Elections municipales en octobre : qu'en pensent les candidats de Champagne-Ardenne?

Le Premier ministre Edouard Philippe, a évoqué un second tour en octobre au lieu du 22 mars 2020. / © FTV
Le Premier ministre Edouard Philippe, a évoqué un second tour en octobre au lieu du 22 mars 2020. / © FTV

A cause de l'urgence sanitaire lié au coronavirus, le second tour des municipales a été reporté. Le Premier Ministre évoque octobre pour de nouvelles élections. Treize communes de plus de 3.500 habitants sont concernées en Champagne-Ardenne. Qu'en pensent les candidats ? 

Par Nicole Fachet

Des élections municipales chamboulées. La crise du coronavirus a bouleversé les élections municipales. Le 1er tour s'est déroulé le 15 mars 2020. La veille au soir bars et restaurants ont du femer. Deux jours après, le gouvernement imposait le confinement. Dès le 19 mars 2020, une loi Etat d’Urgence était votée. Le second tour des municipales était reporté. Le Premier Ministre a d'abord évoqué le mois de juin, avant d'envisager un report à l'automne.

Morceler une élection, est-ce possible ?

"C'est comme une grande élection partielle" explique Olivier Dupéron, politologue / © Photo Olivier Dupéron pour FTV
"C'est comme une grande élection partielle" explique Olivier Dupéron, politologue / © Photo Olivier Dupéron pour FTV


Olivier Dupéron, politologue, directeur adjoint du Centre de Recherche Droit et Territoire à l'Université de Reims Champagne Ardenne nous explique : « D'un point de vue constitutionnel cela se tient. On peut considérer que c'est une grande élection partielle qui concerne 5000 communes en France, 13 en Champagne-Ardenne de plus de 3500 habitants. »

Seraient concernées les villes dans lesquelles aucune liste ne l'a emportée le 15 mars dernier. Rethel, Revin, Sedan et Givet dans les Ardennes, Bar-Sur-Seine et Sainte-Savine dans l'Aube, Langres et Saint-Dizier en Haute-Marne enfin Ay-Champagne, Suippes, Châlons-en-Champagne, Fagnières et Vitry-Le-François dans la Marne.
 

Faut-il annuler le 1er tour ?

Faut-il organiser un 2ème tour ou reprendre tout à zéro ? Didier Herbillon, maire (DVG) de Sedan dans les Ardennes, arrivé en tête lors du 1er tour, ne se voit pas, quant à lui, repartir en campagne. « Repartir à zéro, refaire campagne, c'est cher et c'est beaucoup d'énergie. Et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose de tirer un coup de crayon sur le 1er tour. Pour ce qui est des élections gagnées au 1er tour, je pense qu'il faut les conserver car ça révèle la tendance, même s'il y a eu beaucoup d'abstention. On a autre chose à faire. A la sortie du confinement, il y aura beaucoup de travail pour relancer l'économie. »

Une pétition pour l'annulation du 1er tour

"Je suis pour la réorganisation des deux tours", Rudy Namur, candidat PS à Châlons-en-Champagne / © Photo Rudy Namur
"Je suis pour la réorganisation des deux tours", Rudy Namur, candidat PS à Châlons-en-Champagne / © Photo Rudy Namur

Une pétition pour l'annulation du 1er tour circule actuellement. Rudy Namur, candidat (PS) à Châlons en Champagne, arrivé en deuxième position d'une quadrangulaire le 15 mars, vient de la signer . « Il faut annuler le 1er tour et organiser un vote dans des conditions sereines avec 70 % de votants et non 70 % d'abstention. Cela favorisera la démocratie locale et donc la légitimité du maire élu ». Pour autant, il considère qu'il serait trop coûteux d'annuler complètement le 1er tour et de réorganiser les élections dans toutes les communes. « Mieux vaut être pragmatique et ne les réorganiser que dans les communes où il n'y a pas eu de vainqueur au 1er tour. »

Pour Olivier Dupéron, il faut tout refaire pour conserver l'unité, la cohérence du scrutin. : « il faut refaire les deux tours, c'est une question de sincérité du vote et du scrutin. Cela n'empêchera sans doute pas des recours devant le conseil constitutionnel mais à mon avis, vu la situation, ils ne seront pas retenus ».

Alors, Juin ou octobre ?


Au départ, il a été question de reporter le second tour en juin. Dans les couloirs du pouvoir, on évoquait la date du 21 juin.
Sophie Delong, maire (SE) de Langres, mise en difficulté au 1er tour où elle n'a fini que 2e derrière la candidate d'Union de la gauche Anne Cardinal (PS) est perplexe. « En tant que maire et médecin je suis cette crise majeure, avec mes équipes et tous les services. Il n'y a plus de place pour la politique politicienne. C'est l'état sanitaire qui commande. On gère l'urgence. Il a fallu mettre en place la continuité des services de la mairie en organisant le télétravail pour protéger les 120 agents, mettre en place une veille juridique. Des ordonnances sont tombées pour donner les pleins pouvoirs aux maires et leur permettre de faire face à la crise, valider les budgets, assurer la sécurité des habitants. Organiser des élections en juin, dans ce contexte, aurait été très compliqué. »
 
" Ce n'est pas le moment de faire de la politique politicienne" pour Sophie Delong, maire de Langres et médecin de formation / © photo Sophie Delong pour FTV
" Ce n'est pas le moment de faire de la politique politicienne" pour Sophie Delong, maire de Langres et médecin de formation / © photo Sophie Delong pour FTV

Ce n'est pas le moment d'engager des polémiques.
- Benoist Apparu, maire sortant de Châlons-en-champagne

Pour Benoist Apparu, le maire sortant (DVD) de Châlons-en-Champagne, arrivé en tête au 1er tour, la question ne se pose même pas. «  Je n'ai pas d'avis sur un report des élections. Juin ou octobre, je ne sais pas, cela dépendra de la situation dans les mois qui viennent. On fera ce qui doit être fait. Il faut avoir l'esprit militaire. Dans ce contexte de crise sanitaire, il y a une chaîne de commandement à laquelle j'obéis. Gérons au mieux la crise ; ce n'est pas le moment d'engager des polémiques ».

Est-ce que les résultats peuvent changer ?

Il faudra redéposer des listes. Peut-être seront-elles différentes. Selon Olivier Dupéron, « cela devrait avantager les maires en place qui auront pu faire la démonstration de leur engagement et de leur dévouement pendant la crise.  Par ailleurs, les candidats auront tous eu une première indication sur le sens du vote, une indication précieuse, mieux que des sondages, qui devrait leur permettre d'ajuster leur campagne et leur programme".

Tous les compteurs seraient remis à zéro. Le vote du 15 mars pourrait être considéré comme un tour de chauffe. Il pourrait profiter aux meilleurs candidats s'ils corrigent leurs erreurs de campagne. Tous les espoirs sont à nouveau permis. Verdict...à la sortie des urnes.





 

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