Coût de l'énergie: "Les restaurateurs doivent bénéficier des mêmes aides que les boulangers", alerte Thierry Vincent, président de l’Umih 54

Lourdement impactés par la flambée des prix de l’énergie, les boulangers vont bénéficier d’un nouveau dispositif annoncé mardi 3 janvier par le gouvernement. Le secteur de la restauration, lui aussi touché de plein fouet par les hausses des tarifs du gaz et de l’électricité, dénonce une injustice.

En cas de risque pour la survie de l’entreprise liée à la hausse de l’énergie, les boulangers pourront résilier sans frais leur contrat d’électricité, a annoncé mardi 3 janvier le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Les restaurateurs, très affectés eux aussi par cette flambée des tarifs, ne bénéficient pas de ce dispositif. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Meurthe-et-Moselle pointe du doigt cette différence de traitement.

Des factures d’énergie exorbitantes

En Meurthe-et-Moselle, certains restaurateurs dépassés par leurs factures d'énergie craignent de devoir mettre la clé sous la porte. “Plusieurs restaurateurs nous font part de leurs difficultés, certains risquent même de perdre leur entreprise”, s’inquiète Thierry Vincent, le président des restaurateurs de l’Umih 54, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie en Meurthe-et-Moselle.

Nos factures ont augmenté entre 3 et 10 fois, on est dans la même situation que les boulangers

Thierry Vincent, président des restaurateurs de l’Umih 54

Bercy a annoncé mardi de nouvelles aides pour les boulangers, étouffés par des factures d’énergie faramineuses. Si ces derniers peuvent désormais résilier sans frais leur contrat d’électricité, ce n’est pas le cas des restaurateurs. “C’est injuste, cette différence ne me paraît pas logique, les restaurateurs sont aussi de gros consommateurs d’énergie. Nos factures ont augmenté entre 3 et 10 fois, on est dans la même situation que les boulangers”, insiste le restaurateur nancéien.

Des restaurateurs forcés de limiter leur consommation

Dans sa crêperie bretonne du centre-ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle), Thierry Vincent a dû faire plusieurs ajustements pour tenter de faire face à la hausse du coût de l’énergie. “On fait tout pour diminuer la consommation d’énergie. Depuis quelque temps le restaurant ferme une demi-heure plus tôt le soir et on n’allume les lumières qu'au dernier moment, à 19 heures”, explique le professionnel.

J’essaye de moins chauffer ma salle, je n’utilise l’eau chaude que lorsque c’est vraiment nécessaire, mais je ne vais pas accueillir mes clients dans une salle à 10 degrés

Julien Picard, patron du restaurant Le Bistronome à Nancy

Quelques rues plus loin, le constat est le même. “Les matières premières, le transport, l’électricité, ça augmente de tous les côtés. J’essaye de moins chauffer ma salle, je n’utilise l’eau chaude que lorsque c’est vraiment nécessaire, mais je ne vais pas accueillir mes clients dans une salle à 10 degrés", déplore Julien Picard, restaurateur à Nancy.

Selon le gouvernement, toutes les PME, y compris les restaurateurs, peuvent reporter le paiement de leurs charges fiscales et sociales. "C’est une bouffée d’oxygène temporaire mais il faudra quand même payer ces charges, on attend donc d’autres annonces", conclut le président des restaurateurs de l’Umih 54. Bruno Le Maire va rencontrer les représentants de la restauration ce jeudi 5 janvier.

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