Le futur tram de Nancy obtient le feu vert de l'Etat

La photo est encore floue : le modèle du futur tramway sera choisi à la fin de cette année. / © Métropole du Grand Nancy
La photo est encore floue : le modèle du futur tramway sera choisi à la fin de cette année. / © Métropole du Grand Nancy

Le préfet de Meurthe-et Moselle a signé ce mardi 12 février la Déclaration d'Utilité Publique du projet de tramway, dans son tracé définitif. La métropole du Grand Nancy peut acquérir les terrains, finaliser les études et lancer les travaux préparatoires dès la fin 2020. Ouverture prévue en 2023.

Par Benoît de Butler


C'était une étape administrative, mais un passage obligé. Le projet adopté le 20 décembre dernier en Conseil de métropole a donc reçu l'aval préfectoral en moins de deux mois, une performance salué par les élus du Grand Nancy qui souhaitent aller vite.

C'est une bonne nouvelle. On va pouvoir commencer à travailler.
- Christophe Choserot, élu chargé du dossier Tram au Grand Nancy

Le feu vert de l'Etat, officialisé ce mercredi 12 février 2020, autorise dès maintenant la Métropole à acquérir les terrains et immeubles situés sur le tracé du tram - que ce soit à l'amiable ou par expropriation. Il autorise surtout le lancement du chantier. La Métropole souhaite lancer les travaux préparatoires dès la fin de cette année.

L'arrêté préfectoral prévoit également la mise en oeuvre des mesures environnementales prévues à l'issue de l'enquête publique (contrôle des nuisances, plantations d'arbres, etc.) et demande au maître d'ouvrage un bilan régulier pendant la durée du chantier.

Si tout se passe comme prévu, le nouveau tram roulera dans un peu plus de trois ans. 

2020

  • Les (futurs) élus du Grand Nancy adoptent - ou pas ! - l'avant-projet définitif. En dépit des trésors d'imagination des candidats aux municipales, il semble compliqué de modifier le projet en profondeur après l'élection, sauf à occasionner retards et surcoûts.
  • Ils choisissent le matériel roulant à l'issue de l'appel d'offres en fin d'année.
  • Architectes et ingénieurs finalisent les plans. Dès la fin de cette année, premiers travaux préparatoires, notamment sur les nouveaux tronçons (Vandoeuvre, Essey)

2021

  • On rentre dans le dur : début du construction de la plateforme là où elle n'existe pas.
  • Fin 2021, arrêt du tram actuel. Des bus à haut niveau de service prennent le relais sur un tracé parallèle.

2022 

  • Ce sera la phase la plus intense (et la plus longue pour les riverains) de travaux sur le tracé central.

2023

  • Sauf retard, mise en service de ce tronçon central entre Essey-Porte Verte et Vandoeuvre-Nations.

2026

  • Mise en service de la montée de Brabois jusqu'à l'hôpital.

2028

  • Mise en service d'un prolongement jusqu'à Vandoeuvre-Roberval, et de la branche Meurthe-canal.
    Le tram sera mis en service en trois temps / © Claude Mangin, France 3 Lorraine
    Le tram sera mis en service en trois temps / © Claude Mangin, France 3 Lorraine
Le tracé, modifié à l'issue de l'enquête publique, réduit les dimensions du "viaduc" dans le val de Villers (jardin botanique). De 350 m de long et 15 m de haut, il passe à 200 x 10 m. A noter que ce nouveau tracé s'éloigne des habitations et supprime toute nécessité d'exproprier des particuliers. Les acquisitions foncières se feront auprès d'institutionnels (Université, jardin botanique, clinique...).

L'axe central, de Vandoeuvre-Vélodrome à Essey-Mouzimpré, reprend le tracé actuel. Une chance pour les ingénieurs (et les riverains) : le chantier sera plus simple et plus rapide ici. Pas besoin de refaire fondations et ouvrages d'arts, la plateforme construite dans les années 90 est capable de supporter des trams lourds.

Quel matériel ?

Il faut attendre encore un peu avant de savoir à quoi ressemblera le tram nancéien. Le choix va se faire avant la fin de cette année. La Métropole a lancé l'appel d'offres sous la forme d'un dialogue compétitif. Les rames devront pouvoir embarquer 300 passagers - le double du tram actuel. Avec une cadence de 4 à 5 minutes en pointe, on vise les 90.000 voyageurs / jour contre 45.000 actuellement.
A gauche, Urbos de chez CAF, à Besançon ... A droite, Citadis de chez Alstom, à Strasbourg.
A gauche, Urbos de chez CAF, à Besançon ... A droite, Citadis de chez Alstom, à Strasbourg.
Dans le monde, les constructeurs se comptent sur les doigts de la main. Aux dernières nouvelles, le canadien Bombardier aurait jeté l'éponge. La finale devrait se jouer entre le français Alstom et l'espagnol CAF, qui équipent déjà de nombreuses villes en Europe.

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