Municipales 2020 : un enterrement de première classe pour le clivage gauche-droite

Neuves-Maisons, une ville de 7000 habitants au sud de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Considéré comme un bastion de la gauche, la ville s'apprête à tourner une page de son histoire politique. / © (S. Peev) France 3 Lorraine
Neuves-Maisons, une ville de 7000 habitants au sud de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Considéré comme un bastion de la gauche, la ville s'apprête à tourner une page de son histoire politique. / © (S. Peev) France 3 Lorraine

Des oppositions gauche-droite. Un classique en politique mais qui semble aujourd’hui d’une autre époque. Pour ces municipales, de nombreux candidats préfèrent parler d’ouverture ou de listes non-partisanes. Illustration près de Nancy, dans un bastion de la gauche, à Neuves-Maisons.

Par Jean-Christophe Panek


Neuves Maisons, un bastion de la gauche aux portes de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un bastion avec sa figure emblématique. Mais après trois mandats, Jean-Paul Vinchelin a annoncé son retrait de la vie politique. Il ne sera pas candidat à sa succession aux municipales. A 73 ans, l’ancien ouvrier et syndicaliste tire sa révérence.

On n’est plus sur des axes partisans, parfois même sectaires de droite et de gauche
- Pascal Schneider (Engagés ensemble)


Son successeur désigné, c’est son premier adjoint : Pascal Schneider, par ailleurs conseiller départemental de Meurthe-et-Moselle et qui siège au sein de la majorité socialiste. Mais pour ces municipales, l’étiquette a été soigneusement rangée au placard. Place à une candidature en rupture. Fini l’union de la gauche, Pascal Schneider a décidé d’y aller… avec une liste d’ouverture baptisée "Engagés ensemble". Pas de trahision dans l'air, l’actuel 1er adjoint et délégué aux finances de la Mairie a la bénédiction du maire actuel  "Le monde politique a évolué" analyse Pascal Schneider "On n’est plus sur des axes partisans, parfois même sectaires de droite et de gauche. Tout particulièrement dans une collectivité locale comme Neuves-Maisons où on est plutôt sur l’intérêt public, servi par des hommes qui ont une expérience, à gauche comme à droite. Le prochain conseil municipal, si on l’emporte, sera donc un conseil municipal d’ouverture, avec une équipe étoffée qui voit les choses autrement. Historiquement, il y a déjà eu des associations de cette nature mais la grosse différence, c’est qu’elles n’étaient pas avouées politiquement".

Ni gauche, ni droite et finalement une synthèse… A Neuves-Maisons, la recomposition politique semble également en marche. Bye-bye les étiquettes… au nom d’un sacro-saint intérêt local. Pascal Schneider a même réussi à convaincre, sans problème, d’anciens élus de l’opposition qui figurent aujourd’hui sur sa liste, comme Gilles Jeanson. "A partir du moment où on se retrouve sur des sujets, qu’on arrive à se mettre autour de la table pour dire comment on fait ? Quel est l’avis de chacun ? Et qu’on trouve des positions communes, je dis qu’on est assez ouvert d’esprit, chacun de notre côté pour travailler ensemble. Et ça, on le met en application pour ces élections de 2020".
 

Neuves-Maisons passe d’abord, bien avant la politique
- Guy Bernard (Neuves-Maisons demain)


Mais à Neuves Maisons, tout le monde n’est pas convaincu par cette démarche. Des divergences subsistent notamment pour Guy Bernard (Liste "Neuves-Maisons demain"). L’opposant historique a beau être estampillé divers droite, il s’engage, cette fois, lui aussi avec une liste d’ouverture et la bonne, c’est bien évidemment la sienne, pas celle d’en face. "C’est une liste politique camouflée tandis que nous, nous avons des gens de toute sorte, des gens de gauche et de droite, sans oublier des Verts… mais qui n’ont pas de cartes. Une ville comme Neuves-Maisons, ça ne se dirige pas comme un syndicat mais comme une entreprise. Neuves-Maisons passe d’abord, bien avant la politique ! M. Schneider parle d’ouverture, il n’est que la continuité de la politique du maire actuel".

Côté programme, la mise en place de caméras de vidéosurveillance mais surtout un leitmotiv : la rigueur budgétaire. Le coupable tout désigné, c’est Jean-Paul Vinchelin et bien évidemment son premier adjoint, Pascal Schneider. "Monsieur Vinchelin, c’est le passé" explique Jean-François Vallata de la liste "Neuves-Maisons demain", "ce n’est pas la gauche ça ! C’est un clientélisme. La gauche a quelque chose de moral".

Il y aurait pu avoir un débat encore plus tranché avec une troisième liste. Celle du Rassemblement National qui aux dernières Européennes a flirté avec les 30%. Faute de colistiers suffisants, elle n’a pu se constituer.
 

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