VIDÉO. Une église historique à pan de bois détruite par un incendie dans la Marne, "le symbole du village qui disparaît"

À Drosnay, dans la Marne, une église historique à pan de bois a été détruite par un incendie ce vendredi 7 juillet. Les causes ne sont pas encore connues. De nombreux pompiers sont sur place.

La tristesse et la sidération. Dans le village de Drosnay (Marne), les habitants sont sous le choc après l'incendie de leur église à pans de bois. Le feu a pris en fin de matinée, dans cet édifice classé au patrimoine historique. Mathis Perard, un habitant du village a vu l'église en feu : "J’ai vu le clocher tomber, j’étais devant, ça fait bizarre, je suis sous le choc. Cela fait bizarre. Il y avait du monde. Pour moi, c’était le symbole de notre commune."

Le sinistre choque le maire de la commune, Emmanuel Le Roy. "C’est même pas qu’il y a un feu, il n'y a plus d’église en fait", s'attriste-t-il, peu après le début de l'intervention des 41 sapeurs-pompiers et des 11 engins. Les soldats du feu ont fort à faire : il y a beaucoup de surface à sécuriser. "La toiture est effondrée sur environ 90 % de sa surface", précise un communiqué conjoint de la préfecture et des pompiers de la Marne (SDIS 51).

Seul îlot d'espoir, outre l'absence de victimes, au milieu de ce brasier : le porche n'est pas tombé et il a été sécurisé. Reste tout de même plusieurs pertes matérielles. Parmi les objets mobiliers à l'intérieur de l'église, la préfecture et le SDIS 51 comptaient 10 objets protégés au titre des monuments historiques (inscrits), dont 4 statues (du 17e au 19e siècle), un maître-autel (mêmes périodes), un autel (18e siècle), des verrières (2e quart du 16e siècle, 2e moitié 19e siècle), des bans et des menuiseries (18e siècle).

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L'église de Drosnay a été victime d'un incendie le 7 juillet, dans la Marne. ©Mathis Perard

Un traumatisme très important

Cette église à pan de bois, typique du secteur, dans le Pays du Der date du 16e siècle. Elle abritait des vitraux de la même époque et a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 décembre 1982. "Il est assez ancien et date du 15e ou 16e siècle. C'est un édifice de grande importance, d'autant qu'il s'agit du circuit des églises à pan de bois au sud du Der", précise le maire Emmanuel Le Roy. Les pompiers de la Marne indiquent que le feu d'église, "d'une surface de 550m2", est éteint. La surface brûlée, quant à elle, représente "1 000m2".

"La priorité est de sécuriser les lieux et de s’assurer qu’il n’y aura pas de problème après. L'église est touchée, tout comme une partie du cimetière : on ne pourra évaluer les dommages que dans quelques jours", ajoute-t-il. "C’est sûr que c’est un traumatisme pour les habitants. Pour eux, cette église les renvoie à beaucoup de choses : des baptêmes, des mariages, des obsèques. Sans compter la centaine de tombes, et donc les proches sous les décombres. Vous voyez l'Ukraine ? C'est la même chose, sauf qu'il s'agit ici de poutres noires brûlées", regrette le maire de la ville.

Un attachement inestimable

Sur les réseaux sociaux, les amoureux du bâtiment font part de leur tristesse. "Elle était si jolie et faisait partie du circuit des églises à pans de bois. Drosnay...en 12 minutes vers midi...a perdu son joyau d'architecture... Un désastre pour notre petite commune", constate Régine Faure. Contactée par France 3 Champagne-Ardenne, elle nous confie son chagrin.

"Je suis à Drosnay depuis 40 ans, c'est le monument du village. C'est toute une vie, j'avais des cousins qui étaient enfants de chœur. C'est crève-cœur, car j'ai pris part à de jolis mariages, sur place. Pour l'anecdote, le dernier s'était fait en calèche. J'ai aussi assisté à un concert de cors de chasse. J'y ai vu nombre de mes amis qui sont partis, et mon mari, durant les messes. Elle était tellement belle, même à l'intérieur : je faisais partie du conseil municipal au moment de la restauration du retable, qui était magnifique. Et maintenant, il n'y a plus rien", s'attriste cette habitante.

"Il y avait un attachement à cette église. Nous avions restauré les statues et les boiseries et nous avions des projets, par exemple la restauration de la toiture", poursuit le maire Emmanuel Le Roy. Ces derniers travaux n'ont toutefois rien coûté à la commune, après des paiements mis en pause par le Covid-19. "Tous nos partenaires nous assurent à présent de leur solidarité, y compris les bâtiments de France", termine le maire de la commune. Le sous-préfet est aussi sur place.