Meurtre et Moselle : une collection de polars ultra-régionaux écrits avec les habitants de communes mosellanes

"Ancy-soit-il", "Vol mystère à Volmunster" sont les premiers titres de la série "Meurtre et Moselle", lancée pour 2021 par l'auteur Nicolas Turon. Des bouquins noirs et drôles, écrits après plusieurs jours de rencontres avec les habitants du lieu. Ou comment tuer un Mosellan de plusieurs façons.

"De ce que vous me dites, il n’y a qu’une personne de votre entourage qui tire à l’arbalète dans le coin ?" Une discussion digne d’un dialogue d’Audiard avec un spécialiste du tir à l’arc postée sur les réseaux sociaux par les deux auteurs de "Coup de boule à Meisenthal". Le petit dernier d’une série de huit polars ultra-régionaux auto-édités. Humour et rigueur scientifique sont leurs deux armes de poing pour mener les enquêtes.
"On veut faire des petits illustrés qui se passent sous le manteau de façon un peu honteuse. De la vraie littérature de trottoirs", ironisent-ils.

A l’origine, une blague sur Internet qui fait mouche. Le comédien, auteur et metteur en scène mosellan Nicolas Turon publie des couvertures de Série noire parodiques : Saint-Avold au-dessus d’un nid de coucou, On the Rhodes again, Pendu Homécourt ou sur le parking d’Elzange. France bleu Lorraine nord, avec qui il travaille régulièrement, lui propose d’écrire vraiment les histoires et d’en faire des podcasts de 25 minutes pour l'été.

A la rencontre des habitants

L’idée est de composer des textes courts en s'inspirant des acteurs d'un lieu.
"Hayange ta chambre" a déjà été co-écrit avec le bar La bascule et sera édité avec une bière brassée spécialement, "Neufchef d’inculpation" avec le conseil municipal des jeunes.
"C’est la base de tout mon travail d’aller à la rencontre des gens", explique Nicolas Turon. "Continuer à écrire aujourd’hui les souvenirs de demain, en servant d’éponge aux habitants".

Pour écrire "Coup de boule à Meisenthal", Nicolas Turon et son acolyte Clément Paré, véritables Starsky et Hutch du Pays de Bitche, les Gérard de Villiers de Moselle-est, logent avec les stagiaires du Centre international d’art verrier. "La première chose qu’on leur a dit c’est : ça ne vous dérange pas si on vous bute ?"

A chaque fois, les communautés de communes jouent le jeu de l’accueil et précommandent des exemplaires qu'ils vont offrir aux habitants. C’est le cas dans le Pays de Bitche où des meurtres vont avoir lieu dans quatre villages. "C'est important de soutenir un certain nombre d'œuvres qui permettent à nos populations de pouvoir s'échapper, respirer, s'évader", explique David Suck, le président de la communauté de communes.

Non essentiels mais indispensables

Nicolas Turon, cent idées à la minute, a une formidable faculté à fédérer tout le monde dans de jolis projets.
Pendant le premier confinement, il crée une télé maison avec Jeanne, sa belle-fille et Vadim, son fils. Chaque soir, ils proposent un conte sur les réseaux sociaux. D’autres familles, des auteurs et des illustrateurs les rejoignent. Ils finissent par éditer un livre "Le confin des contes" et offrir les 6.300€ de bénéfices au Secours Populaire.
Puis, avec la Compagnie des ô, il lance "L’inutile" et sillonne des zones peu peuplées, désertées de commerces ,dans une camionnette-salle de rédaction-imprimerie pour distribuer un journal gratuit. Une réponse des artistes "non-essentiels".

Affaire à suivre

L’auteure de ces lignes souhaite apporter sa modeste contribution de titres au cas où nos romanciers voudraient s’attaquer au département voisin mais néanmoins ami de la Meurthe-et-Moselle :

Ce n’est pas prévu pour l’instant. Mais si des communes des autres départements lorrains disent banco, les inspecteurs Gadget de Moselle sont prêts à repartir. Sans Peugeot 403 ni pipe, mais avec une belle plume et beaucoup d'empathie.

 

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