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Vers une disparition des oiseaux des champs

En 20 ans, la biodiversité a pris du plomb dans l'aile. Les oiseaux sont en train de disparaître. / © Christian Watier / MaxPPP
En 20 ans, la biodiversité a pris du plomb dans l'aile. Les oiseaux sont en train de disparaître. / © Christian Watier / MaxPPP

Selon une étude publiée par le Museum d'histoire naturelle et le CNRS, les oiseaux seraient un tiers de moins qu'il y a 15 ans en raison de l'intensification des pratiques agricoles. La Champagne-Ardenne est concernée par la diminution des espèces.

Par Isabelle Griffon

Les printemps seront-ils de plus en plus silencieux ? Dans un communiqué, le Muséum national d'Histoire naturelle et le CNRS tirent la sonnette d'alarme. Selon leurs études, les oiseaux des champs disparaissent "à une vitesse vertigineuse". Leurs populations vivant en milieu agricole se sont réduites d'un tiers en 15 ans. Une tendance qui risque de s'accentuer dans les années à venir.

Selon les chercheurs, "cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l'intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009". Une période qui coïncide notamment avec la fin des jachères imposées par la Politique agricole commune. L'utilisation des pesticides et la destruction des insectes sont aussi mises en cause.

La Champagne-Ardenne, région de plaine céréalière, est particulièrement touchée. "Aujourd'hui, on voit que le paysage s'est homogénéisé", déplore Aurélien Deschatres, chargé de mission à la Ligue pour la Protection des Oiseaux Champagne-Ardenne, regrettant "la suppression de la clôture, des haies et la destruction des arbres isolés". Ce qui nuit forcément à la biodiversité.

Vers un changement de l'agriculture

Certaines espèces, comme l'alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans.

© LPO
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A contre-courant de l'agriculture intensive, Thierry Remy, éleveur laitier à Magneux, en Haute-Marne, travaille en agriculture biologique depuis 10 ans. Pour protéger la biodiversité,  il n'utilise pas d'engrais et plante des arbres. "J'ai maintenu une haie, explique-t-il, je planterai aussi des arbres fruitiers qui peuvent apporter des fruits pour notre consommation, mais aussi pour les oiseaux." Une pratique très minoritaire dans notre région.

Mais pour infléchir le déclin des oiseaux en milieu agricole, il est "urgent, selon les chercheurs, de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques".

 

 

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