Déconfinement : à Nancy, Davy Dao propose des masques lavables aux normes AFNOR

Connu pour ses jeans made in Nancy, le jeune Nancéien s'est lancé dans la production de masques lavables en jean puis pour le déconfinement avec des tissus venus des Vosges. 2020 devait être l'année du lancement des jeans 100% lin de ce créateur à la fibre écolo. Ils devront attendre un peu.
 

Le créateur Davy Dao dans son atelier à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Le créateur Davy Dao dans son atelier à Nancy (Meurthe-et-Moselle). © Davy Dao pour France Télévisions
Connu pour ses jeans made in Nancy, Davy Dao est un créateur à la fibre écolo.
Depuis six ans, il est installé rue Saint-Nicolas à Nancy. 2020 devait être pour lui le lancement de ces jeans 100 % lin… Ils attendront un peu. Car le jeune créateur s’est lancé dans la fabrication de masques lavables.

Comme tous les commerçants, Davy Dao a fermé boutique au soir du 14 mars. Il s’est organisé avec son équipe, chacun confiné chez soi en mode télétravail. Mais, très vite, comme une évidence l’idée s’impose à eux : Fabriquer des masques en jean pour les soignants touchés par la pénurie. Avec les chutes de tissus, en suivant le premier tuto publié par le CHU de Grenoble ou dans cette seconde version ci-dessous: 

Nouvelle version tutoriel masque à partir de celui du CHU de Grenoble

La petite équipe se met au travail. Pas question de les vendre, les masques sont gratuits.
Le tissu est récupéré et la main d’oeuvre prête à se mobiliser pour la bonne cause… Le Centre Psychothérapique de Nancy et d’autres sont vite preneurs. "On a tout le matériel pour", explique Davy. "Au début, nous nous sommes servis des chutes qu’on avait à notre atelier."

C’était instinctif et naturel de vouloir aider le personnel soignant. On les a distribués aux personnes qui étaient en première ligne face à cette pandémie.
- Davy Dao, styliste

Il poursuit : "Pour ces masques en tissus, ce n’est pas du mono couche. Il faut plusieurs couches pour garantir une certaine filtration. Une filtration qu’on a pu vérifier auprès de la Direction Générale de l’Armement (DGA). Ils nous ont aiguillés vers des prototypes de masques filtrants de catégorie A."

Les demandes affluent d’abord de la région, mais très vite de toute la France. Impossible de faire face à un tel raz-de-marée. C’est la rupture de stock. "Il a fallu adapter notre outil de production et même en créer un spécifique. Il faut fabriquer des masques en quantité afin de préparer la fin du confinement."

Aujourd'hui, les besoins en masques sont immenses.
- Davy Dao

Depuis quelques jours, l’équipe s’active car un lieu lui a été proposé pour mettre en place une véritable fabrique de masques, 800 m² à Maxéville sur le site des anciennes brasseries. Objectif : fournir plus de 500.000 masques grand public, aux normes AFNOR, commandés par le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle.
"On avance très vite sur le sujet. On est en train de recruter cinq équipes pour une production journalière d’environ 13.000 à 17.000 masques."

Le plus important dans la fabrication de masques, c’est la qualité de filtration, forcément.
- Davy Dao

Coronavirus : une start-up de Nancy fabrique des masques en tissus ©M. Boudiba / L. Debruyne / J.R. Hwazik
Le site de Maxéville est désormais opérationnel. La production débute officiellement ce samedi 2 mai avec quatre lignes de fabrication.

Davy Dao, une histoire de "re-naissances"

Né à Troyes de parents vietnamiens, Davy cherche sa voie. Au collège, il dessine ses premiers modèles et il retouche les vieux jeans de ses frères. Après s’être installé à Nancy, il part chercher des réponses dans le pays de ses parents. Il découvre la réalité d’un pays à l’heure de l’industrie textile et les conditions de travail des ouvriers vietnamiens. Il revient en Lorraine avec une certitude. Il va créer ses propres jeans et les fabriquer en local, ici à Nancy.
Six ans plus tard, sa petite entreprise prend le large… Un succès qui ne se dément pas. Et si 2020 devait être l’année du jean 100% lin Made in Nancy, ce serait sans doute désormais quelques mois plus tard…
 
Masques : des solutions alternatives
Plusieurs centaines d’entreprises et groupements d’entreprises ont d’ores et déjà proposé des solutions alternatives. Ces propositions ont fait l’objet de tests de filtration et de perméabilité conduits par la DGA.

Toute entreprise souhaitant mettant ces masques sur le marché doit préalablement :
  1. Faire réaliser des essais, sous sa responsabilité, conduits par un tiers compétent, démontrant les performances de ses masques au regard des spécifications de l’Etat figurant dans la note d’information interministérielle du 29 mars. Il doit pouvoir présenter les résultats des essais aux services de contrôle qui en feraient la demande.
  2. Apposer sur le produit ou son emballage le logo permettant d’identifier les masques grand public.
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