Verdun : Isabelle et Stéphane pratiquent le débardage à cheval dans les forêts des Champs de bataille de 14-18

Isabelle et son cheval Caramel, un hongre comptois de sept ans. Ils travaillent ensemble pour sortir les grumes d’épicéa des parcelles des champs de bataille de la Première Guerre mondiale à Verdun. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine
Isabelle et son cheval Caramel, un hongre comptois de sept ans. Ils travaillent ensemble pour sortir les grumes d’épicéa des parcelles des champs de bataille de la Première Guerre mondiale à Verdun. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine

Dans les forêts de Verdun, Caramel et Biche, chevaux de trait comtois dirigés par Isabelle, sortent les bois en grande longueur. Ils tirent 300m3 du sous-bois, ce qui ne fait pas loin de 300 tonnes. Et avec l'épidémie de scolytes dans les forêts de la Meuse, il y a de plus en plus de travail. 

Par Yves Quemener

A Verdun (Meuse), Isabelle oeuvre avec Stéphane son compagnon qui est bûcheron et maréchal-ferrant. Avec leurs chevaux ils travaillent par période maximale de deux heures.
Là où des machines auraient remué la terre en profondeur et abîmé les stigmates de la guerre et des scolytes, le cheval, lui, ne fait qu’effleurer le sol.
Nous avons rencontré Isabelle à Verdun ce vendredi 6 mars 2020. 
Caramel le mâle âgé de sept ans, et Biche la femelle âgée de huit ans, s'activent avec une alternance toutes les heures. 
" Les chevaux permettent de protéger la forêt et les vestiges de la bataille de Verdun", dit Isabelle Eva propriétaire de l'entreprise Trait Argonne. 
L'épidémie concerne toutes les plantations d'épicéa. Le débusquage consiste à déplacer, à l'aide d'un cheval, les bois abattus. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine
L'épidémie concerne toutes les plantations d'épicéa. Le débusquage consiste à déplacer, à l'aide d'un cheval, les bois abattus. / © Lodois Gravel, France 3 Lorraine

Le débardage sera réalisé ensuite pour mettre le bois abattu "à port de camion", le plus souvent en bordure d'un chemin forestier carrossable ou mieux, sur une place à dépôts aménagée.

Ils tirent entre 15 et 20 m² de bois par jour.
- Isabelle Eva 

Le trait comtois est capable de transporter 20 m³ de bois en dehors des parcelles chaque jour. On parle alors de debusquage. Il s'agit de déplacer, parfois à l'aide d'un cheval, les bois abattus jusqu'au bord d'une coupe inaccessible aux tracteurs et autres engins de débardage.
 

Scolyte ravageur

Avec la crise des scolytes, de très nombreux épicéas sont morts dans la forêt de Verdun. Il y aurait 700.000 m³ de bois à couper. 
L’Office national des forêts a recours à des entreprises spécialisées pour éviter de trop abîmer le sol. 
Favorisé par le réchauffement climatique, le scolyte ravageur est en passe de détruire, dans le Grand-Est, la quasi-totalité des plantations d'épicéas en plaine. Avec la crise des scolytes un grand nombre d'épicéa sont morts dans la forêt de Verdun.
L'épidémie du scolyte risque de se transformer en crise commerciale. Cette situation risque de mettre en difficulté l'ensemble de la filière bois.
 

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