Mariages et confinement : l'économie du blanc broie du noir mais mise tout sur 2022

Avec une année 2020, pleine de contrordres et de reports de dates, les jeunes couples sont nombreux à avoir choisi de décaler leur mariage en 2022. Après deux jours de rush pour prendre le plus de mesures possibles pour réaliser les robes, les boutiques de Nancy vont devoir fermer à nouveau.

Ce sont les derniers jours où les boutiques peuvent encore organiser des essayages.
Ce sont les derniers jours où les boutiques peuvent encore organiser des essayages. © Olivier Bouillon/Francetv

En ce vendredi 2 avril 2021 et encore demain samedi, elles vont mettre les bouchées doubles pour accueillir les dernières clientes. Dans ces deux boutiques nancéiennes de robes de mariées, beaucoup de prises de mesures de dernières minutes pour pouvoir tout de même travailler pendant le confinement. Ensuite, c’est fermeture. Un troisième coup dur pour ces créatrices et vendeuses qui allaient attaquer la dernière ligne droite pour les commandes de l’été.

"On a appelé tous nos clients. On essaie de caler le plus de rendez-vous possible de mesures ou d’essayages dans ces deux jours", explique Laetitia Schnell chez "CréAnne". Comme ils sont créateurs de robes et pas seulement vendeurs, ils attirent des jeunes femmes qui viennent même de plus loin que Nancy. Malgré tout, Laetitia tempère: "il faut quand même avoir les reins solides pour que cette période passe."

 

D’autant que 2020 a déjà été une année presque blanche pour l’économie du mariage ou en tout cas, aussi ajourée que la dentelle. Près d’un tiers de chiffre d’affaires en moins au niveau national selon les vendeuses. Mais en 2020 beaucoup de femmes avaient déjà commandé leurs robes. En 2021, c’est pire. Elles reportent carrément, lassées de devoir décaler sans cesse.

"Elles ont du mal à venir parce qu’il faut se projeter. Il y a beaucoup de mariages décalés en septembre-octobre et on a surtout des femmes qui viennent pour 2022", explique Laetitia.

Chez Créanne, on mise tout sur 2022.
Chez Créanne, on mise tout sur 2022. © Olivier Bouillon/Francetv

 

Pouvoir célébrer tous ensemble

C’est le cas de Marine qui vient essayer sa robe chez "Quelque chose de bleu". Elle devait se marier en 2021. Après concertation avec la famille, la noce n’aura finalement pas lieu avant 2022. "On veut être sûrs de pouvoir célébrer notre mariage tous ensemble. On prend notre mal en patience. Plus c’est long, plus c’est bon apparemment", ironise cette jeune mariée philosophe.

A partir de samedi soir, les robes de mariées ne sont plus essentielles.
A partir de samedi soir, les robes de mariées ne sont plus essentielles. © Olivier Bouillon/Francetv

Car en cas de report, c’est un casse-tête logistique pour les familles qui dépasse la simple robe de mariée. Traiteur, photographe, invitations... Tout est à revoir. "Au moins, on a le temps de tout préparer et on sera moins limités", explique sa maman. Malgré la crise, il y a des choses qui ne changent tout de même pas. En voyant sa fille dans sa robe, Corine avoue prendre "un petit coup de vieux".

L'accessoire de 2020: le masque assorti à la robe.
L'accessoire de 2020: le masque assorti à la robe. © Olivier Bouillon/Francetv

 

Positives malgré tout

Stéphanie Ohrenstein, la patronne de "Quelque chose de bleu" a ouvert sa boutique il y a un an. Elle explique : "On a eu la bonne idée d’ouvrir une semaine avant le confinement. A la fin du premier, notre challenge, c’était de pouvoir répondre aux attentes. Les personnes n’ayant pas pu faire leurs essayages pour l’été 2020, on était coincés pour les commandes. On a essayé de rebondir et de préparer la saison 2021. Rebelote. Mois de novembre confiné. C’était le début de la saison donc tout le monde a patienté. Et là, de nouveau, on a essayé de redémarrer et ça recommence. Il faut être patient et prendre les choses du bon côté."

Quand on croit au mariage et à l’amour éternel, on ne peut, de toute façon, qu'être positif. "2022 sera une super année", affirme Laetitia Schnell.

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