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Reims : après 57 ans de carrière, l'ébéniste René Van de Putte prend sa retraite

L'ébéniste René Van de Putte prend sa retraite et vend son atelier, créé en 1908. / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne
L'ébéniste René Van de Putte prend sa retraite et vend son atelier, créé en 1908. / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne

A 74 ans, l'ébéniste rémois René Van de Putte prend sa retraite. C'est avec beaucoup de regret qu'il vend cet atelier créé en 1920. 

Par Flore Caron

C’est avec « un pincement au cœur » que René Van de Putte rentre dans son atelier. L’ébéniste de 74 ans a décidé d’arrêter son activité, non sans une pointe de nostalgie. « Le temps passe tellement vite », dit-il, ému, encore vêtu de son tablier. « J’appréhende le changement de vie ». 

L’atelier de la cours Anatole France à Reims est en train de se vider. Il vient d’être vendu et va être transformé en bureau d’architecte mais « ce n’est pas de gaîté de cœur », selon les mots du septuagénaire. Cela fait bien longtemps qu’il accueillait des travailleurs du bois et le regret de René est de n’avoir pas pu le céder à un jeune ébéniste. Il en a pourtant formé plusieurs mais « aucun ne veut prendre cette responsabilité », explique-t-il.

L’entreprise a été créée en 1908 et l’atelier construit après la première guerre mondiale en 1920. Trois ébénistes s’y sont succédés respectant à chaque fois le même schéma : un des employés finissait par reprendre l’affaire de son patron. Jusqu'à aujourd'hui...


Donner une seconde vie aux outils

Dans son grenier, René détient encore un grand stock de bois : « de belles essences » comme il dit. Noyer, merisier … Des bois qu’il gardait surtout pour le « plaisir » car sa tâche consistait avant tout à rénover et non à construire « à part des bricoles ». A présent, ces pièces vont être dispersées. René voudrait les donner : « Il y a des gens qui ne demandent pas mieux », explique-t-il, en pensant notamment aux écoles et aux formations. Le reste sera dispersé chez lui et chez des collègues.
 
L'atelier conserve un stock de bois de "belles essences" et des outils datant du début du XXe siècle / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne
L'atelier conserve un stock de bois de "belles essences" et des outils datant du début du XXe siècle / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne


L’atelier conserve également des petits trésors : des outils qui appartenaient au premier ébéniste. Ils ne servent plus car, en cent ans, les techniques ont eu le temps d’évoluer mais René y tient beaucoup. Il pense les donner à La maison de l’outil et de la pensée ouvrière de Troyes : une manière de rendre hommage à la profession mais aussi aux ébénistes d’antan. La plupart du temps, l’ébéniste travaille dans le cadre de successions : des héritiers qui tiennent à rénover les beaux meubles qui appartenaient à leurs aïeuls. La satisfaction du client a toujours été primordiale pour lui : « Quand il sont content, je suis très bien », raconte-t-il, humblement.
 

La passion d’une vie  

« Mon père et mon frère travaillaient le bois », se souvient René « Petit, j’étais déjà dans et ambiance là ». C’est donc « par instinct » qu’il décide de faire une formation d’ébéniste. En 1962, il rentre dans l’atelier de la cour Anatole France en tems qu’employé. A l’époque, il a 17 ans.

« J’ai travaillé avec beaucoup de plaisir », raconte-t-il même s’il admet que ce n’était pas toujours simple « Parfois il fallait travailler beaucoup pour réussir à gagner sa vie ».
Est-il toujours aussi passionné que lorsqu’il avait 17 ans ? « Oui. On ne se lasse pas », dit-il. « C’est un métier dont on ne fait jamais le tour ». D’ailleurs, l’ébéniste n’a pas tout à fait dit son dernier mot. Il a encore « trop de commandes à honorer ». Il se peut que dans son atelier personnel, chez lui, les bruits de rabots résonnent encore un petit moment.
 

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