Meuse: à Fleury la forêt est menacée par les scolytes, des petits insectes ravageurs

Dans la Meuse, Fleury-devant-Douaumont est un village détruit en 1916. Aujourd'hui il est le plus touché par l'épidémie de scolytes, des petits insectes qui envahissent les forets du département. En cause le changement climatique qui fragilise les forêts.

Les scolytes sont des insectes responsables de la mort de milliers d’arbres en Europe. Ils font des dégâts considérable dans la Meuse.
Les scolytes sont des insectes responsables de la mort de milliers d’arbres en Europe. Ils font des dégâts considérable dans la Meuse. © Lodois Gravel, France 3 Lorraine
Dans les forêts du nord-est de la France, les attaques de scolytes provoquent d'importants ravages. Et vendredi 14 février 2020, l’info principale est que : personne ne sait comment abattre les arbres situés au cœur du village de Fleury. Il y a un problème d’accès. Aucun engin ne peut accéder dans la commune car le sol doit être préservé. "C’est un lieu de mémoire qu’il faut préserver à tout prix. Il reste peut être 10.000 corps ensevelis dans ce secteur, il  n’est pas question de remuer le sol", indique Jean-Pierre Laparra, maire du village détruit. 

 
Plus que les autres départements, la Meuse souffre du scolyte.
Plus que les autres départements, la Meuse souffre du scolyte. © Lodois Gravel, France 3 Lorraine

Il existe des moyens doux pour sortir les bois, mais ils ont un coût que l’ONF ne peut pas prendre seul en charge. L’hélitreuillage aurait pu être une solution, mais il y a quelques mois. Les arbres sont dans un tel état que l’hélitreuillage casserait les tête sans permettre d’emporter les troncs.
"Nous avons aussi deux chevaux et un bucherons qui pourraient permettre de débarder ce secteur, mais la quantité de bois est telle que cela risque de prendre des mois avant de tout enlever. Il faudrait toute une écurie pour y arriver", explique Anne Yungblut responsable production bois de l’ONF.
 

Un danger insidieux

Les travaux visent à sécuriser le village qui est fermé depuis des mois. "Les arbres font de 25 à 30 mètres. Si une branche tombe sur quelqu’un, elle le tue » explique Jean Pierre Laparra qui a dû fermer les accès de Fleury. Durant le centenaire 650 000 visiteurs ont traversé la commune qui est le cœur du champ de bataille. En dehors de cette période de célébration c’est environ 350.000 Personnes qui viennent chaque année se recueillir ou se cultiver dans les ruines de ce village qui comptait plus de 400 habitants en 1913.

Les arbres risque de mourir assez rapidement 

La commune dispose d’un budget annuel de 20.000 € qui sert à entretenir le site. "13.000 euros passent dans l’entretien paysager, nous n’avons pas de ressources supplémentaires pour l’abattage des épicéas touchés par les scolytes".
Le cout de l’abattage est estimé à de 15 à 20.000 € car les techniques employées devront être "douces".

Des arbres offerts par les allemands 

Les épicéas de Fleury-devant-Douaumont ont été plantés entre 1920 et 1930.
Ils ont été payés par les allemands comme dommages de guerre pour "panser les plaies" du champ de bataille. Il ne s’agit pas de pousses naturelles mais bien de plantations.
Aujourd’hui, ces arbres ont entre 90 et 100 ans. Ils mesurent de 25 à 35 mètres par endroits. La sécheresse a déstabilisé les défenses naturelles de ces épicéas et les scolytes en ont profité pour s’installer.
Ces arbres sont desséchés et cassants comme du verre. Le moindre coup de vent peut les faire tomber.
 
Le maire a ouvert une cagnotte en ligne et espère trouver une solution pour rouvrir le village avant la saison la plus fréquentée.
 





 
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