Dix ans après la fermeture : de l'amertume et toujours des questions sur la reconversion des hauts-fourneaux de Florange

Il y a dix ans, les salariés d'ArcelorMittal étaient abattus par la fermeture des hauts-fourneaux de l'aciérie de Florange (Moselle). Dans la vallée de la Fensch, près d'un tiers des effectifs a disparu. "Aujourd'hui tout ça appartient au passé".

C'était en 2012. Édouard Martin, à l'époque délégué CFDT chez ArcelorMittal, était la principale figure du combat contre la fermeture des hauts-fourneaux de Florange. "Quand les hauts-fourneaux se sont arrêtés, ce qui nous a surpris c'était le silence. On était comme assourdis par le silence. Soudain, on entendait les oiseaux chanter".

En avril 2013, deux hauts-fourneaux du site ArcelorMittalen Moselle ont été fermé. "Moi, chaque fois que je passe devant les hauts-fourneaux, je ne peux pas m’empêcher de me dire : ‘"Mais quel gâchis. Quel gâchis".

Chaque fois que je passe devant les hauts-fourneaux, je ne peux pas m’empêcher de me dire : "mais quel gâchis. Quel gâchis".

Edouard Martin, ancien délégué CFDT chez ArcelorMittal.

Michel Liebgott est le président (PS) de la communauté d'agglomération du Val de Fensch". Le traumatisme de Florange, plus personne n'en parle. Je dis traumatisme car c'est une sale affaire dès le départ. Les hauts-fourneaux étaient déjà en fin de vie, pas en très bon état". Et il ajoute : "Aujourd'hui tout ça appartient au passé". 

Le 24 avril 2013, l'alimentation en gaz était coupée dans le P6 et son voisin le P3, les deux derniers hauts-fourneaux lorrains encore en activité. Depuis près de deux ans ces installations ne produisaient plus de fonte. "La stratégie, tout le monde savait qu'elle ne tenait pas la route. Les politiques n'ont pas pris le dossier en main et la direction est restée sur ses positions. Dès l'annonce, j'avais toujours dit on se battrait jusqu'au bout pour sauver l'emploi", raconte Jean Marc Vecrin, délégué syndical central CFDT, joint par téléphone par France 3 Lorraine. A l'époque, il est en première ligne dans les négociations.

La cessation d'activité deviendra officiellement définitive à la fin de l’année 2018.  "Chez les employés d'ArcelorMittal, il n'y a pas eu un seul licenciement. Tout le monde a été reclassé. Les gens vont plutôt bien, l'usine tourne. Mais on ne peut en dire autant des sous-traitants". 

Un parc expo à la place des hauts-fourneaux ?

Dix ans après l’arrêt des hauts-fourneaux d'ArcelorMittal en Moselle, la démolition du site, plus que centenaire, est à l'ordre du jour. La dépollution du site reste toujours en attente. "Il faut dépolluer avant de faire quoique ce soit. Mais les terrains sont tellement grands" estime Jean-Marc Vecrin. 

Le traumatisme de Florange, plus personne n'en parle.

Michel Liebgott, président (PS) de la communauté d'agglomération du Val de Fensch.

Oxytec est la société mandatée par ArcelorMital pour le démontage des hauts fourneaux et la dépollution de ce site classé Seveso. "Cette montagne de ferraille pourrait représenter quelque 60.000 tonnes de métal", selon le patron d'Oxytec, soit un butin de 24 millions d'euros à la revente. La moitié de la somme sera reversée à ArcelorMittal si le prix de l'acier reste supérieur à 350 euros la tonne.

Pour Fabien Engelmann, maire RN d'Hayange, ces montants suscitent beaucoup de craintes. "Une fois que ce trésor est vendu, qui payera la dépollution?", s'interroge-t-il. Il a adressé un recours gracieux au préfet de Moselle pour lui demander de bloquer la vente des terrains, afin que l'État se charge directement de la dépollution du site. 

L'arrêt des installations avait plombé les premiers mois de la présidence de François Hollande, qui, peu avant son élection en 2012, avait harangué les sidérurgistes depuis le toit d'une camionnette. "L'image que je garde de cette époque c'est François Hollande qui vient faire son cinéma,"on ne fermera pas, on ne fermera pas !" PS ou pas PS, au final ils nous ont trahi. Ils n'ont pas tenu leurs promesses" estime Jean-Marc Vecrin. 

En Moselle, ArcelorMittal a maintenu d'autres activités sur son site Florange où il emploie plus de 2.200 salariés occupés à produire de l'acier utilisé principalement dans l'industrie automobile.

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