INTERVIEW. Parcoursup : ce qu'il faut savoir sur son fonctionnement

Opacité, algorithme énigmatique, la plateforme Parcoursup n’a cessé d’être critiquée depuis sa création en 2018. En cette fin mai 2021, l’heure des choix, la cheffe du service académique d'information et d'orientation de l'académie de Reims se veut rassurante.

Le Rectorat à Reims
Le Rectorat à Reims © France Télévisions

Ils sont près de 16.000 à scruter leur écran cette année dans l'académie de Reims. Les lycéens et autres candidats qui ont déposé leur dossier sur la plateforme Parcoursup ont reçu leurs premiers résultats jeudi 27 mai à 19 heures. Entre le stress de l'orientation, la crise sanitaire et la réforme du baccalauréat... cette année, les candidats doivent affronter un contexte particulièrement anxiogène. France 3 Champagne-Ardenne fait le point avec Yoril Baudoin, cheffe du service académique d'information et d'orientation de l'académie de Reims, sur cette première phase de propositions d'admissions.

France 3 Champagne-Ardenne : Comment s'est déroulée cette première phase d'admission ?

Yoril Baudoin : Nous sommes sur une tendance positive depuis l'année dernière. Nous avons eu 57 sollicitations de la part d'élèves inscrits sur Parcoursup ou de parents d'élèves, ce qui est un bon ratio pour le moment. Mais nous ferons le bilan définitif à la fin de la phase d'admission.

Les élèves ont jusqu'au 31 mai pour les premières propositions d'admission. Les jeunes qui ont reçu dans leur dossier des propositions jeudi soir doivent les valider avant lundi à minuit. On sait qu'à partir du 1er juin cela va encore évoluer favorablement. Certains candidats ont reçu jusqu'à 10 propositions d'admissions, au regard de la qualité de leur dossier. Et ils ont jusqu'au 31 au soir pour valider leur choix.

C'est une nouveauté pour éviter le stress des candidats : la phase de proposition d'admission et les délais pour y répondre sont réduits. Cela va permettre de faire des propositions plus rapidement à un plus grand nombre de candidats. C'est l'un des enseignements que nous avons tiré des années précédentes.

Les syndicats d'enseignants reprochent à la plateforme son manque de transparence concernant les critères d'admission et de classement. Est-ce que ces critères ont été modifiés cette année ?

C'est un thème qui revient de façon récurrente. Évidemment, la plateforme a tout intérêt à ce que les critères soient extrêmement transparents, ce qui est le cas. Sur les fiches de chaque formation, les critères d'examen des vœux sont mis à la disposition de tout le monde.

Un deuxième point important, c'est que les formations doivent élaborer un rapport public qui, à l'issue des opérations d'admission, doit être rendu public sur la plateforme. Les critères sont donc portés à la connaissance de chacun.

Le troisième point que nous portons à l'attention des candidats, c'est qu'ils sont tout à fait autorisés à se rapprocher des établissements pour leur demander les raisons pour lesquelles ils ont été refusés. Cela fait partie de la charte de Parcoursup.

Pourtant, de nombreux enseignants constatent que certains critères restent toujours opaques…

Depuis 2018, la transparence sur la plateforme s'est considérablement améliorée. Chaque formation affiche clairement ses examens des vœux. Il n'y a aucune pièce complémentaire qui peut être demandée au candidat si elle n'avait pas été portée à sa connaissance sur la fiche de la formation.

Mais à 17 ans, avec le bac en pleine mutation dans trois semaines, la crise sanitaire… dans ce contexte, certains enseignants craignent que leurs élèves ne fassent pas un choix éclairé.

On ne peut pas nier que la crise sanitaire a généré un stress particulier sur ces élèves. Cependant, il faut se rappeler que ce n'est pas parce qu'il y a eu du distanciel qu'ils n'ont pas eu classe. Ils ont été très suivis par leurs professeurs principaux, par les psychologues de l'éducation nationale, par les CIO (centres d'information et d'orientation) et par la plateforme Parcoursup. Beaucoup de tutos vidéos ont été créés, ainsi que des Live, des Chats qui ont été très suivis par les jeunes.

Avez-vous constaté des conséquences particulières par rapport à cette année de crise sanitaire sur les vœux des élèves ?

On observe une tendance de fond qui était déjà présente l'année dernière, et même avant la crise sanitaire. Les jeunes plébiscitent certains types de formation, comme celles en lien avec le médico-social, comme les Ifsi (Instituts de formation en soins infirmiers) qui ont vraiment le vent en poupe.

Concernant les candidats, ils ne sont pas moins nombreux sur la plateforme. Ils se sont connecté et ont formulé autant de vœux que les années précédentes. Nous n'avons pas constaté de comportement délétère de la part de ces jeunes, qui gardent la même confiance dans l'avenir et leur envie de poursuivre leurs études. J'aurais même tendance à dire que les bacheliers professionnels se tournent davantage vers des poursuites d'études à Bac+2 qu'antérieurement.

 

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