Covid : pendant le confinement, la déprime des enfants privés de sport

La Covid et le confinement ont entraîné la fermeture temporaire des clubs et associations de sport pour enfants. Un manque d'activité qui peut avoir des conséquences négatives sur le moral et le comportement des plus jeunes. Ils ont besoin d'au moins une heure d'activité physique par jour.
Avec la pandémie et le confinement, difficile pour les enfants de se dépenser
Avec la pandémie et le confinement, difficile pour les enfants de se dépenser © STEPHEN SHAVER/UPI/MAXPPP
A Reims, dans la Marne, depuis le début de la pandémie et du confinement, Juliette, deux ans et demi, peine à rester en place dans l'appartement de ses parents. D'habitude, la fillette fait du sport plusieurs fois par semaine. Avec la fermeture de son club pour enfants, elle ne peut plus se dépenser comme avant et son énergie déborde plus que jamais.

"Vous le voyez, c'est une enfant très active, qui a besoin de se dépenser, sourit sa mère, Lucille, alors que Juliette s'agite sur son petit lit. Le sport, ça lui permettait de se défouler, ça lui faisait voir d'autres enfants de son âge, ça lui apportait plein de choses, autant pour la vie sociale que pour sa motricité".

Au moins une heure de sport par jour

Les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont claires : les enfants de cinq à 17 ans doivent faire au moins une heure d'activité physique d'intensité modérée à soutenue par jour. Pour les moins de cinq ans, c'est même trois heures par jour.

Selon la psychologue rémoise Mathilde Robert, c'est tout à fait possible, même pendant le confinement.
 

L'avantage, c'est qu'on a une heure de sortie autorisée. L'idée c'est que les parents en profitent pour proposer une activité en extérieur. Chez soi aussi, c'est possible, avec des choses très simples. Il y a des vidéos sur internet avec des exercices à faire. On peut aussi imiter des animaux avec son corps, faire du pas-chassé ou des petits sprints. L'idée c'est de bouger.

Mathilde Robert, psychologue


Sur internet, de nombreux sportifs proposent des activités physiques pour les enfants, réalisables pendant le confinement. C'est le cas par exemple du traileur vosgien Matthieu Gandolfi. Dans ses vidéos, il montre plusieurs exercices à réaliser à la maison.

Même chose sur les réseaux sociaux, comme Instagram, où des exercices pour adultes et pour enfants sont proposés.
 

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par YaniSport (@yanisport.fr)



Selon la psychologue Mathilde Robert, ces sessions de sport sont indispensables. Un manque d'activité physique peut avoir de lourdes conséquences sur le comportement de l'enfant.
 

Cela peut avoir des conséquences au niveau du sommeil, de l'appétit. Il peut y avoir aussi des conséquences en termes de tonus, c'est-à-dire des enfants qui seront moins toniques, plus fatigués. Ils auront du mal à se concentrer et seront plus irritables et plus agressifs.

Mathilde Robert, psychologue

Pour Juliette et sa maman Lucille, ce sera session danse et trottinette au parc Léo-Lagrange de Reims, en attendant la réouverture du club de sport pour enfants de la fillette.


Un retour des enfants tant attendu

Dans la salle de sport pour enfants de Juliette, Gobabygym à Reims, le silence est lourd. Nicolas Gouvernet, le gérant, a ouvert en février, et il a dû fermer deux fois. Déjà. Deux confinements d'affilée qui pèsent sur les finances et sur le moral. Nicolas Gouvernet attend avec impatience le retour de Juliette et de la centaine d'enfants qui courent habituellement partout dans son club.

"C'est plutôt triste, soupire-t-il, seul au milieu de la salle de motricité. D'habitude, la salle est si vivante avec les enfants ici. On voit les parents qui échangent des instants privilégiés avec leurs enfants et là, d'un coup, la voir vide, c'est sûr que ça fait mal au coeur."

Nicolas Gouvernet, Juliette et sa maman, attendent avec impatience les précisions du gouvernement sur la réouverture des salles de sport pour enfants. Elle serait possible dès le début du mois de décembre.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société confinement sport déconfinement psychologie