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Reims : Nicolas Bibaut en finale de la Coupe de France des fleuristes

Nicolas Bibaut (à droite sur la photo) et son apprenti Raphaël dans le magasin de fleurs rémois. / © I. Forboteaux / France 3 Champagne-Ardenne
Nicolas Bibaut (à droite sur la photo) et son apprenti Raphaël dans le magasin de fleurs rémois. / © I. Forboteaux / France 3 Champagne-Ardenne

Il pratique depuis 20 ans. Nicolas Bibaut, fleuriste à Reims ne se destinait pas du tout à ce métier. Sa rencontre avec les fleurs a été une révélation. Du 5 au 8 octobre, il est en finale de la coupe de France des fleuristes, le concours le plus important de la profession.
 

Par Isabelle Forboteaux

Dans son magasin de la rue Jean-Jaurès à Reims, Nicolas Bibaut et Raphaël Da Silva "sa petite main" travaillent dur pour être prêts. Une corde dans la main, des perles roses posées face à lui et quelques Immortelles, Nicolas finalise le montage d'une des épreuves de la coupe de France. "Nous avons un lustre à réaliser, de deux mètres sur trois. Le thème de toute la coupe de France est La Renaissance avec Léonard de Vinci et je me suis inspiré d'une de ces inventions l'hélice volante pour mettre en place cette épreuve", explique Nicolas. Déjà plus de 50 heures de travail. Une épreuve préparée en amont qui devra être prête à monter en 1 heure sur place à Tour le 5 octobre. La coupe de France s'y déroulera jusqu'au 8 octobre avec au total neuf épreuves.

La révélation

Nicolas Bibaut, originaire de l'Aisne, arrive à Reims tout juste après avoir décroché son bac. Son oncle et sa tante l'héberge. Nicolas est entré à l'université pour préparer son Deug puis sa licence de mathématiques. Pour rendre service, il donne un coup de main à ses hôtes. Son oncle et sa tante sont fleuristes et leur magasin est juste en dessous de l'appartement. "Un jour ma tante me dit : essaye de piquer 2-3 fleurs dans la mousse comme moi. Je l'ai fait, puis tout seul j'ai réalisé une, puis deux compositions sans aucune aide. Ma tante m'a dit : mais ce n'est pas possible ce n'est pas toi qui a fait cela ! "

Ce fut une révélation et au grand dam de ma mère j'ai décidé d'arrêter mes études à l'université.
- Nicolas Bibaut, fleuriste à Reims

C'est le début d'une nouvelle orientation pour Nicolas. Très vite il s'inscrit à Châlons-en-Champagne pour obtenir son CAP de fleuriste. Il part ensuite à Versailles pour son brevet professionnel avant de finaliser le tout par un brevet de maîtrise d'art floral à Reims.

La transmission

En quatre ans, le jeune garçon décroche tous ces titres. Son oncle et sa tante l'embauchent mais lui laissent l'opportunité de participer à de nombreux concours. Nicolas Bibaut remporte au niveau départemental et régional les Oscars des jeunes fleuristes, Les Olympiade des métiers et la Coupe Espoir Interflora et se qualifie pour les finales nationales où il échoue.

"Cela m'a vraiment apporté beaucoup de technique. Cela s'est toujours bien passé et on apprend toujours beaucoup les uns des autres".
Nicolas Bibaut est également contacté par le rectorat et devient conseiller en enseignement technologique. Pendant 10 ans il aide à l'enseignement des futurs fleuristes et est président du jury des CAP et brevet professionnel. "C'était très enrichissant d'être au contact des jeunes. C'est très important de transmettre. Rien ne s'apprend dans les livres dans ce métier".
Cette pièce a été réalisée par Nicolas Bibaut lors du passage du brevet de maîtrise en 2018. / © N. Bibaut
Cette pièce a été réalisée par Nicolas Bibaut lors du passage du brevet de maîtrise en 2018. / © N. Bibaut


Du bouquet à l'art

Depuis 11 ans, Nicolas Bibaut a repris l'entreprise familiale. Devenir chef d'entreprise n'était pas son rêve absolu, mais ce fut un nouveau virage. Une étape franchie finalement avec bonheur. En 2018 il décide de reprendre le chemin des études et de repasser le brevet de maitrise. Un brevet qui comporte une partie de technique pure qui n'existait pas avant. Pendant une année, il réalise des créations monumentales, s'exerce aux décors floraux et travaille avec Jacques Castagné, fleuriste meilleur ouvrier de France. Nicolas fait partie des 2 candidats sur les 10 à valider ce nouveau brevet de maîtrise. Et motivé à bloc, il décide, dans la foulée, de participer à la Coupe de France.

Je veux montrer au grand public que fleuriste ce n'est pas que faire des bouquets dans une boutique. C'est aussi créer, montrer le côté artistique de notre métier. Nous sommes-là dans l'imagination florale.
-Nicolas Bibaut, fleuriste à Reims

Du 5 au 8 octobre, pour la Coupe de France à Tour, Nicolas et son apprenti Raphaël seront face aux 10 autres candidats. Tous seront en piste pour neuf épreuves. Nicolas Bibaut sait déjà qu'à très court terme il se destinera uniquement à la création de décors floraux. "Je voudrais faire du grand décors à l'étranger". Le gagnant de la Coupe de France sera qualifié pour la coupe du Monde. Un autre rêve pour le fleuriste rémois.
 

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