"Fresque du climat" : des candidats aux législatives 2022 dans la Marne sensibilisés au changement climatique

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Écrit par Matti Faye .

Ce mercredi 1er juin, une quinzaine de candidats aux élections législatives ont participé à Reims et Châlons-en-Champagne à une "fresque du climat", un atelier de sensibilisation au changement climatique. C'est la première fois que ce format est proposé à des futurs élus potentiels.

Plusieurs candidats aux élections législatives rassemblés au même endroit à dix jours du premier tour. On pourrait croire qu'un débat se prépare, mais il n'en est rien. Les différentes personnalités présentes ce mercredi 1er juin ont répondu à l'appel lancé par l'association "La fresque pour le climat" pour participer à un atelier de sensibilisation au changement climatique.

"La fresque du climat, c'est la vulgarisation basée sur des faits scientifiques diffusés dans les rapports du Giec  [le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, ndlr]. Nous voulions vraiment à travers cet événement nous assurer que les candidats avaient tous les faits en main et qu'ils puissent discuter autour des solutions, mais pas discuter des faits scientifiques qui sont connus de tous", précise Dahlia Tagne, l'une des bénévoles de l'association.

L'association propose habituellement son atelier à des étudiants ou à des entreprises. "Faire cette démarche avec des candidats c'est une première. Nous sommes ravis d'organiser cet événement à Reims et à Châlons-en-Champagne. Nous avons réussi à réunir quasiment toutes les sensibilités qui présentent des candidats dans la zone", ajoute la jeune femme, ingénieure de profession. L'initiative est déclinée partout en France à l'occasion de ces élections législatives.

Ce mercredi 1er juin, la "fresque pour le climat" organisée à l'université de Reims a rassemblé aussi bien les députées sortantes Aina Kuric (Horizons) et Valérie Beauvais (Les Républicains), que des candidats de Reconquête, des Patriotes ou encore de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES). Nous n'avons pas pu assister à l'atelier en lui-même qui s'est déroulé à huis-clos. Mais à l'issue de celui-ci, quelques candidats ont pu nous livrer leur ressenti sur ce moment.

"Nous sommes partis du constat de l'activité humaine, par rapport à l'industrie, à l'agriculture, l'émission de gaz à effet de serre et les conséquences qui en découlent, que ce soit le réchauffement de l'eau, le réchauffement de l'air, les difficultés au niveau de biodiversité marine ou terrestre. Tout cela pour en arriver aux actions qu'on peut mettre en place pour faire évoluer les choses", précise Sonia D'Orgeville, candidate pour Écologie au centre dans la troisième circonscription de la Marne. "Tout s'est déroulé dans la bienveillance et je pense que ça a vraiment intéressé tout le monde."

"Une prise de conscience qui n'est pas complète"

"On le sait tous, le dérèglement climatique est surtout lié à l'activité humaine. Mais lorsqu'on le visualise avec des cartes, on se rend compte que c'est d'une importance accrue au final", indique Corentin Dejoie, jeune candidat investi par Les Patriotes, le parti de Florian Philippot, dans la première circonscription de la Marne. "Ça nous permet de bien situer les relations de cause à effet, de se faire un ordre chronologique des étapes […] C'est un moment de partage en quelque sorte avec les autres candidats. C'est différent des plateaux où on est censé se taper dessus."

"S'adresser aux futurs élus, c'est très important. Parce qu'il y a une prise de conscience, même au niveau des élus, qui n'est pas complète. Même si on prend conscience, il y a des causes et des conséquences qu'il faut voir écrites, dans leurs implications et leurs ordres de grandeur pour bien les intégrer pour ensuite appliquer des politiques efficaces", détaille de son côté Évelyne Bourgoin, qui représente la NUPES dans la première circonscription de la Marne. "Le gouvernement français a été condamné par deux fois pour inaction climatique. Ça veut dire qu'on n'a pas pris la mesure de l'importance des décisions à prendre pour arriver à la neutralité carbone en 2050."

"Que ce soit les étudiants, les élus, les entrepreneurs, les agriculteurs, tout le monde est concerné par les enjeux climatiques. Ça n'appartient pas à une classe politique, cela appartient vraiment à toutes les affiliations politiques", remarque Florian Benadassi, candidat pour Reconquête ! dans la première circonscription de la Marne. "On est d'accord sur le constat pour la plupart. Les choses sur lesquelles on diverge, c'est sur les solutions."

L'université de Reims n'était pas à l'initiative de l'événement, elle n'en était que le lieu d'accueil. Mais Jean-Francis Ory, le doyen de la faculté de sciences économiques sociales et de gestion, est convaincu de l'utilité de ce format, qui a d'ailleurs été proposé à plusieurs centaines d'étudiants il y a quelques semaines à peine. "On voit bien que ces candidats ont tous des choses à apprendre. On sait tous des petits morceaux mais on ne fait pas par exemple les liens de causalité entre la présence de l'homme sur terre et les dérèglements climatiques", explique-t-il. 

Je suis vraiment heureux d'accueillir des candidats et les élus, parce que je pense que c'est notre rôle. On forme des jeunes mais aussi tout le monde. On est le lieu de la connaissance et de la construction de la connaissance. Le faire à l'université appuie la légitimité de ces enjeux-là.

Jean-Francis Ory, doyen de la faculté

"On valide le fait que c'est scientifique, c'est universitaire. Ce qu'on dit ici, ce ne sont pas des propos du café du commerce. Le rapport du Giec c'est du sérieux et ce jeu est un jeu sérieux […] J'espère qu'ils en feront bon usage s'ils sont élus, parce que je compte sur eux pour agir au plus haut niveau", conclut Jean-Francis Ory.

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