Reims : l'automobiliste qui avait tué un piéton et pris la fuite, en septembre, condamné à deux ans de prison ferme

L'affaire a été jugé par le tribunal correctionnelle de Reims, ce mardi 22 octobre 2019. L'accident s'est produit rue Jacquart à Reims. / © Google maps, capture d'écran.
L'affaire a été jugé par le tribunal correctionnelle de Reims, ce mardi 22 octobre 2019. L'accident s'est produit rue Jacquart à Reims. / © Google maps, capture d'écran.

Un mois et demi après l'accident qui avait causé la mort de Philippe Femel, directeur de deux maisons de Champagne, à Reims, le 5 septembre dernier, l'automobiliste a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis ce mardi 22 octobre.

Par Marc Schmitt

Le 5 septembre dernier, Philippe Femel, directeur général des champagnes Chanoine Frères et Tsarine, trouvait la mort après avoir été percuté par une voiture à l'angle des rue Jacquart et Béthléem à Reims. Agé de 66 ans et projeté à 24 mètres au moment du choc, il était décédé des suites de ses blessures. L'automobiliste, lui, avait pris la fuite avant de se rendre à la police de Bétheny. 
 

Maintien en détention

Le chauffeur a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis par le tribunal correctionnelle de Reims ce mardi 22 octobre et est maintenu en détention. Il a également interdiction de repasser son permis pendant une durée de cinq ans. Le procureur de la République de son côté avait requis trois ans de prison, dont 18 mois de sursis et maintien en détention.
 

L'automobiliste, Angel, 21 ans, est père d'un enfant de trois ans et réside dans la Marne. Il travaille dans une société d'exploitation forestière gérée par son père. Arrivé de Roumanie en France il y a sept ans, il est aidé d'un interprête. Sur les lieux de l'accident, aucune trace de freinage n'a été relevée et des témoignages mettent en avant la vitesse excessive de la voiture. "Je suis désolé de ce qu'il s'est passé, je demande pardon à la famille", bredouille-t-il. 

"Il y avait peu de circulation, comment ne l'avez-vous pas vu ?", interroge le président du tribunal, Pierre Creton.

"Le piéton est sorti de nulle part, je ne l'ai pas vu."

"Les seuls véhicules dont il aurait pu sortir, ce sont ceux en stationnement…", continue le président.

"Il y avait un véhicule qui venait de prendre le virage à cet endroit-là."

"C'est une ligne droite…"

"Il sortait de l'arrière du véhicule, je ne l'ai pas vu."

"L'impact sur votre véhicule se situe côté passager. Au moment où vous le percutez, il a quasiment fini de traverser la route."

"Quand j'ai vu qu'il était sorti comme ça, soudainement, j'ai donné un coup de volant vers la gauche, c'est pour ça que je le tape à cet endroit."

C'est la première fois que j'avais un accident, j'étais effrayé. Il y avait des gens, j'avais peur d'eux aussi.
- Angel, 21 ans, au volant de la voiture au momet de l'accident

Jamais condamné, l'homme a néanmoins fait l'objet de deux excès de vitesse en 2018 ce qui lui a valu un retrait de permis de deux mois. Entre-temps, en juin 2018, il avait également fait une demande de changement de son permis de conduire roumain en permis de conduire français. Mais, n'ayant pas fourni le certificat médical demandé, il n'avait pas le droit de conduire en France.

 

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