Reims : pourquoi la grève "sans précédent" dans les transports urbains du réseau Citura pourrait être longue

De grosses perturbations sont annoncées dès ce vendredi pour les usagers des bus et trams de Reims. L’intersyndicale CGT, UGICT-CGT et Solidaires des transports urbains rémois a déposé un préavis de grève reconductible du vendredi 17 septembre au 1er janvier 2022.

En raison d’un mouvement social, le réseau de transports urbains de Reims sera fortement perturbé à partir du vendredi 17 septembre par une grève reconductible jusqu’au 1er janvier 2022. C’est une grève sans précédent par son taux de participation qui est déjà annoncée sur le réseau des transports urbains de la 12e ville de France. "On s'attend à une grande mobilisation des salariés", estime Jérôme Briot, porte-parole de l'intersyndicale CGT, CGT-Ugict et Solidaires. 

Dans les faits, c'est pour le moment la journée du 17 septembre qui sera un jour de grève pour les salariés de la Citura à l'issue de l'assemblée générale qui se déroulera vendredi matin. La grève suivante devrait correspondre avec la journée de manifestations interprofessionnelles le 5 octobre prochain et la tenue du conseil communautaire de Grand-Reims à la mi-novembre.

Un jour de grève par mois

Un jour de grève par mois, en tout cas jusqu’en décembre, c’est l’orientation que semblent privilégier les syndicats.  

 

La résiliation du contrat met le feu aux poudres

Le feu qui couvait s’est embrasé le 2 septembre 2021. Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, annonce alors la résiliation du contrat entre la communauté urbaine avec MARS, (mobilité agglomération rémoise) concessionnaire du réseau. C’est un cataclysme pour les salariés de Transdev Reims, l’exploitant du réseau de transports urbains Citura, lorsqu’ils apprennent la nouvelle. Ils ne s’y attendaient pas et c’est en découvrant une offre d'emploi qu’ils prennent connaissance des faits.

"Privatiser le réseau des transports urbains nous met fortement en colère parce que derrière il y a des décisions qui vont être prises pour l'avenir des salariés" , explique Jérôme Briot, porte-parole de l'intersyndicale CGT, CGT-Ugict et Solidaires.

La mobilisation pourrait être très importante. Parmi les 550 salariés et 400 chauffeurs, près de 90 % feraient grève selon Jérôme Briot. "Dans l'entreprise il y a un taux de syndicalisation très élevé et des syndicats très écoutés". Chez certains personnels le taux de grévistes atteint les 100 %.

Un vendredi noir

Marie Baqili, conductrice de bus veut des réponses. "Nous craignons pour nos conditions de travail et nous voulons savoir qui va nous reprendre", précise-elle. C'est la première fois qu'elle voit autant de grévistes. "J'espère que nous serons entendus et que la grève sera la plus courte possible". Même si elle est en colère, elle reste confiante et pense à la "clientèle qui s'inquiète déjà".

La direction de la Citura s'attend elle aussi à de fortes perturbations du réseau. "Nous partons sur un service minimum, avec des moyens mis sur les lignes principales du réseau 1 à 5, les lignes régulières à vocation scolaire circuleront, mais le tramways sera à l'arrêt avec des bus de substitution" précise Leila Garnier, directrice générale de Transdev Reims, exploitant du réseau de transports urbains Citura. 

Le lignes à vocation scolaires circuleront.

Leila Garnier, directrice générale de Transdev Reims

La journée de vendredi est donc d’ores et déjà qualifiée de journée “noire” sur l’ensemble de l'agglomération rémoise. Le réseau bus-tram-tad Citura sera dès vendredi perturbé pour la première journée d’action. Les usagers qui empruntent les différentes lignes devront s’armer de patience et même trouver des solutions de substitution pour leurs déplacements. Car certains bus ne circuleront tout simplement pas.

Si certains vont privilégier la marche à pied ou le vélo, d’autres vont prendre leur voiture. La circulation sur les axes routiers rémois risque donc elle aussi d’être fortement perturbée. En cette veille de grève dans les transports, certains anticipent déjà leurs déplacements. “Je vais devoir trouver un autre moyen de transport pour me rendre à la gare de Reims. Comme j’ai des bagages je ne peux pas y aller à pied ou en vélo. J’ai anticipé la grève et j’ai déjà réservé mon taxi en amont” explique cette usagée des transports en commun.

Anticiper ses déplacements

Un vendredi qui coïncide avec les départs en week-end et concerne un plus grand nombre d’usagers devant rejoindre les gares pour rentrer chez eux. C’est le cas des étudiants.

