Rembobinons. Confinement : on marche seul dans les rues qui se donnent

Pendant cette période inédite de confinement suite à l’épidémie de Covid 19, des pratiques anodines du quotidien revêtent un caractère particulier. Faire son footing par exemple. En 1972, un adepte de la marche à pied, s'est lancé un défi : tourner autour de la place Stanislas pendant 24h !
Dans un parc de Liverdun (Meurthe-et-Moselle)...
Dans un parc de Liverdun (Meurthe-et-Moselle)... © Sophie Gueffier. France Télévisions
Comme vous le savez en cette période de confinement, le jogging reste autorisé. L’auteur de ces lignes le pratique en respectant les consignes car il faut bien garder en tête que chaque sortie est une prise de risque : 1 heure maximum, à 1 kilomètre du domicile, à raison d’une session maximum par jour et bien entendu, muni de l'attestation de déplacement dérogatoire mentionnant la date et l’heure du départ. Avec la conviction chevillée au corps de prendre de nombreuses précautions: limiter à l'extrême le fait de toucher portes d'immeubles, poignées, bouton d'ascenseur, etc. Pour me protéger et protéger les autres.
Je cours donc sur un parcours autour de mon pâté de maison.
C’est toujours mieux que rien et ça permet, forcément, de recroiser très fréquemment les mêmes amateurs de course à pied du voisinage. Sans échange verbaux, avec juste un regard et quelques signes de mains, nous nous accordons pour nous partager les trottoirs et ainsi conserver la distance de sécurité nécessaire et obligatoire.
© Florence Houvet

Mais malheureusement depuis quelques jours je  constate que je dois "esquiver" de plus en plus de monde.
Comme dans un jeu vidéo les difficultés ont augmenté. Et je me suis rendu compte que ce n’est finalement plus si sûr de courir dans les rues. Comme plusieurs principes de précaution valent mieux qu’un, j’ai donc décidé d’arrêter le footing le temps qu’il faudra. Si potentiellement nous pouvons représenter un facteur aggravant de transmission du virus, alors pas de tergiversation. 
Restons chez nous !

Sous l'oeil de Stanislas

Et finalement il n’y a que Jean-Jacques qui peut dire sans crainte "Je marche seul dans les rues qui se donnent". Mais cela ne date pas d’hier et il y a 50 ans, quelqu’un d’autre marchait tout seul "en oubliant les heures". C’était le 30 décembre 1972, Georges Hurbain, huissier de 65 ans (et 20 de tension), se lance un défi. Adepte de la marche rapide, il veut tourner autour de la place Stanislas à Nancy pendant 24 heures. Pour dénoncer les empêcheurs de tourner en rond? Non, pour une vraie cause, sensibiliser à l'enfance malheureuse. Départ le 30 décembre 1972 à 15H.

Vidéo Facebook Rembobinons : le marcheur de la Place Stanislas ©INA/ France 3 Lorraine

Profitons-en pour partager un peu la peine de nombreux parents obligé de se remettre à jour sur les problèmes de math.

Sachant que le tour de la place Stanislas fait 318m50 et qu’en une heure notre marcheur parcourt en moyenne 8,5 kilomètres. Combien de tours en 24h?
Personnellement aucune idée, je n’ai pas d’enfant!

Mais sachez que notre marcheur au grand cœur est allé au bout de son défi et a parcouru 550 tours de la place Stanislas soit à peu près 175,250 kilomètres.
Bon, comme il le révèle, pour lutter contre le sommeil, on lui a donné quelques cachets, mais la démarche de notre marcheur est noble et son principal  moteur reste la volonté.
Ainsi, je cite, Georges Hurbain à l'arrivée de son voyage sur place, l’essentiel est de "montrer aux jeunes l’effort et aux vieux de ne pas désespérer de la vie."

Une phrase à la morale intemporelle. Et oui, la vie ce n’est pas un sprint mais une course de fond. Et de la volonté et de la patience, il nous en faut en cette période de confinement. Et c'est tout ce qu'on vous souhaite.
 
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