Gel : les agriculteurs sur le qui-vive en attendant la matinée la plus froide de la semaine

Des températures négatives sont attendues dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 avril 2024 en Lorraine. Les arboriculteurs craignent un épisode de gel pour la matinée la plus froide de la semaine en France et s’arment pour lutter contre le phénomène.

“En avril, ne te découvre pas d’un fil”, en Lorraine, les arboriculteurs l’ont bien compris. Les prévisions météo pour la nuit de ce lundi 22 au mardi 23 avril sont au rouge. Selon Météo France, des températures négatives de l’ordre de 0 à -3 degrés sont prévues sur le territoire. “Il va surtout y avoir des gelées dans la nuit et mardi matin qui seront quasi généralisées sur le territoire. Il pourra faire -3 degrés en Meuse près de la Plaine en Woëvre, vers Étain également mais aussi du côté de Sarrebourg, en Moselle. Près du massif vosgien, cela pourra même descendre plus bas jusqu’à -5 degrés”, précise Arnaud Gleizes, prévisionniste à Météo France.

Des outils pour lutter contre le gel

Pour les arboriculteurs, en première ligne de ce phénomène, les nuits blanches ne sont pas terminées. “Je n’ai pas dormi cette nuit”, explique Julien Marin, arboriculteur à Lagney. Il se tient sur le qui-vive : “Nous avons eu, dimanche, -1 en plaine et 1 degré sur les coteaux, donc ça a été. J’espère que la nuit prochaine sera pareille et que cela ne descendra pas plus bas, car à partir de -3 degrés, les dégâts commencent à être mauvais”. Mieux vaut prévenir que guérir, alors, Julien Marin s’arme pour tenter de garder son exploitation “au chaud”. “J’utilise des canons à gaz et des petits radiateurs pour les fraises. La machine à gaz brasse de l’air chaud et le souffle autour de la passerelle”. Mais l’agriculteur de Lagney prévient : “Ce n’est pas une fin en soi et malgré ces équipements, nous pouvons subir des pertes”.

Une lutte onéreuse

À Coyviller (Meurthe-et-Moselle), Benoît Parfait, responsable de l'arboriculture sur l’exploitation la Ferme des fruitiers, se montre lui aussi inquiet : “C’est une année complète qui peut se jouer. Cette nuit, nous avons eu un petit 0 degré. Nous craignons quand même pour les prochains jours donc on fait le dos rond et on espère que ça va passer”.

Lui a décidé de ne pas sortir ses équipements, un choix motivé en grande partie par les coûts, onéreux. “On garde nos cartouches car nous ne sommes qu’à -1 degrés et que nous n’avons rien perdu. Mais la lutte contre le froid coûte très cher. Ça peut aller jusqu’à 5 000 euros par hectare par nuit”, souligne le responsable. Julien Marin, gérant d’une exploitation de 15 hectares, dépense, lui, lors des phénomènes de gelée près de 800 euros par nuit.

Une lutte que les deux agriculteurs connaissent bien mais qui les tourmente de plus en plus. “Le gel, en cette période de l’année, c’est assez habituel, ce qui n’est pas normal, c'est que les arbres sont beaucoup trop en avance. Nous avons déjà des fruits qui sont encore plus vulnérables avec les gelées”, s’alarme Julien Marin.

Tous deux devront rester vigilants encore quelques jours pour protéger leurs récoltes. Météo France prévoit, en Lorraine, une petite amélioration à partir de mercredi et un radoucissement à partir du 27 avril.