Aux abords de l’IUT de Reims, l’inquiétude grandit. Pauline et Esther doivent se rendre à Paris par le train, mais difficile de rejoindre la gare sans bus. “Nous avons décidé d’utiliser un Uber et de nous partager le montant de la course” précisent les deux étudiantes qui seront chargées de bagages. Romain devait traverser Reims pour se rendre à un entretien pour un stage, il a déjà repoussé le rendez-vous nous explique-t-il.

Je devrais passer mon permis pour me déplacer comme je veux.

Alya, étudiante

Chez certains usagers, c’est déjà l’inquiétude. Les logements ou résidences universitaires sont parfois à une heure à pied des campus. C’est le cas pour Alya. “Les deux bus que je prends pour aller à l’université ne passeront pas. A pied cela fait plus d’une demi- heure de marche, cela va être un peu long” explique-elle.

La jeune femme habite le quartier de Murigny et fréquente le campus de Croix-Rouge. “Si ça dure, ça va vraiment être très compliqué et je n’ai pas vraiment de solution car quoiqu’il arrive, mes parents travaillent et ne pourront pas me déposer”. Si elle regrette de ne pas avoir déjà son permis, elle envisage aussi de ne pas suivre tous les cours. Marcher ou louer un vélo, elle y pense aussi. 

 

Si les étudiants sont impactés, les salariés aussi. Sophie doit déposer sa fille à la crèche “je vais devoir prendre la voiture pour déposer mon enfant, le souci, il n’y a jamais de place pour se garer dans la rue, nous partirons plus tôt” explique-t-elle.

 

Des solutions de substitution

Si certains ne vont pas s’organiser en amont et voir le jour même comment cela se passe, pour d’autres c’est déjà la galère. Hugo et Lou n’étaient pas inquiets jusqu’à ce qu’ils comprennent que la circulation en voiture sera fortement ralentie ce vendredi. “On va à notre établissement à pied par contre demain soir on va traverser tout Reims pour aller jusqu’à l'avenue de Laon ” s’inquiètent-ils. Rebelote la semaine prochaine “nous devrons marcher à pied, trente minutes de la gare de Reims jusqu’à notre établissement” ajoutent les deux étudiants.


 

Ca va être un peu compliqué.

Hugo et Lou

Parmi les solutions de substitution envisageables, vous pouvez choisir le covoiturage. Blablacar daily est une application qui propose des covoiturage au quotidien, ville par ville. Pas de souci, si vous possédez votre propre vélo. Si vous l'utilisez déjà pour vos déplacement c’est impeccable, s'il est remisé au garage, il va reprendre du service. Cel est aussi valable pour votre trottinette ou vos rollers pour les plus sportifs.

Si vous n’en possédez pas, sachez qu’il existe un service de vélo en libre service sur la ville de Reims. 25 stations et 120 vélos électriques sont disponibles dans l'agglomération rémoise. Ce service est géré par la société Champagne Parc Auto. Il vous faudra télécharger l’application Zébullo.

Si vous décidez d’utiliser votre voiture, anticipez votre temps de trajet, vous serez nombreux à circuler dans l’agglomération rémoise.

 

La durée de la grève inquiète

Si les panneaux dans les bus et tram indiquent une longue période de grève, c’est uniquement pour la journée du vendredi 17 septembre que le préavis est établi. Dans les bus cet affichage est néanmoins ambigu pour le commun des mortels. Il indique la période du 17 septembre au 1er janvier.

Ne pas savoir jusqu’à quand ça va durer. C’est l'appréhension d’Elodie, à la recherche d’un emploi. “Je vais regarder si les bus passent demain ou pas et sinon j’irai à pied car je suis à 15 minutes. Ce qui m’inquiète le plus c’est pas une journée, c’est la durée de la grève et son intensité parce qu’en transport en commun on fait facilement 45 mn de bus pour aller dans les centres commerciaux et autres qui posera problème” ajoute-t-elle.

 

En pratique uniquement pour vendredi

Les lignes 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 30, 40, N et C ne circuleront pas

Les lignes 1, 2, 3, 4 et 5 circuleront toutes les 45 à 60 minutes.

Les lignes 13, 14, 15 16, 17 et 18 circuleront normalement

Les tram A et B ne circuleront pas, mais remplacés par trois bus de substitution (un toutes les quatre minutes)

Citura circulera de 6 h à 20 h. La boutique Citura située rue de Chanzy sera fermée.


Nous avons mis en place une carte interactive qui vous indiquera l'état des perturbations dans les bus et le tram pour la journée du vendredi 17 septembre.

 

Vous pourrez donc trouver des information en direct sur le site de la Citura ou via le numéro vert mis en place “Allo Citura) 0 800 003 038

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
transports en commun économie transports grève social