Coronavirus : la situation difficile des aides à domicile qui se retrouvent sans client

Avec la pandémie de Covid19, certaines aides à domicile n’ont plus d'emploi. C’est le cas des femmes de ménage qui travaillent souvent chez des personnes âgées. Depuis ce lundi 30 mars, un dispositif de chômage partiel est mis en place pour les aider, via des plateformes dédiées.
 

Pour tuer le temps Sandrine nettoie les vitres de son appartement.
Pour tuer le temps Sandrine nettoie les vitres de son appartement. © Sandrine
Sandrine est femme de ménage. Un emploi que cette jeune quinquagénaire exerce avec enthousiasme depuis des années. Elle travaille habituellement entre 25 et 30 heures par semaine qui sont reparties chez huit employeurs de l’agglomération nancéienne. Avec les trajets d’un domicile à l’autre, les journées sont en général bien remplies mais depuis la mise en place du confinement, le 17 mars dernier, elle a perdu toutes ses heures. "La plupart des gens chez qui je vais ont plus de 60 ans", explique Sandrine. "Je comprends parfaitement qu’ils prennent des mesures sanitaires, c'est pareil pour ceux qui ont des enfants."

Je n’ai pas envie de leur faire prendre de risques!
- Sandrine, femme de ménage

Le problème c’est que Sandrine ne touche plus rien et qu’elle se demande comment elle va pouvoir payer ses factures en cette fin de mois.
Preuve que la générosité existe, l’une de ses employeuses, a décidé de lui payer intégralement ses heures de ménage comme d’habitude, même si elles n’ont pas été travaillées. Une belle surprise pour celle qui n’a pas l’habitude d’être payée à ne rien faire.
Les autres employeurs attendent de voir comment va se mettre en place le chômage partiel, une mesure dont Sandrine attend beaucoup. "Apparemment on pourrait percevoir 80% de notre salaire, et les employeurs seraient remboursés du trop-perçu pour les heures non travaillées."

Ca permettrait de voir venir.
- Sandrine

Chômage partiel, mode d'emploi

Un dispositif de chômage partiel est mis en place ce lundi 30 mars 2020 sur les plateformes dédiées à l’emploi des aides à domicile: le Cesu et Pajemploi.
Les employeurs peuvent y déclarer les heures effectuées d’un côté, puis les heures non travaillées de l’autre. Charge à l’employeur de rémunérer ensuite son aide à domicile à hauteur de 80%, les heures non travaillées doivent lui être ensuite remboursées.
Mais il est également spécifié que les employeurs qui le peuvent sont invités à verser l'intégralité de leur salaire du mois de mars à leurs employés, même si les heures déclarées n'ont pas été effectuées. En échange de ce geste de solidarité ils bénéficieront d'un crédit d'impôt.
Un formulaire d'indemnisation est disponible sur le site du Cesu, un tutoriel est également visible en ligne pour comprendre la procédure.

Exemple: Sandrine effectue 10 heures à 10 euros au lieu des 15 heures qu'elle réalise habituellement chez l'un de ses employeurs. Il lui doit normalement 150 euros.
Ce dernier devra déclarer dans un premier temps 10 heures à 10 euros et lui payer 100 euros, puis 5 heures x 10 x 0,8 = 40 euros avec le formulaire dédié.
Au final au chômage partiel Sandrine touchera donc 140 euros au lieu de 150 de cet employeur.

Aider son voisin 

En attendant la fin du confinement Sandrine vient en aide à ses voisins âgés en leur faisant leurs courses gracieusement.

J’ai besoin d’aider et de sortir sinon je vais devenir dingue ! Et puis pour moi ça n’est pas grand-chose.
- Sandrine

Sandrine fait également des "ateliers ménage "avec son fils de 24 ans confiné avec sa mère et son conjoint. "Mon appartement n’a jamais été aussi propre", explique Sandrine, "je lessive même les murs avec mon fils quand il a fini de bosser ses cours pour son BTS!" En 20 ans de carrière cette femme de caractère n'a jamais vécu une telle situation. Elle espère la fin du confinement quand la vague sera passée et attend avec impatience de pouvoir rencontrer son petit-fils Louis qui vient tout juste de naître.
Elle ne se plaint pas, reste philosophe, mais s'inquiète pour les soignants qui sont en première ligne et déplore "une gestion catastrophique de la crise par le gouvernement". 
Sandrine doit nous laisser, elle doit aller aider sa voisine pour ses courses et "se bouger" pour éviter les coups de blues.
 
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