Un laboratoire de recherche nancéien lance un appel pour collecter 10.000 collants d'ici fin mai 2023. Un échantillon test pour mettre au point un procédé de recyclage écoresponsable des collants.

Toutes celles qui ont déjà porté des collants le savent, il suffit d'un accroc et la précieuse paire parfois achetée la veille finira à la poubelle. C'est d'ailleurs le cas de 104.000 paires de collants par an en France pour 130.000 collants vendus. Un véritable gâchis et une grande source de pollution. S'ils ne sont pas incinérés, les collants finissent enfouis, alors que les matières qui les composent se dégradent très lentement.

L'objectif c'est de retrouver la matière brute pour refaire des collants

Sandrine Hoppe, chercheuse

C'est pour relever le défi écologique du recyclage des collants, que la doctorante péruvienne Pilar Chavez de l'Institut Carnot Icéel de Nancy, a débuté ses recherches il y a un an et demi en partenariat avec la start-up Ecollant.

"Il n'y pas beaucoup de filières de recyclage textile, étant sensible aux problèmes environnementaux, ça m'a intéressée de travailler à la problématique du recyclage des collants qui n'existe pas pour le moment", explique Pilar Chavez.

Un procédé de recyclage complexe

Deux fibres composent actuellement les collants : le nylon et l'élasthanne, le défi scientifique consiste à dissocier ces deux fibres. Un procédé très complexe que la chercheuse va tenter de mettre au point.

"Aujourd'hui, toutes les matières sont mélangées dans les collants et il y a des additifs, il faut arriver à tout décomposer, c'est le vrai défi".

Sandrine Hoppe, sa co-directrice de thèse et chercheuse au LRGP approuve : "il va y avoir différentes étapes de séparation avec l'utilisation de chimie verte. L'objectif c'est de retrouver la matière brute pour refaire des collants et boucler la boucle".

Un appel au don de 10.000 collants

On a besoin de collants noirs et chairs pour la phase de test

Pilar Chavez, doctorante

Pour rentrer dans la phase test, Pilar Chavez a besoin de beaucoup de collants. Une grande collecte a donc été organisée pour récupérer environ 10.000 collants d'ici le 31 mai 2023.

"On a besoin, d'une masse hétérogène, peu importe la composition, il faut juste qu'ils soient noir ou chair pour éprouver le procédé", nous expliquent les scientifiques.

Des points de collecte ont été installés dans le Grand Nancy, mais aussi dans le toulois ou encore à Longwy.

Sur le Grand Nancy :

  • Accueil du campus de l’ENSIC, 1 Rue Grandville à Nancy (8h30-12h | 14h-17h)
  • Accueil du LRGP, 1 Rue Grandville à Nancy (8h30-12h | 14h-17h)
  • Métropole du Grand Nancy, 22-24 viaduc Kennedy à Nancy (8h-12h | 13h-17h)
  • Service de la communication, Faculté des Sciences et technologies, Boulevard des Aiguillettes, Vandœuvre-lès-Nancy (9h-17h)
  • Accueil de la délégation du CNRS, 17 Rue Notre Dame des Pauvres, Vandœuvre-lès-Nancy (08h30-12h00 | 13h30-17h00)
  • BU du Campus Brabois, 9 Avenue de la Forêt de Haye, Vandœuvre-lès-Nancy (8h-19h)

Dans le Toulois :

  • Centre Hospitalier de Toul, 1 cours Raymond Poincaré, Toul (Ouvert 24h/24)
  • Résidence les Ombelles, rue Sebastien Choulette, Toul
  • Résidence Chanoine Rion, rue de l’hôpital militaire, Toul

En Meurthe-et-Moselle Nord :

IUT Henri Poincaré de Longwy, 186 rue de Lorraine, Cosnes-et-Romain (8h-12h | 13h-17h)

Il faudra du temps pour que le procédé de recyclage écoresponsable soit mis en place. Après les tests en laboratoire et la phase pilote, il sera temps de se pencher sur l'étude d'industrialisation. Mais si les recherches aboutissent ça sera pour la filière textile rien de moins qu'une première mondiale.

"C'est un sujet très concret, les gens comprennent l'objet de mes recherches, c'est motivant", conclut la doctorante.