nancy Luxembourg. Le nombre de ses adhérents ne cessent de croître (plus de 4000 abonnés sur Twitter). Elle prend part 4 fois par an aux réunions entre la CFL, la SNCF et la Région Grand Est. 

Contacté par téléphone,  le cabinet du président de la Région, nous a indiqué que Jean Rottner avait interpelé directement le directeur régional de la SNCF pour lui demander des explications suite à ces suppressions de trains.

Les précisions de la SNCF


Dans un communiqué, la SNCF nous précise que la Région Grand Est et SNCF offrent en heure de pointe :
5 trains par heure entre Metz et Luxembourg soit environ 3200 places offertes. Plus un train supplémentaire au départ de Thionville en composition double soit 700 places. 

Elle nous assure qu'il existe 1 train chaque demie-heure maximum au départ des gares de Metz-Nord, Woippy, Maizières-lès- Metz et Hettange-Grande. "Concernant nos aléas de production nous déplorons sur les 5 derniers jours :
  • 1 seul train supprimé en période de pointe de soirée (+3 trains hors période de pointe).
  • 4 trains en composition non conformes en heure de pointe dont 3 hier, le 16 janvier.
"Depuis le 1er janvier, 15 trains ont été supprimés", ajoute le service communication régional de la SNCF, dont 7 en période de pointe (principalement en soirée). "Dans tous les cas, l’information voyageurs a correctement été réalisée via nos différents canaux d’information : Twitter, appli SNCF et SMS Ter Flash Trafic".

"Dans le cas précis de la suppression du TER 88718 de ce jeudi 17 janvier au matin, départ 8h16 de Maizières-lès-Metz, nos clients pouvaient se reporter sur le TER 88722 départ 9h04 soient 36min après et non 1h05".

Bonus malus


Concernant les amendes évoquées plus haut, "SNCF et la Région Grand Est appliquent les conditions de bonus/malus de la convention contractuelle qui les lie notamment sur la qualité du Service définie selon 4 critères", détaille le directeur de la communication Didier Wallerich. 

- critère 1 : Régularité des circulations 
- critère 2 : Fiabilité des circulations 
- critère 3 : Respect des compositions
- critère 4 : Information des voyageurs en gare et à bord des trains.

Le malus de 500€ concerne le respect des compositions (critère 3) et non les trains supprimés.

"Pour les trains supprimés, le bonus/malus est calculé par rapport à un objectif hebdomadaire de trains kilomètre ferroviaires supprimés relevant d’une cause imputable à la Direction régionale SNCF TER Grand Est.

Enfin, depuis l’année dernière, un plan d’actions a été établi conjointement entre la Région Grand Est, SNCF TER Grand Est, SNCF RESEAU et les CFL, afin d’améliorer la qualité de service que nous offrons aux voyageurs du sillon notamment pour pallier aux dysfonctionnements d’irrégularités, de trains supprimés et de réduction de composition"
.
 

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