Des lampadaires allumés en plein jour dans une rue de Reims, voici pourquoi et ce que vous pouvez faire si vous en voyez

Rue Georges Boussinesq, à Reims (Marne), on pouvait voir des lampadaires allumés en plein jour C'était le jeudi 26 octobre. Ce lundi 30 octobre, la mairie a expliqué le pourquoi de cet éclairage diurne.

L'heure est aux économies d'énergie. Pour la planète, mais aussi pour les factures. Alors, il y a de quoi s'interroger quand, en ville et en plein après-midi, on tombe sur des lampadaires allumés dans la rue Georges Boussinesq. 

À Reims (Marne), ce n'est pas la première fois que ça arrive. L'autorité municipale avait invoqué des travaux de remplacement des luminaires pour qu'ils consomment moins. Monsieur le maire s'était même un peu agacé que la question lui remonte sans cesse, arguant qu'il n'avait aucun intérêt à allumer des lampadaires en plein jour "pour rien".

Le jeudi 26 octobre 2023, à 15h15 exactement, il a pu être constaté que les lampadaires de la rue susmentionnée brillaient comme en pleine nuit. La situation a fait réagir des riverains. France 3 Champagne-Ardenne a contacté la mairie pour en savoir plus

Encore des travaux, et une application pour signaler

Comme la dernière fois, ce sont des "opérations de maintenance" qui ont justifié cet allumage diurne. "Lors d'opérations de dépannage, il s'avère nécessaire de mettre sous tension les installations pour s'assurer de l'efficacité de la réparation."

"L'allumage peut être momentané, mais parfois il s'avère nécessaire de le faire durer pour vérifier la stabilité du bon fonctionnement des équipements dans la durée. La mise sous tension ne peut être isolée au foyer lumineux défaillant traité, ce qui explique la nécessité d'allumer plusieurs voies simultanément." (voir celle concernée sur la carte ci-dessous).

L'occasion d'un petit rappel bien utile. "Pour tout habitant de Reims, deux solutions sont envisageables pour faire cesser un problème en matière d’éclairage public." Pour les urgences, la mairie suggère de "[contacter] la police municipale, en activité 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, au 03 26 77 74 55. Les Rémoises et les Rémois peuvent obtenir l’intervention des agents d’astreinte."

Sinon, "une autre solution a été mise en place récemment. L’application Reims Contact Signalement, un moyen d’entrer en contact direct avec trois directions au total : voirie et éclairage public, propreté urbaine, et espaces verts." Elle a été conçue "pour partager un incident, sa localisation, et être tenu informé de la solution apportée". Voici comment elle fonctionne.

Et au fait, qui était Georges Boussinesq ?

Cette petite affaire est l'occasion d'en apprendre plus sur le monsieur pas très connu mais qui a donné son nom à cette rue. Il existe déjà une rue Boussinesq (sans le Georges) à Montpellier (Hérault), département où il est né en 1886. Mais elle semble baptisée au nom de Joseph Boussinesq, un grand mathématicien lui aussi né à Saint-André-de-Sangonis, près de Lodève (Hérault), et qui a étudié à l'université montpelliéraine.

Revenons à Georges. Arrivé à l'âge de 3 ans à Reims, il ne l'a plus jamais quittée. Se destinant au départ à l'enseignement, il devient finalement l'un des bibliothécaires municipaux de la ville. Licencié d'histoire, devenue sa passion, il est chargé de cataloguer le fonds de la bibliothèque municipale. Il en profite pour étudier des documents inédits l'amenant à passer son diplôme sur la révolution de février 1848 du point de vue rémois, dont il tirera un ouvrage.

Il ne semble pas exister de photographie de lui (peut-être aux archives municipales ?), mais il mesure 1,62 mètre, a les cheveux châtains, et ses yeux sont gris. Sa fiche matricule, éditée lors de son service militaire, nous apprend qu'il vit au 32 de la rue des Telliers, dans l'immeuble dont le rez-de-chaussée est occupé de nos jours par la compagnie d'assurances Axa, en centre-ville.

Il finira par donner des cours sur l'histoire de Reims dans une salle de l'hôtel de ville, en 1914. La même année, le premier conflit mondial éclate et il est mobilisé avec le grade de sergent. Il est tué deux mois après la déclaration de guerre, lorsque les Allemands fondent sur Vailly-sur-Aisne (Aisne, frontalière de la Marne), près du Chemin des Dames. Son corps n'est jamais retrouvé. Il avait 28 ans.