TEMOIGNAGE. Tremblement de terre en Turquie : un Nancéien a passé une semaine parmi les survivants

Jacques Rossignol a francisé son nom lorsqu’il a été naturalisé. Originaire de Nurhak, à 80 kilomètres au nord-est de l’épicentre du séisme, ce chef d’entreprise nancéien est retourné dans son village de 13.000 habitants pour apporter de l’aide et recenser les besoins. Il témoigne d’une situation dramatique pour les habitants qui attendent encore l’arrivée des secours gouvernementaux.

Il vient à peine de rentrer la veille mais il est déjà là. Parmi la vingtaine de bénévoles, il s’active lui aussi au sous-sol de la mairie de Nancy pour trier les dons des Lorrains qui partiront en camion mardi 14 février 2023 pour la Turquie, direction la ville d’Eskisehir, qui sert de base logistique pour l’aide internationale.

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Jacques Rossignol, président de la maison culturelle d'Anatolie de Nancy, a passé une semaine à Nurhak son village natal, dévasté par le tremblement de terre. ©Emmanuel Bouard/Frédéric Madiai/France 3 Lorraine

Jacques Rossignol a passé une semaine à Nurhak, son village natal dans les montagnes de l’Anatolie du Sud, loin de tout. Et notamment des secours d’Ankara.

A 1.300 mètres d’altitude, la bourgade a terriblement souffert du tremblement de terre. Sur les photos qu’il nous montre, le réfugié politique témoigne d’une situation dramatique. Une femme enceinte est emmenée à dos de mulet jusqu’au prochain hôpital sur une route entièrement recouverte de neige.

Des habitants livrés à eux-mêmes

Les survivants se réfugient sous une simple bâche tendue, et se chauffent d’un simple feu de bois. Les hommes fouillent les décombres à la main. "J’ai trouvé des habitants livrés à eux-mêmes, qui faisaient de leur mieux pour sortir les gens et les corps des décombres" raconte Jacques. "L’aide ne vient pas, ou très peu, alors que la Turquie est un grand pays, fort, avec une armée puissante qui a des moyens très importants. Pourquoi ils ne ravitaillent pas au moins par hélicoptère?".

Membre de la communauté alévie, mais non pratiquant précise-t-il, le Nancéien est arrivé en France en 1996. Il est aujourd’hui président de la maison culturelle d’Anatolie de Nancy : "d’ordinaire, on fait de l’aide au devoir, on a une programmation culturelle… Là, on est avec les autres associations pour récolter les dons, les trier, et les acheminer au plus vite".

S’il ne mâche pas ses critiques envers les autorités turques, c’est parce que 80% des habitants de Nurhak sont alevis, et qu’ils font régulièrement l’objet de persécutions de la part de l’Etat : "toutes les communautés s’entendent très bien à Nurhak, entre nous, avec les Kurdes dans les montagnes, avec les sunnites. Mais le gouvernement ne voit pas les choses comme nous".

Jacques a emmené avec lui dans son périple Sultan, sa fille de 16 ans. Pour l’heure, elle aide au tri des dons dans le sous-sol de la mairie de Nancy. La lycéenne, en première au Lycée Jeanne d’Arc, veut devenir ethnologue.

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