Fusillade de Villerupt : le syndicat SGP-Police-FO demande la création d'un vrai commissariat

Suite à la fusillade survenue le 15 mai 2023 à Villerupt sur fond de trafic de drogue, le syndicat Unité-SGP-Police-FO demande la création d'un vrai commissariat dans la localité frontalière avec le Luxembourg. Entretien avec Régis Peiffer, délégué 54.

Suite à la fusillade survenue le 15 mai 2023 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) sur fond de trafic de drogue, le syndicat  Unité-SGP-Police-FO demande la création d'un vrai commissariat dans la localité frontalière avec le Luxembourg. Entretien avec Régis Peiffer, délégué 54.

Quels étaient les effectifs dans la circonscription Longwy-Villerupt le jour de la fusillade ?

Le jour des faits il y avait une patrouille de trois fonctionnaires sur Longwy et une patrouille de deux pour le secteur de Villerupt. La circonscription compte 16 communes pour un peu plus de 70 000 habitants. Vous aviez donc cinq policiers en patrouille. Il n' y a pas de brigade anticriminalité (BAC), pas de groupe de sécurité de proximité comme on peut avoir dans une ville comme Nancy.

Quelle est la particularité de cette circonscription ?

Nous avons déjà alerté sur la situation particulière de Villerupt qui touche la frontière luxembourgeoise et qui souffre d'un cruel manque d'effectifs. Il y a un commissariat principal à Longwy et un commissariat subsidaire à Villerupt et les deux villes sont distantes de 18 km. On a aussi beaucoup de gens qui trafiquent au Luxembourg et qui se servent de la France comme base arrière.

Comment se traduit se manque d'effectifs sur le terrain ?

Dans cette circonscription vous avez aussi la ZUP de Mont-Saint-Martin, bien connue pour être une plaque tournante du trafic de stups. Les collègues n'arrivent pas à rentrer dans les quartiers. Ils n'arrivent pas à démanteler les réseaux. Il existe bien une brigade des stupéfiants au sein de la brigade urbaine. Dans le pôle enquête Il y a deux fonctionnaires affectés à cette brigade. C'est juste pas possible. C'est une surcharge de travail énorme.

Quelles mesures d'urgence demandez vous ?

Il faut une réelle augmentation des effectifs. On nous a promis onze fonctionnaires mais attention, parce quil s'agit de onze postes "ouverts", c'est-à-dire qu'il faut que des gens demandent leur mutation à Longwy-Villerupt. Malheureusement, il y a un gros problème d'attractivité pour garder les jeunes sur place. A peine titularisés, ils demandent à bouger ailleurs dans la région.

Quels sont les manques qu'il faudrait plus précisément combler ?

Il manque à peu près une vingtaine de fonctionnaires : dix en sécurité publique et une dizaine d'officiers de police judiciare (OPJ). C'est vraiment ce que nous demandons sans être trop exigeants mais il en faudrait beaucoup plus pour pouvoir monter une BAC et un groupe de sécurité de proximité (GSP) qui vont vraiment dans les quartiers. Il existe un petit GSP, ils sont trois titulaires et un policier adjoint. Il fait un peu de patrouille mais s'occupe essentiellement des transferts du commissariat jusqu'à la cité judiciaire.

Donc pour votre syndicat la solution passe par la céation d'un vrai commissariat ?

Avec huit communes rattachées à Villerupt, je trouve que c'est déjà une zone de taille raisonnable pour une circonscription et donc il faudrait un vrai commissariat avec les effectifs rattachés. En affectant un Groupe de Sécurité de Proximité, vous assurez une présence dans les quartiers. Vous connaissez les délinquants et vous démontez les trafics. Pendant qu'ils sont occupés à reconstituer un nouveau point de deal, ils ne pensent pas à se tirer dessus.

L'actualité "Faits divers" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Faits divers" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité