Poignée de main Kohl-Mitterrand à Douaumont : 30 ans déjà

Le 22 septembre 1984 alors qu'ils se recueillent côte à côte devant l'ossuaire de Douaumont (Meuse) pendant une commémoration marquant les 70 ans de la Première Guerre mondiale, le président Français et le Chancelier Allemand font un geste jugé jusqu'alors inimaginable : ils se tiennent la main.

22 septembre 1984 : le chancelier allemand Helmut Kohl et le président Français François Mitterrand se tiennent la main pendant la Marseillaise pour réaffirmer la réconciliation Franco-Allemande, devant l'Ossuaire de Douaumont, sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, près de Verdun (Meuse).
22 septembre 1984 : le chancelier allemand Helmut Kohl et le président Français François Mitterrand se tiennent la main pendant la Marseillaise pour réaffirmer la réconciliation Franco-Allemande, devant l'Ossuaire de Douaumont, sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, près de Verdun (Meuse). © AFP PHOTO / MARCEL MOCHET
C'était un geste imprévu et même encore à l'époque, quasi-inimaginable : devant près de 4.000 personnes (dont l'auteur de cet article), le 22 septembre 1984, le président de la République Française, François Mitterrand, prenait la main du chancelier allemand Helmut Kohl, devant l'Ossuaire de Douaumont (Meuse) sur l'un des plus sanglants champs de bataille de la Première guerre Mondiale à quelques kilomètres au nord de Verdun.

Ce geste, devenu depuis le symbole de la Réconciliation Franco-Allemande n'était pas prémédité ont assuré par la suite les deux hommes et leurs entourages. Il n'était en tout cas pas prévu par le protocole encadrant cette commémoration marquant les 70 ans de la Première Guerre mondiale.

"Nous n’en avions pas parlé le moins du monde. Mais nous trouvant debout devant le cercueil symbolique qui représentait nos soldats morts sur le champ d’honneur, instinctivement, je me souviens, je me suis tourné vers lui, je lui ai tendu la main. Sa main est venue en même temps. Nous avons scellé la réconciliation franco-allemande de cette façon visible, sensible et croyez moi profondément ressentie." François Mitterrand, 1992.


Les faits (à retrouver ici) :

Les deux chefs d’Etat arrivèrent finalement à 17h50 à Douaumont. Ils remontèrent l’allée centrale de la nécropole nationale où reposent 16142 soldats français. Le bourdon de l’Ossuaire retentit lugubrement. Dans l’Ossuaire, les deux chefs d’Etat se recueillirent, allumèrent deux cierges et signèrent le livre d’or. A la sortie, sur le parvis, ils déposèrent, devant un catafalque recouvert des deux drapeaux nationaux, deux gerbes. Les hymnes nationaux retentirent. Puis ils se tinrent longuement par la main. Les chefs d’Etat passèrent ensuite en revue un détachement mixte de soldats français (béret noir) et allemands (bérets verts) sans armes. Ils terminèrent par la plantation d’un érable sycomore du côté de l’ouvrage de Thiaumont.


Ce geste simple devenu LE symbole fort de l’amitié Franco-Allemande est actuellement célébré au Centre Mondial de la Paix de Verdun avec une exposition regroupant une centaine de dessins de presse, de photos et de vidéos.

A découvrir ici : http://cmpaix.eu/fr/le-geste-de-verdun-mitterrand-kohl

30 ans après, l'ancien maire de Metz, alors président du Conseil Régional de Lorraine (et futur ministre de François Mitterand) Jean-Marie Rausch, présent sur place ce jour-là, se souvient pour France Bleu Lorraine Nord :

"C'est un geste historique, c'était un moment très émouvant." Jean-Marie Rausch.

 

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