Grand Est : "l'ouverture des lignes SNCF à la concurrence doit aboutir à une amélioration du service" selon les usagers

Dès 2022, des opérateurs privés pourront exploiter leurs trains sur le réseau ferroviaire de la région Grand Est. Un bouleversement qui reste une stricte application des textes européens.

Les premières ouvertures à la concurrence seront opérationnelles d'ici 2022. "C’est une possibilité pour exploiter moins cher, des lignes sur lesquelles il n’y a pas beaucoup d'usagers", explique David Valence, vice-président de la région Grand Est en charge des transports et maire de Saint-Dié, joint par téléphone, lundi 20 septembre 2021.

L'ouverture à la concurrence doit aboutir à une amélioration des services.

Louis Blaise, vice-président des usagers du Grand Est.

Ainsi, avec les économies réalisées, "on pourra commander plus de trains, car il n'y a pas assez de rames en production", ajoute David Valence. Mais les opérateurs privés continuent à se préparer. "En Allemagne, le ferroviaire coûte 30% moins cher".

"Il est évident que les économies réalisées pourront être affectées à l'entretien et la rénovation des trains", explique Louis Blaise, vice-président de l'association des usagers de transport du Grand Est, joint par téléphone par France 3 Lorraine.

Dans l'Est, nous sommes les premiers en France à avoir signé un accord, dès février 2020 sur l'infrastructure.

David Valence, Vice-président de la région Grand Est en charge des transports.

Rapidement, de nombreuses entreprises ont répondu aux appels d’offres lancés en juillet 2020. Même si la crise pandémique de Covid-19 a retardé la mise en place de ces appels d'offres. 

82 ans de monopole de la SNCF

L’ouverture à la concurrence va contraindre la SNCF à resserrer ses coûts. Vendredi 17 septembre, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou a révélé que l'entreprise prévoyait des suppressions de postes. "C’est une tendance historique, pas plus, pas moins que d’habitude. Autour de 1,5%, 2%"

Le transport par train passe aujourd'hui par une politique de l'offre et pas de la demande.

Louis Blaise, vice-président de l'AUT.

Cependant, la concrétisation de l'ouverture à la concurrence à laquelle nous nous préparons de longue date répond surtout à une attente à la fois économique mais aussi sociale, "sur les petites lignes ferroviaires, l’ouverture à la concurrence va obliger la SNCF à s'adapter aux attentes des usagers", explique Louis Blaise.  De son côté, David Valence ajoute :"C'est la logique du transport, moins vous avez de trains, moins vous avez de personnes. Souvent c'est la conséquence d'un manque de souplesse horaire. A l'inverse, et c'est normal, plus vous avez de trains, plus vous avez de voyageurs. Il faut que l'on adapte les horaires à la vie des gens d'aujourd'hui".

C'est un pari du réenchantement du ferroviaire.

David Valence, Vice-président de la région Grand Est en charge des transports.

D'ici deux ans, en 2023, sur les quatre lignes expérimentales, d'autres trains que ceux de la SNCF pourraient circuler sur des voies exploitées par la Région Grand Est. Cette échéance correspond au calendrier imposé par l’Union européenne à la France, pour libéraliser son secteur ferroviaire. "Il faut bien sûr rappeler que cet appel d'offre est une stricte application de la loi. On n'a pas le choix", insiste Louis Blaise.

Quatre lignes sont concernées

Dans un premier temps, l’accord ne devrait concerner que quatre lignes. En effet, les TGV et Intercités ne sont pas concernés. Les trains régionaux imposent qu'il y ait un appel à concurrence, dans le Grand Est, cela concerne les lignes suivantes:

D’autres lignes pourront ouvrir ensuite comme celles d’Alsace et de Moselle vers l’Allemagne, à priori Strasbourg/Sarreguemines/Sarrebruck et Metz/Trêves.

Il faudrait près de 800 millions d'euros pour les rénovations de toutes les petites lignes ferroviaires dans la région. 

Dans le sud de la France, la région Paca a déjà confié à Transdev, entreprise privée, l’exploitation de la ligne très fréquentée Nice-Marseille. 
 

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