VIDÉO. Interdiction de la chasse le dimanche : "Il n'y a pas de sujet tabou", indique la secrétaire d'État Bérangère Couillard

Publié le Mis à jour le
Écrit par Matti Faye .
La secrétaire d’État chargée de l’Écologie était en déplacement dans la Marne ce mardi 25 octobre 2022 ©France Télévisions

La secrétaire d'État en charge de l'Écologie Bérangère Couillard était en déplacement dans la Marne ce mardi 25 octobre sur le thème de la chasse. "Il n'y a pas de sujet tabou", a-t-elle indiqué en réponse à une question sur la possible interdiction de la chasse le dimanche.

Elle ne ferme pas la porte. Interrogée ce mardi 25 octobre 2022 à Fagnières dans la Marne, à l'occasion d'un déplacement à la Maison de la chasse, la secrétaire d'État en charge de l'Écologie Bérangère Couillard a indiqué qu'"il n'y [avait] pas de sujet tabou" concernant une possible interdiction de la chasse le dimanche.

Alors qu'un journaliste lui demande si le gouvernement pourrait mettre en place une telle mesure générale, elle a répondu : "Tout est sur la table. D'ailleurs, je crois que la fédération nationale de la chasse n'a pas non plus totalement écarté la possibilité qu'on puisse en discuter. Il n'y a pas de sujet tabou."

"Aujourd'hui, je suis en responsabilité sur la chasse, je vois qu'il y a une multiplication des accidents. Il y a une attente très forte aussi pour qu'il y ait une meilleure cohabitation […] Je crois que nous devons nous poser les bonnes questions. Encore une fois, ce n'est pas éluder certaines propositions. C'est simplement dire qu'est-ce qui est utile pour favoriser la sécurisation des chasseurs et la protection des utilisateurs", a-t-elle ajouté.

Le président de la fédération de chasse "pas favorable du tout"

Jacky Desbrosse, président de la fédération de chasse de la Marne et également conseiller régional, était présent à ses côtés. Quelques minutes plus tard, il a exprimé son scepticisme face à la presse sur la question de l'interdiction de la chasse le dimanche.

"Je le dis clairement. Je n'y suis pas favorable du tout […] Il y a toute une organisation qui peut être perturbée, a-t-il expliqué. Il y a quand même beaucoup de gens qui pratiquent la chasse qui travaillent. Le lundi matin, ils sont au travail. Donc si vous les empêchez de chasser le dimanche, clairement, vous allez perturber le dispositif. Je ne vous dis pas que c'est impossible totalement. Mais c'est certainement très perturbateur."

La question de l'alcoolémie traitée dans les prochains mois

Lors de sa visite, Bérangère Couillard a également évoqué la question de la consommation d'alcool. "Il n'y a actuellement aucun cadre concernant l'alcoolémie à la chasse, nous voulons changer cela", a-t-elle indiqué. "La pratique de la chasse implique une arme, comme avec une voiture, c'est incompatible avec une alcoolémie forte."

Une phase de concertation va être engagée avec les différents acteurs, notamment les fédérations de chasseurs, avec l'objectif d'aboutir à des mesures concrètes (via des arrêtés ou des décrets) "d'ici la fin de l'année, au maximum en début d'année", a-t-elle dit.

"Mon objectif est clair : je veux tendre vers le zéro accident dans les années à venir et cela passera par un meilleur respect des règles, une information plus importante auprès des riverains et un meilleur partage de l'espace", a précisé la secrétaire d'Etat.

Selon les chiffres de l'Office français de la biodiversité (OFB), le nombre des accidents de chasse est tendanciellement à la baisse depuis vingt ans. Néanmoins, pour la saison 2021-2022, l'OFB a recensé 90 accidents de chasse (blessures corporelles liées à l'utilisation d'une arme de chasse), contre 80 la saison précédente. Parmi eux, huit accidents mortels, dont deux ont concerné des victimes non-chasseurs.

Parmi les principales pistes, reprises d'un récent rapport du Sénat, la création d'un délit d'alcoolémie aligné sur les mêmes exigences que pour les automobilistes. L'alcoolisation est toutefois déjà une circonstance aggravante en cas de poursuites après un accident de chasse. "Je ne suis pas là pour pénaliser les pratiquants", a toutefois insisté Bérangère Couillard.

(avec AFP)

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