Colère des agriculteurs : "les braises restent chaudes", les politiques sous pression à quelques jours du Salon de l'agriculture

Alors que le Salon de l'agriculture s'apprête à ouvrir ses portes, samedi 24 février 2024, les agriculteurs attendent toujours des mesures fortes de la part du gouvernement. Notamment concernant leur rémunération. Certains envisagent même de boycotter l'évènement. Et n'excluent pas de se remobiliser s'ils n'obtiennent pas gain de cause. Tour d'horizon dans la Meuse, la Moselle et en Meurthe-et-Moselle.

"Le ministre a su éteindre le feu dans la plaine, mais les braises restent chaudes." Ce constat, William Doudoux, président des Jeunes agriculteurs de la Meuse n'est pas le seul à le faire. Un mois après le début des blocages, la colère des agriculteurs est loin d'être retombée. À quelques jours de l'ouverture du Salon de l'agriculture, ils espèrent obtenir de nouvelles mesures gouvernementales, notamment concernant leur rémunération.

"Le Salon, c'est le rendez-vous pour acter et finaliser tout ce qui s'est dit, explique le président des Jeunes agriculteurs de la Meuse. On attend que nos représentants à l'échelle nationale puissent continuer de mettre la pression sur le Premier ministre pour concrétiser toutes ces belles promesses."

De grosses attentes sur la question du revenu

Antoine Clavel, président des Jeunes agriculteurs de Meurthe-et-Moselle

Gabriel Attal a d'ores et déjà promis des aides d'urgence, pour un montant de 400 millions d'euros, des simplifications administratives et des concessions européennes sur les jachères, début février. "La colère bout dans les fermes, avance Vincent Jeanpierre, secrétaire général de la FDSEA de Meurthe-et-Moselle. Les annonces qui ont été faites, c'était le minimum. Maintenant, nous voulons que les paroles soient suivies des actes."

Les responsables politiques profiteront-ils de leur venue au salon pour répondre aux interrogations des agriculteurs ? "On y croit éperdument. Et je l'espère pour eux. Autrement, il sera très difficile de contenir la colère", poursuit le syndicaliste. "Nous avons de grosses attentes sur la question du revenu, et la loi Egalim, censée rémunérer le producteur au juste au prix, par rapport à son coût de production, abonde Antoine Clavel, président des Jeunes agriculteurs de Meurthe-et-Moselle. Et cela se passe au niveau européen, donc seul le président peut faire cette annonce."

Comme le veut la tradition, le chef de l'État viendra inaugurer le Salon de l'agriculture, samedi 24 février. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, lui aussi attendu, a expliqué, sur France inter, que les "conditions de sérénité" ne seront "pas forcément" au rendez-vous.

"Il faut que les politiques viennent. Ils sont attendus au tournant, on se doute que les échanges seront tendus, ajoute Antoine Clavel. Mais ça serait pire s'ils ne se montraient pas : on aurait l'impression qu’ils se cachent. Il faut qu'ils ressentent la réalité du terrain."

Boycotter, une option

Au sein de la profession, certains envisagent pourtant le boycott. “Dans nos rangs, il y a plusieurs positions. Certains se disent que boycotter est une bonne manière de dire non aux Parisiens. De montrer qu'on refuse de faire bonne figure alors que ce n'est pas la réalité du terrain, raconte William Doudoux, président des Jeunes agriculteurs de la Meuse. D'autres, au contraire, pensent qu'il faut se servir du salon pour défendre nos valeurs."

L'évènement, qui fête ses 60 ans cette année, est une vitrine unique pour nombre d'agriculteurs. "On y présente le travail de plusieurs mois, parfois de plusieurs années. Rien que pour cela, on ne peut pas se permettre de ne pas y aller, expose Fabrice Couturier, président de la FDSEA de Moselle. En revanche, l'atmosphère sera différente : les politiques ne vont pas ressortir du salon avec une simple poignée de main."

"On encourage à maintenir la pression", a fait savoir Arnaud Rousseau, président du puissant syndicat de la FNSEA, sur Europe 1, lundi 19 février. Dans certaines régions, les blocages et opérations escargot des agriculteurs ont déjà repris. "Il y aura bien d'autres mobilisations, confirme Fabrice Couturier. Mais il y a plus grave que cela : des gens vont arrêter leur activité, leurs fermes ne seront pas reprises et on va aggraver la décroissance agricole."

Ce mercredi 21 février, la Coordination rurale du Grand Est organise une action à Nancy. Dans un communiqué, l'organisation "fait le constat d'une absence totale de mesures concrètes et pérennes concernant le revenu des agriculteurs". La Coordination rurale appelle à un rassemblement à partir de 10h devant l'Agence de services et de paiement, afin de maintenir la pression avant l'ouverture du Salon de l'agriculture.
 

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