Reims : pas d'eau et soleil de plomb au camp Saint-John Perse, "des réfugiés vont mourir" selon le collectif Sövkipeu

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Écrit par Vincent Ballester .

Plus de 50 personnes réfugiées sont présentes au camp Saint-John Perse, à Reims (Marne). Le collectif Sövkipeu appelle les autorités à réagir alors qu'elles manquent "d'eau, de nourriture, et de couches".

Des personnes du monde entier sont réfugiées dans l'enceinte du parc Saint-John Perse de Reims (Marne). Elles sont actuellement entre 50 et 70, venues en parties d'Europe de l'Est.

Pour le collectif Sövkipeu, qui tente de les aider, la situation du camp n'est plus possible. Les bénévoles demandent donc de l'aide sur les réseaux sociaux, et appellent les autorités (mairie comme préfecture) à prendre leurs responsabilités. 

Le parc est situé dans le quartier Croix-Rouge. Il a ouvert en 2016, et continue d'être surpeuplé par intermittence malgré les démantèlements (voir la localisation sur la carte ci-dessous).


"Vous avez 30 tentes pour 70 personnes qui n'ont pas à boire et à manger", explique Fabien Tarrit, l'un des bénévoles, auprès de France 3 Champagne-Ardenne. "Ces gens n'ont pas de couches ni de lait alors qu'il y a énormément d'enfants, dont des tout-petits. Il n'y a pas non plus d'eau et de toilettes. Voilà la situation." Qui est donc critique.

"On a interpellé la mairie, avec la pétition d'Alain Fournier le mois dernier." Mais la réponse d'Arnaud Robinet n'a pas amélioré la situation. "Cette situation est intenable. On a des malades, dont deux personnes en chimio." Le collectif appelle "au respect de la loi : ne pas laisser des personnes en détresse".

"Refugiés, pas délinquants"


Le bénévole de Sövkipeu fait un constat glaçant. "Si les autorités continuent à nous envoyer paître, elles vont laisser mourir des gens. Elles seraient criminelles, en plus d'être complices des passeurs. Car elles accusent ces personnes d'être issues de filières de passeurs, alors que les passeurs font payer de plus en plus cher à mesure que le passage des frontières est rendu plus difficile par ces mêmes autorités."

"On parle de personnes qui ne sont pas des délinquants. Elles sont, dans leur quasi-totalité, en demande d'asile et ont droit à un hébergement. Ce à quoi se refusent la mairie et la préfecture, comme elles devraient pourtant le faire conformément à la loi. Ces personnes ont risqué leur vie pour quitter leur pays et ne peuvent pas y retourner. Elles ont suivi la procédure, et cela prendra le temps qu'il faudra. En attendant, elles ont le droit d'être accueillies dans des conditions suffisamment correctes pour que la procédure se passe bien."  

Depuis le début du printemps, il y a en effet bien moins de places disponibles dans les hébergements d'urgence, et les vacances d'été contribuent encore à réduire l'offre disponible. "Ce n'est pas parce qu'on n'est pas en hiver que ce n'est pas dangereux de ne pas avoir d'abri. Le soir du 11 août, des gens menaçants sont venus frapper sur les tentes, ce qui a empêché les personnes que nous accueillons de dormir pendant toute la nuit."

Déjà, pendant l'hiver, les personnes réfugiées à Saint-John Perse avaient besoin de bois pour ne pas mourir de froid. La solidarité est toujours de mise, par exemple en amenant à manger, des couches ou du lait, ou même en venant prendre des nouvelles et s'enquérir de la situation; tous les coups de main sont bienvenus. 

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