Chémery-les-Deux : reconstitution historique pour le 80e anniversaire de la bataille de France

Malgré le contexte de crise sanitaire, le 80ème anniversaire de la bataille de France de 1940 sera commémoré ce week-end des 4 et 5 juillet, dans le nord-Moselle, aux casemates du Huberbusch. Une reconstitution historique aura lieu sur cet ancien fort de la ligne Maginot.

Reconstitution d'une scène de vie dans les tranchée autour de la casemate
Reconstitution d'une scène de vie dans les tranchée autour de la casemate © Association de Sauvegarde des casemates du Huberbusch
Quatre-vingts ans après la défaite humiliante de la France en juin 1940 au début de la Seconde Guerre Mondiale, toutes les commémorations dans le Grand Est ont été annulées en raison de la crise sanitaire. Une reconstitution aura lieu malgré tout en Moselle les 4 et 5 juillet 2020 aux Casemates du Huberbusch, ancien site de la ligne Maginot. C'est en effet à la date tardive du 4 juillet 1940 que se sont rendus, presque deux semaines après l'armistice, la plupart des ouvrages de la ligne fortifiée de la région.

Plus de 120 personnes habillées en tenues militaires d'époque, Français, Britanniques (et Ecossais) et Allemands seront présents. Une cérémonie aura lieu le samedi matin à 10h avec des élus et plusieurs associations. La journée du dimanche, en plein air, accueillera le public de 9h à 17h dans la forêt environnante avec la reconstitution de scènes de vie des militaires de l'époque mais aussi de scènes de combat.

Une défaite humiliante

"On parle beaucoup plus du débarquement du 6 juin 1944, de la fin de la guerre parce que, bien sûr, c'est plus glorieux", regrette Charles Ledig, président de l'Association de Sauvegarde des Casemates du Huberbusch. Le passionné d'histoire souligne l'importance de s'intéresser à cette défaite dont on parle moins et qui fait souvent l'objet de beaucoup d'idées reçues. "On dit souvent que la ligne Maginot a été contournée, qu'on s'est fait avoir bêtement, comme en 1914 et 1870 ". En réalité, la ligne Maginot a été construite dans le but de forcer l'ennemi à passer par la Belgique, pour éviter de mener les combats sur le sol français. 
La casemate nord du Huberbusch le 4 juillet 1940, jour de la reddition.
La casemate nord du Huberbusch le 4 juillet 1940, jour de la reddition. © Association de sauvegarde des casemates du Huberbusch

Le 10 mai 1940, les armées allemandes d'Hitler envahissent le nord de la Belgique conformément aux plans de l'état-major français. Le plan Deal est lancé: l'envoi des meilleures troupes mobiles de cavalerie française à l'encontre de l'armée allemande. Mais l'armée ennemie se déporte au sud et passe par les Ardennes réputées infranchissables pendant que les troupes françaises sont enfoncées au nord de la Belgique. "Rappelons qu'il n'était pas question, jusqu'en 1936, de construire des fortifications dans les Ardennes, face à un pays allié", souligne Charles Ledig. La Belgique, alliée de la France, se déclare neutre en 1936. La France construit alors quelques ouvrages très légers jusqu'au début de la guerre.

"En deux mois à peine de combat, il y a 100.000 morts côté français, c'est énorme". Et le nombre de morts quotidiens toutes armées confondues atteint jusqu'à 14.000 par jour, pire que certaines des batailles les plus meurtrières de la Grande Guerre.

Des militaires britanniques comptaient parmi les troupes alliés en Moselle en 1939 et 1940, avec notamment des écossais.
Des militaires britanniques comptaient parmi les troupes alliés en Moselle en 1939 et 1940, avec notamment des écossais. © Association de Sauvegarde des Casemates du Huberbusch

Les Français, malgré l'entrée des Allemands en France par les Ardennes, défendent les ouvrages de la ligne Maginot qui se retrouvent attaqués par l'arrière. Les derniers forts se rendent le 4 juillet 1940, sur ordre du gouvernement, deux semaines après l'armistice signé le 22 juin qui entrera en vigueur le 25.

Une reddition difficile

Aux casemates de Huberbusch, des combats se déroulent courant juin. Deux soldats y laisseront la vie. "A l'heure de se rendre, les soldats ne comprennent pas, se sentant trahis par le haut commandement: les allemands ont été tenus en respect sur un secteur très puissant, avec une artillerie impressionnante", rapporte le président de l'association.Les soldats, faits prisonniers, partent en Allemagne pour cinq ans, exceptés les Mosellans et Alsaciens qui sont réaffectés au front de l'est au sein de l'armée allemande. S'il ne reste plus de témoins directs pour raconter ces événements, l'association, qui compte une quarantaine de personnes dont quelques historiens, cherche toujours des témoignages d'enfants ou de petits-enfants qui aurait pu conserver des documents écrits, comme des lettres d'époque.
 
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