Douaumont-Vaux : une commune nouvelle placée sous le signe de la paix

Douaumont et Vaux-devant-Damloup font partie des villages entièrement détruits pendant la bataille de Verdun en 1916. / © Alexandre Marchi/ MaxPPP
Douaumont et Vaux-devant-Damloup font partie des villages entièrement détruits pendant la bataille de Verdun en 1916. / © Alexandre Marchi/ MaxPPP

Douaumont et Vaux-devant-Damloup, deux villages détruits pendant la Première Guerre mondiale, ont fusionné pour créer une seule commune, Douaumont-Vaux, le 1er janvier 2019. Pour la première fois, les habitants vont voter ensemble pour un seul maire.

Par Michaël Martin

Douaumont-Vaux, c'est le nom de cette commune nouvelle, chargée d'histoire.
Avant le 1er janvier 2019, ils étaient deux villages, Douaumont et Vaux-devant-Damloup, respectivement 7 et 75 habitants. "C'est un beau mariage", affirme Armand Falque, maire (SE) de la nouvelle commune. Une union pour transmettre la mémoire de ce territoire meurtri pendant la Première Guerre mondiale.
 
Les deux noms sont entrés dans l'Histoire malgré eux. Douaumont et Vaux-devant-Damloup comptent parmi les neuf villages détruits en 1916 pendant la bataille devant Verdun, en pleine Première Guerre mondiale. Seul Vaux a été reconstruit, à quelques centaines de mètres des ruines.

Le nom de Vaux  reste connu comme symbole de la résistance du soldat français.
Douaumont a été choisi pour accueillir l'ossuaire éponyme, où reposent 130.000 soldats non identifiés, victimes du premier conflit mondial, et ce nom résonne aussi à l'international. "Douaumont est très connu en Allemagne, raconte le maire (SE) de Douaumont, Olivier Gérard. Des casernes y portent même ce nom."

Une union pour faire passer la mémoire

La commune nouvelle veut multiplier les actions symboliques et pédagogiques pour continuer le travail de mémoire. Douaumont-Vaux est aujourd'hui jumelée avec Rheinbach, une commune allemande de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de 28.000 habitants. Le 11 novembre 1919, pour la première fois, une délégation officielle a déposé une gerbe devant le monument aux morts de Verdun.

Verdun symbolise à la fois l'enfer et la paix.
- Samuel Hazard, maire (PS) de Verdun

Olivier Gérard et Armand Falque, les deux élus de Douaumont-Vaux, travaillent sur la création d'un sentier de découverte en réalité augmentée. Sur un circuit d'un kilomètre et demi qui traverse le village détruit de Vaux-devant-Damloup, les visiteurs pourront découvrir, smartphone ou tablette en main, comment était le village avant le début du conflit en 1914. Un investissement de plus d'un million et demi d'euros, impossible sans le soutien d'autres collectivités. 
La Communauté d'agglomération du Grand Verdun, dont fait partie cette nouvelle commune, les accompagne dans ce travail de mémoire, qui doit subsister avec les acteurs du tourisme au-delà du centenaire de la Grande Guerre. "Demain, les jeunes vont écrire l'Histoire, une histoire de paix dans le cadre d'une construction européenne. Quelle autre ville que Verdun symbolise l'enfer hier et la paix aujourd'hui ? Il n'y en a pas d'autre !" affirme le maire (PS) de Verdun, Samuel Hazard. 

Un seul maire

Les communes ont fusionné administrativement. Conséquence : il n'y a plus qu'un seul maire. Le maire de Vaux-devant-Damloup, Armand Falque, est devenu maire de la nouvelle commune, tandis que le maire de Douaumont, Olivier Gérard, en est le premier adjoint. Le 15 mars 2020, pour la première fois, les habitants des deux anciennes communes voteront en un seul bureau de vote pour élire un unique maire.
 

En 1916, la bataille devant Verdun

La bataille de Verdun, pendant la Première Guerre mondiale, a duré 10 mois, du 21 février au 18 décembre 1916. Elle s'est soldée par une victoire défensive française, face à l'offensive allemande. La bataille n'a pas eu de conséquences fondamentales sur l'issue du conflit mondial, mais elle a marqué par sa violence et son bilan humain. 337.000 victimes (morts, disparus ou blessés) côté allemand, et 378.000 côté français :

  • 62.000 morts
  • 101.000 disparus
  • 215.000 blessés

Au total, 53 millions d'obus ont été tirés des deux côtés, soit une moyenne de 6 obus par mètre carré du champ de bataille. Deux millions d'entre eux n'auraient pas explosé.

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