Le Lunévillois Jean-Pierre Coffe est mort

Célèbre pourfendeur de la malbouffe, Jean-Pierre Coffe est mort à 78 ans mardi 29 mars 2016. Le célèbre chroniqueur est décédé dans sa maison de Lanneray, en Eure-et-Loir.

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Cuisinier, gastronome, critique gastronomique, mais aussi jardinier passionné et homme de multiples médias radios et télévisuels, Jean-Pierre Coffe est mort à 78 ans dans la nuit du lundi au mardi 29 mars 2016.

Célèbre pourfendeur de la malbouffe au verbe haut et fort, célèbre pour ses "c'est de la merde", le chroniqueur né à Lunéville (Meurthe-et-Moselle),  est décédé dans sa maison de Lanneray, en Eure-et-Loir.


Convaincu que l'on pouvait bien manger pour pas cher, Jean-Pierre Coffe appelait les consommateurs à "changer leurs habitudes alimentaires".
L'animateur, qui affirmait toujours payer l'addition dans les restaurants parce que "la liberté est à ce prix-là", a également signé une soixantaine d'ouvrages sur la cuisine et le jardinage.

Hommages en Lorraine

©FTV Lorraine


André Rossinot, président du Grand Nancy rappelle que Jean-Pierre Coffe, "personnalité attachante, généreuse, (...) bon vivant qui avait le sens de l’humain et du partage" était "un ami" de la cité ducale qui "ne manquait jamais une occasion de rappeler ses origines dont il était fier et assurait la promotion des produits de cette région qu’il aimait profondément". Ce "fidèle du Livre sur la place" avait également "soutenu la rénovation du Marché central de Nancy, où il aimait flâner de stand en stand". Je garde le souvenir d’une personnalité attachante, généreuse. Un bon vivant qui avait le sens de l’humain et du partage.

Laurent Hénart, le maire de Nancy, "triste comme tous les Lorrains aujourd'hui" évoque pour sa part "sa verve truculente, son combat constant et sans concession pour la bonne cuisine française, ses coups de gueule, (...) ses éclats de voix (qui) étaient d'abord des éclats de rire."  Il évoque lui aussi le Livre sur la Place, où en septembre 2015, "je l'avais vu si heureux, dédicaçant sans relâche son livre de mémoire "Une vie de Coffe" où l'on avait découvert, de page en page, l'homme blessé, tendre, généreux, qu'il était."

L'hommage de Francois Hollande

Mercredi 30 mars 2016,  le président de la République, François Hollande lui a rendu hommage dans un communiqué :

"Jean-Pierre Coffe était un bon vivant et avait le goût de partager avec ses amis et les Français le plaisir des rencontres et des saveurs. (Il) a contribué à redonner à notre gastronomie tout son prestige, mais aussi toute sa simplicité. Il voulait la mettre à la portée de tous. J'adresse à sa famille et à ses proches mes sincères condoléances et leur exprime toute ma solidarité."


Une enfance difficile et le rêve de la scène

Dans une autobiographie parue en mai 2015, "Une vie de Coffe" (Stock), il évoquait son enfance difficile (rejeté par sa mère, placé en famille d'accueil), mais aussi sa souffrance quand son ex-femme avait décidé d'avorter ou lorsqu'il perdit sa fille emportée par un cancer à 37 ans. Il confiait également sa bisexualité.

Avant cela, en 2013, il avait publié "Arrêtons de manger de la merde" (Flammarion). En 2002, il proposait de passer "A table en famille avec quinze euros par jour" (Plon).

"Je suis tout seul contre des groupes alimentaires qui n'arrêtent pas de me mettre des bâtons dans les roues", se plaignait-il en 2005.

Pourtant, il a enchaîné les publicités pour les marques. Après une mission pour Carrefour dans les années 2000, il a vanté les mérites des yaourts Weight Watchers. Et surtout, en 2009, il a mis son image au service de la chaîne de hard discount Leader Price. Les critiques ont été nombreuses, mais il en fallait plus pour faire vaciller cet homme qui avait trouvé son premier emploi grâce à un billet publié dans le Figaro annonçant: "Ne sait rien faire, mais plein de bonne volonté".
Ce qui lui avait permis de commencer à la direction commerciale d'une marque de papier à cigarettes.

Jean-Pierre Coffe, dont le père est mort à la guerre en 1940, deux ans après sa naissance à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, a été élevé dans une maison bourgeoise par sa mère, coiffeuse, sa grand-mère cuisinière et son grand-père maraîcher.
Placé dans une famille en tant que pupille de la nation, il a également passé une année dans la campagne jurassienne. Adolescent, il rêvait de devenir comédien.

Il s'est inscrit au Cours Simon à Paris. Il est d'ailleurs apparu dans plusieurs films dans les années 70 et 80 ("Violette Nozière" de Claude Chabrol, "La clé sur la porte" d'Yves Boisset...) ainsi que dans des téléfilms.