Reims : un chirurgien mis en examen après deux morts, une quarantaine de dossiers font l'objet d'une enquête

Un ancien chirurgien de l’Institut Jean-Godinot à Reims a été mis en examen pour homicide involontaire. Les investigations se poursuivent pour des opérations effectuées entre 2017 et 2020. Deux patients sont morts. Le praticien est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer. 

A Reims, un ancien chirurgien de l’Institut Godinot est mis en examen pour homicide involontaire.
A Reims, un ancien chirurgien de l’Institut Godinot est mis en examen pour homicide involontaire. © France 3 Champagne-Ardenne - FTV

Il y a quelques jours dans son édition du 28 mai 2021 le journal l'Union révélait la mise en examen d'un ancien chirurgien de l’institut de cancérologie Godinot de Reims. Ce spécialiste en chirurgie viscérale est poursuivi pour homicide involontaire. 

Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette apporte ce jour - dans un communiqué de presse - des précisions sur cette affaire, tout en rappelant le respect de la présomption d'innocence. Il a confié en janvier 2021 une enquête préliminaire à l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique des chefs de blessures involontaires, homicides involontaires et mise en danger de la vie d’autrui, à la suite de la dénonciation d’erreurs médicales multiples ayant occasionné des blessures ou des mutilations pour trois patients, et le décès de deux patients lors d’opérations chirurgicales menées entre 2017 et 2020. D’autres victimes pourraient être identifiées puisque plus de 40 dossiers médicaux litigieux ont été saisis.

 

Des insuffisances professionnelles

Il est reproché à ce chirurgien, âgé de 40 ans, et ayant une expérience professionnelle de moins de 5 ans, de multiples insuffisances professionnelles, dénoncées à sa hiérarchie, et qui ont été, à ce stade des investigations soulignées dans le cadre d’un rapport interne appréhendé en perquisition, et d’expertises judiciaires diligentées dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Le ministère public reproche à l’Institut Godinot d’avoir concouru aux dommages causés en laissant agir ce praticien jusqu’à l’automne 2020, en connaissance de cause et malgré les alertes internes qui avaient été données.

Le parquet reproche également à l’Institut de n’avoir alerté que très tardivement son autorité de tutelle de la situation, bien après l’ouverture de l’enquête pénale, privant ainsi de toute possibilité d’investigations et de contrôles susceptibles de mettre fin aux situations dommageables.

 

Une mise en examen contre l'institut Godinot à venir ?

Le procureur, Matthieu Bourrette précisd "qu'il a ouvert une information judiciaire contre ce chirurgien et l’Institut Godinot le 12 mai 2021, des chefs de blessures et homicides involontaires, et mise en danger de la vie d’autrui."

Le chirurgien a été mis en examen des chefs de blessures involontaires et homicides involontaires et placé sous contrôle judiciaire avec notamment interdiction d’exercer la chirurgie.

Les investigations se poursuivent sous la direction d’un juge d’instruction de Reims. Selon Matthieu Bourrette, "il devra notamment apprécier le bien fondé de la demande de mise en examen de l’Institut Godinot des 3 chefs de prévention sus-mentionnés,  la réalité des fautes commises, leur ampleur au regard du nombre de patients concernés, et leur imputabilité vis à vis du praticien comme de l’Institut."

                                                                      

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