Pollution de l'air : "on respire mieux " déclare le directeur d'ATMO Grand Est

La pollution de l'air est responsable de 40.000 décès chaque année en France. Si certains polluants sont en baisse et que l'on respire mieux, d'autres comme l'ozone augmentent. Explications en trois questions.

La pollution de l'air est responsable de 40.000 décès par an en France dont 5.000 dans la région Grand Est. Cependant, on respire mieux en Lorraine. C'est le constat que fait l'association ATMO Grand Est, chargée de la surveillance de la qualité de l'air dans la région. Son directeur, Etienne Koszul est l'invité d'Aurélie Renard au journal de France3 Lorraine mardi 9 avril 2024, il explique pourquoi.

Comment s'explique cette amélioration de la qualité de l'air ?

On a effectivement une baisse significative en 2023 après trois années de stagnation depuis le covid. Nous enregistrons une baisse de dix pour cent des grands polluants comme le dioxyde d'azote et les particules fines. On l'explique par des conditions météo plutôt favorables, mais aussi par des changements de comportements individuels : les mobilités douces, les transports vertueux développés par les collectivités, les vélos électriques par exemple et le télétravail où les gens se déplacent moins.

Dans le parc automobile, nous avons beaucoup moins de véhicules diesel. La voiture électrique se développe et les moteurs thermiques sont plus performants, de même que les appareils de chauffage.  C'est donc un faisceau d'actions qui explique cette amélioration. Ça fait beaucoup de petits ruisseaux qui ne font pas encore un grand fleuve, mais ça commence à faire une rivière.

Est-ce que le dérèglement climatique impacte la pollution atmosphérique ?

Oui, il a un impact sur des polluants, certains ne baissent pas. C'est le cas de l'ozone, ce gaz a même plutôt tendance à augmenter. Pour se former, il a besoin de conditions anticycloniques que l'on rencontre pendant l'été avec de la chaleur et du soleil. Avec le réchauffement climatique, ces conditions sont plus présentes tout au long de l'année. Donc, si les polluants primaires baissent, l'ozone, lui, ne va pas baisser parce que les conditions de sa formation sont plus favorables.

2023 présente de bons résultats, est-ce que c'est engageant pour la suite ou au contraire, rien n'est gagné ?

Il faut se réjouir et se dire qu'il y a des facteurs structurels qui permettent une amélioration de la qualité de l'air. Ces facteurs structurels vont rester et on peut même espérer qu'ils entraînent une dynamique vertueuse et que cette amélioration va être durable. Néanmoins, il est vrai qu'à l'avenir, les ambitions en termes de qualité de l'air vont augmenter d'un cran puisque l'Union européenne va sortir une directive environnementale avec des seuils réglementaires bien plus bas que ceux qui existent actuellement. Il faut donc se préparer à respecter des seuils plus bas. Ils seront divisés par deux par rapport à ceux admis aujourd'hui.