Marne: une série d'incendies volontaires dans des jardins familiaux à Reims, "ceux qui ont fait ça voulaient vraiment nuire"

Publié le Mis à jour le

Dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 juin 2022, plusieurs incendies ont été signalés dans les jardins familiaux dont s'occupe une association du quartier du Maroc à Reims. Les dégâts sont nombreux. Une plainte a été déposée.

C'est un spectacle de désolation qui s'étend devant les yeux de Slimane. Appelé dans la nuit, il est venu aux premières heures de la journée samedi 24 juin 2022 pour constater les dégâts de ses propres yeux. 

Dans leur jardin partagé, sept cabanons ont été touchés par un incendie volontaire. Tous les outils sont détruits, les chaises fondues par la chaleur, les taules déformées. Parmi les petites maisons, quatre ne sont plus que ruines. Le vice-président du jardin du Maroc à Reims est amer : "Je suis ici depuis 1984 mais c’est la première fois que je vois ça. L’année dernière ils avaient déjà brûlé une baraque avec véranda mais là ça fait mal au cœur. Il n’y a jamais eu autant de dégâts, ça me dégoute de voir le jardin comme ça" soupire Slimane Boumouara. 

Le feu a été signalé par des passants dans la nuit de vendredi à samedi à 4h38 du matin. Quatre cabanons sont incendiés se déployant et endommageant sept abris au total. Les flammes ont pu être maîtrisées rapidement grâce aux pompiers de la caserne de Reims intervenus une deuxième fois le samedi à 10h pour éteindre définitivement une reprise de feu. Mais les dommages matériels et financiers sont lourds.

Slimane Boumouara détaille: "En plus des quatre baraques brûlées qui doivent coûter dans les 3.000 euros chacun, la pompe à eau de 1.000 litres est complètement détruite. Pour réparer tout ça va coûter cher. On va déposer plainte". 

Une volonté de nuire et de détruire

Depuis son existence, le lieu est régulièrement confronté à des petites incivilités. Dans ce jardin de 64 parcelles loué à la ville de Reims, tout est accessible et rarement verrouillé. Quelques petits vols de légumes ou des grillages parfois forcés mais jamais un cas comme celui survenu ce week-end. Un acte à l'opposé des valeurs prônées par les jardins familiaux: un lieu de partage où l'on met les mains dans la terre autant que l'on discute autour d'un verre.

Membre de l'association depuis 1998, Boujamaa El Yousfi peine à cacher son énervement face aux destructions. "Nous parfois on part tard du jardin mais on ne peut pas rester toute la nuit pour surveiller. Ceux qui ont fait ça voulait vraiment nuire. Ces gens en ont rien à foutre, c’est trop facile. Hier on était choqué, on encaisse. Les gens n'ont aucune conscience du mal qu’ils font aux autres."

Seule consolation, les fruits et légumes et diverses récoltes dans les jardins n'ont pas été endommagés. En attendant les suites judiciaires, les jardiniers veulent remettre en état le site le plus vite possible et espèrent une aide de la mairie. 

Pour Slimane, très engagé dans la vie de quartier c'est une question de survie puisqu'il confie, "mon jardin c'est ma santé. Sans ça, je suis foutu".