Vendanges : 52 personnes relogées d'urgence suite à des conditions de logement insalubres, "ils sont victimes de traites d'humains" selon la CGT

L'hôtel Enzo de Châlons-en-Champagne accueille désormais 27 vendangeurs sans-papiers d'origine subsaharienne. A la suite d'une opération conjointe de la gendarmerie et de l'inspection du travail de la Marne, ils ont été déplacés car ils étaient logés dans des conditions préoccupantes.

Des matelas à même le sol dans la poussière et la saleté d'une grange aux murs décrépis, seulement quelques minutes d'eau chaude pour une cinquantaine de travailleurs qui n'ont presque pas accès à l'électricité. Des repas douteux, aux textures visqueuses et grisâtres. Voici les conditions d'hébergement que nous décrivent - photos à l'appui - des vendangeurs qui ont dû être relogés. Ils travaillaient dans des vignes du secteur de Dormans dans la Marne.

27 d'entre eux - sur un total de 52 - ont été relogés d'urgence par le 115 dans l'hôtel Enzo de Châlons-en-Champagne. Mais ils ne pourront pas y rester plus de 10 jours. Une autre partie est hébergée par l'Armée du Salut

La plupart sont des sans-papiers d'origine subsaharienne venus de Paris. Ils ont proposé leurs services via un groupe whatsapp mais ne détiennent aucune copie de leur contrat de travail. Il devait leur assurer un emploi jusqu'au 30 septembre.

"Ils sont victimes de traite d'humains"

La confédération de la CGT de la Marne s'est emparée de l'affaire et compte entamer une procédure en justice, aux prud'hommes, contre le prestataire, Anavim, une entreprise basée à Paris.

"Le mépris continue, nous raconte Sabine Duménil secrétaire générale de la CGT de la Marne, certains ex-salariés ont tenté d'appeler leur employeur devant nous, on leur raccroche au nez".

Si le syndicat connaît le prestataire qui a embauché les 52 vendangeurs, il ne sait pas quelles maisons de champagne ont eu recours à leurs services. "Je ne sais pas comment les donneurs d'ordre font pour dormir tranquille le soir. Ils ont été victimes de traite d'humains, hébergés dans des conditions qui ne sont pas dignes d'êtres humains".

Le syndicat réclame également la régularisation des sans-papiers et surtout le paiement de leur salaire. Car pour l'heure, ils n'ont pas été payés.

Une demande a également été déposée pour que certains vendangeurs voient un médecin, en raison de leur état de santé préoccupant.